Aucun message portant le libellé Tout le monde en parle (Qc). Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Tout le monde en parle (Qc). Afficher tous les messages

dimanche 11 mars 2007

Mario Dumont à TLMEP

Ce soir, c'était Mario Dumont qui était face à Guy Lepage lors de l'émission Tout le monde en parle, à Radio-Canada. Je ne dirais pas qu'il s'est mieux ou moins bien débrouillé qu'André Boisclair la semaine passé. Je ne dirai pas non plus que Lepage a tenté de le piégé parce qu'il aurait une soi-disant affinité avec le PQ. L'affinité y est peut-être, mais Boisclair a du répondre de ses faiblesses aussi la semaine dernière et Jean Charest y sera également confronté bientôt.

Je ne ferai pas une longue analyse de la performance de Dumont ce soir.

D'abord, Mario Dumont a démontré ce soir ce qu'il a peu montré depuis des mois: un certain détachement de son discours populiste. Peut-être est-ce parce qu'il a compris qu'il ne pourra pas former un gouvernement sans courtiser les montréalais, ce qu'il ne pourra jamais faire en poursuivant son discours habituel. Soyons réalistes, Dumont abordait jusqu'ici quelques réalités montréalaises — dont les accommodements déraisonnables — d'un point de vue purement rural.

Ce soir, j'ai écouté Mario Dumont avec le plus d'objectivité qu'un électeur peut manifester. Je l'ai écouté sans préjugé de ce qu'il allait dire ni sans constamment répliquer à mon téléviseur. Autrement dit, je lui ai «donné sa chance» de me convaincre, ce qui ne s'est pas produit. Oui, ces idées sur les universités, sur l'assistance sociale et sur l'autonomie du Québec recèlent un certain intérêt, mais demeurent encore des projets largement irréalistes tant et aussi longtemps que Dumont se contentera d'exposer les résultats (hypothétiques) sans vouloir démontrer la démarche.

Je m'inspire un peu de mes cours en histoire et de la plupart des cours en sciences, où le résultat ne vaut rien si l'étudiant ne démontre pas sa démarche. Qu'est-ce qui prouve que tu as raison de prétendre un tel résultat? Qu'est-ce qui me prouve que tu n'as tout simplement pas inventé un tel résultat? En ce qui concerne l'ADQ, rien ne me prouve qu'il puisse réaliser ces quelques bonnes idées. Les seules idées que l'ADQ me semble capable de réaliser sont ces que je trouve les plus mauvaises.

Enfin, il y a quelque chose que Dumont a dit et que je trouve brillant sans émettre aucun bémol. Il a dit que le Québec avait cette habitude de donner ses ressources aux autres états et que cela devait cesser. Je trouve qu'un certain protectionnisme serait bénéfique pour le Québec et je serais prêt à ce que certaines mesures extrêmes soient prises pour y parvenir...

Mais pas au détriment des autres aspects de la société québécoise. L'ADQ demeure le dernier des partis que je souhaite voir au pouvoir, parmi les cinq principaux. Évidemment, j'aimerais mieux que Mario Dumont soit premier ministre que de voir les partis suivant au pouvoir: Parti communiste du Québec, Parti marxiste-léniniste du Québec, Parti conscience universelle, Parti démocratie chrétienne du Québec et le Bloc Pot.

lundi 22 janvier 2007

Gendron contre Gendron

Belle façon pour l'émission Tout le monde en parle de débuter la nouvelle année. Je dois admettre que je ne l'écoutais plus avant les fêtes parce que les invités m'interpellaient moins, mais ce soir, c'était très intéressant, à commencer par le premier invité: Julien Poulin.

Bien que je considère qu'il n'avait absolument aucun compte à rendre sur l'affaire du drapeau du Hezbollah, Poulin a livré ses explications sur les événements. Je me doutais bien qu'au moment où toute cette histoire a éclaté dans les médias, tout devait être sorti de son contexte et grossièrement dépeint de façon à créer la sensation. Poulin est un grand sociable qui échange avec tout le monde et l'instant d'une photo, il a échangé son drapeau au fleurdelisé avec celui, du Hezbollah, d'une bande de jeunes qui se trouvaient à ses côtés par hasard. Il avait procédé de cette façon toute la journée avec ceux qui l'approchaient, alors c'est par automatisme qu'il a répété le geste malgré le drapeau dont il était question cette fois-là.

Tout ça pour ça!

