Le sondage Léger Marketing
J'ai mis la main sur le document de Léger Marketing concernant sa «Grande enquête sur la tolérance au Québec», disponible en format PDF sur le site de Léger Marketing et ici. Je vais donc partager encore plus mes impressions sur ce sondage. Notez que pour les besoins du billet, j'emploierai le qualificatif Québécois pour les Québécois de souches.
- Les Arabes seraient les moins bien perçus chez les Québécois (toutes cultures confondues). Je remarque d'abord que la question comptait 3 choix de réponses et que dans le tableau des résultats, seulement 2 apparaissent. Je ne suis pas surpris non plus que les Juifs apparaissent être seulement 33% à avoir une bonne opinion des Arabes, mais je suis un peu étonné de voir qu'ironiquement, ils seraient seulement 47% a avoir une mauvaise opinion, comparativement aux Européens (45%) et aux Autres (51%). Ce qui serait susceptible d'étonner les Juifs, c'est que les Arabes ne seraient pas ceux qui ont la moins bonne opinion des Juifs, mais plutôt les Asiatiques! [p.5]
- Les Juifs seraient ceux qui sont les moins nombreux à avoir une bonne opinion des francophones québécois de souche (70%) et les plus nombreux à en avoir une mauvaise opinion (19%). Les québécois francophones de souche penchent généralement pour la Palestine et le Liban dans le conflit qui les opposent à Israël, alors je me permets d'en déduire que ce serait la raison de ces résultats. Je ne comprends cependant pas pourquoi les Asiatiques auraient également une moins bonne opinion des québécois francophones de souches. Dans les résultats globaux, je constate que francophones et anglophones seraient appréciés semblablement, mais qu'au sein des communautés, les anglophones semblent être apprécié de façon uniforme. [p.6]
- En observant le graphique de la page 7, je remarque que les membres des communautés culturelles se considèreraient généralement moins racistes que les Québécois. La différence est marginale pour la plupart des réponses, à l'exception de «pas du tout raciste», où 9% séparaient les Québécois des communautés ethniques. Ce résultat laisse place à de multiples interprétations, à commencer par la définition du racisme. Je pense que les membres de comm. culturelles sont un peu plus isolationnistes, aux limites indifférentes aux Québécois, ce qui peut être perçu comme une forme de raciste que certains ne voient pas. Ce n'est qu'une impression, pas une certitude.
- Il semblerait qu'à l'extérieur de la maison, très peu de Québécois verraient d'un mauvais œil d'être en contact avec des membres de comm. culturelles. Ces membres peuvent être le médecin, le chauffeur de taxi, le voisin et le supérieur immédiat d'un Québécois, mais pas son époux ou épouses. Je pense qu'il serait erroné d'y voir là du racisme ou quoi que ce soit du genre. Au pire, cela pourrait montrer qu'à l'intérieur d'une même province, les gens peuvent être très isolés. Quoiqu'il en soit, je pense que cela voudrait simplement dire que dans l'intimité, les gens sont plus à l'aise avec des gens de même origines culturelles qu'eux, peu importe la culture en question. [p.8]
- En page 9, je remarque que seulement 28% voteraient pour un Premier ministre d'une autre origine culturelle que la leur. Petite omission de Léger Marketing: mentionner si la question n'a été posée qu'à des Québécois ou à l'ensemble de la population. Je pense que cela reflète la méconnaissance des cultures entre elles. Par exemple, plusieurs Québécois ne savent pas si les membres des communautés culturelles partagent les valeurs qu'ils (Québécois) considèrent essentielles, alors que certains croient savoir que non. Quant à moi, je pense que je serais plus à l'aise de voter pour un candidat féminin que masculin s'il provient d'une communauté culturelle, car je crois que celles-ci sont celles qui gagneraient le plus à conserver les valeurs fondamentales du Québec. Je suis cependant ouvert à ce que n'importe qui me prouve le contraire; j'en serais heureux.
- Finalement, en page 10, il semblerait que 16% des Québécois et 14% des membres de comm. culturelles croient qu'il existe des «races» plus douées que d'autres. Comme le mot doué est très large, je trouve difficile d'en tirer une quelconque conclusion. Doué en quoi? En politique? En environnement? En technologique? En science? En art? En encore là, de quel art il est question? La question est biaisée du fait que chaque personne interrogée a été libre d'interpréter la question comme bon lui semblait à l'intérieur d'un large éventail de possibilités.
Pour le moment, Léger Marketing n'a publié sur son site que les premiers résultats de son «enquête» et la plupart des médias s'en tiennent pour le moment à ces résultats, excepté la version télévisée de TVA et LCN. D'ici vendredi, Léger Marketing devrait avoir publié tous les résultats. Il est à noter que j'aborde toujours les résultats au conditionnel, car je leur donne peu de foi et j'ai fait cet exercice pour le plaisir de donner mon point de vue.
Quoiqu'il en soit, je pense qu'il serait intéressant, autant au primaire qu'au seconde, de tenir des cours d'apprentissage culturel. Non pas des cours sur les autres religions, car une religion n'est pas toujours le principal facteur définissant une communauté culturelle. Ces cours ne devraient évidemment pas être spécifiques à chaque communauté. Les Québécois de souche devraient recevoir des cours sur la culture Québécoise, de façon à être capable de se mettre en perspective par rapport aux autres communautés... être capable de se regarder dans le miroir. Cela vaut évidemment pour toutes les communautés culturelles du Québec.





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