Je dois admettre que j'étais sceptique face à la logique de Julien Poulin, car j'ai que très peu de considération -- je ne parle pas ici de respect, mais plutôt de crédit -- pour son grand ami, le plutôt inepte Pierre Falardeau. Même si je partage beaucoup de point de vue avec Falardeau, et c'est pourquoi je le respecte tout de même, sa logique est similaire à celle, très paralysée, de George W. Bush et la droite chrétienne américaine: si tu n'es pas avec moi, alors tu es contre moi. J'ai très peu de déférence pour ce genre de philosophie dans laquelle la zone grise n'existe pas. D'ailleurs, l'«aide» que Falardeau a apporté à son chum Poulin à la suite de l'incident du drapeau a plutôt nuit à ce dernier que l'aider.

Ce soir, Julien Poulin a gagné mon estime. Il m'est apparu plus posé, plus ouvert et plus sympathique que Falardeau. Il a exposé son côté très humain, ce que Falardeau fait aussi, mais dans son cas, ça ressemble davantage à de l'apitoiement. Ce qui m'a surtout plu de l'intervention de Julien Poulin, c'est qu'il a exactement mis le doigt sur le bobo: la quête, très américaine, de sensationnalisme de nos médias. Cette quête a transformé un banal échange en un faux scandale.

Le deuxième invité était le maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron, dont j'avais rédigé un billet sur son congédiement à la barre de l'Avocat et le diable, de TQS. Gendron a montré toute la modération dont il est capable -- il en souvent fait la preuve à la radio et à la télévision, mais bien sûr, ce ne sont pas les moments que LCN aime montrer en boucle à son bulletin -- et a démontré qu'il pouvait jeter un regard critique sur ses propres actions, dont le ridicule torchage auquel il s'était adonné avec sa convocation par le barreau du Québec.

J'ai été particulièrement ému lorsqu'il a raconté avoir passé une période suicidaire vers la fin de 2004 et début 2005, alors qu'il se battait pour remettre sa ville sur les rails après la fermeture des usines qui maintenaient Huntingdon en vie. On peut reprocher beaucoup de chose à Stéphane Gendron, mais il faut reconnaître que cet homme a soutenu l'avenir de toute une ville sur ses épaules, ce que peu de maires peuvent affirmer. Jean Drapeau a beau avoir mis Montréal sur le planisphère, il n'avait pas la survie de la ville entre les mains.

Finalement, j'ai adoré l'intervention du journaliste de Radio-Canada, Guy Gendron, qui a fait un excellent et troublant reportage sur l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta. C'est également lui qui a couvert le conflit israélo-libanais de juillet 2006 et qui a également exploré le conflit israélo-palestinien des deux côtés. C'est la partie que j'ai préférée de son intervention, car il est venu remettre les pendules à l'heure concernant le perpétuel affrontement entre Israël et la Palestine, expliquant que ce conflit revêt une complexité qu'on peine à clairement cerner, nous occidentaux.

C'est dans cette veine qu'il a déclaré qu'il était trop facile et exagéré de comparer Israël aux nazis d'Hitler, tel que l'a fait, et continue à le faire, le maire Stéphane Gendron. Ce dernier à maintes fois dit qu'Israël était les nazis d'aujourd'hui. S'en est suivi un échange, non pas seulement à deux, mais à trois: les deux Gendron et Victoria Abril. Contrairement à Patrick Lagacé, qui écrit sur son blogue que Guy Gendron « a gagné le set, le match et le point avec une phrase. Très calmement, très posément, sans lever la voix ni rien, il a rappelé ceci: « Il n'y a pas de chambre à gaz à Gaza », je pense que le résultat est plutôt nul.

Guy Gendron a bien raison en disant que le conflit israélo-palestinien est très complexe, qu'il est abominable des deux côtés et que de faire le parallèle entre Israël et nazisme est exagéré. Toutefois, Stéphane Gendron et Victoria Abril lui ont rappelé que Israël est un pays moderne, dont l'équipement sophistiqué et le contexte de sa création lui impose la retenue et la diplomatie, ce à quoi il refuse obstinément de ce soumettre, alors que les Palestiniens été délogés de leur territoire et en sont réduis à affronter Israël avec des pierres et des roquettes (contrairement aux missiles radioguidés d'Israël). Le maire Gendron en rajoute en indiquant que les chambres à gaz causaient des morts relativement rapide -- il ne faut pas y voir un désir d'attendrir l'image des nazis -- alors que les Palestiniens meurent plus lentement.

Les arguments de Stéphane Gendron et Victoria Abril n'atténuent en rien ceux de Guy Gendron, mais ceux de ce dernier ne permettent pas non plus de déclarer un vainqueur. La seule conclusion qu'on peut tirer de cet «affrontement», c'est que le conflit israélo-palestinien a des proportions inconcevables au 21e siècle et que le problème ne pourra jamais être réglé tant qu'il restera des états dans ce monde pour pencher d'un côté de la balance.

Voilà le genre d'exemplaire de Tout le monde en parle que j'aime.