Gendron contre Gendron
Belle façon pour l'émission Tout le monde en parle de débuter la nouvelle année. Je dois admettre que je ne l'écoutais plus avant les fêtes parce que les invités m'interpellaient moins, mais ce soir, c'était très intéressant, à commencer par le premier invité: Julien Poulin.
Bien que je considère qu'il n'avait absolument aucun compte à rendre sur l'affaire du drapeau du Hezbollah, Poulin a livré ses explications sur les événements. Je me doutais bien qu'au moment où toute cette histoire a éclaté dans les médias, tout devait être sorti de son contexte et grossièrement dépeint de façon à créer la sensation. Poulin est un grand sociable qui échange avec tout le monde et l'instant d'une photo, il a échangé son drapeau au fleurdelisé avec celui, du Hezbollah, d'une bande de jeunes qui se trouvaient à ses côtés par hasard. Il avait procédé de cette façon toute la journée avec ceux qui l'approchaient, alors c'est par automatisme qu'il a répété le geste malgré le drapeau dont il était question cette fois-là.
Tout ça pour ça!
Je dois admettre que j'étais sceptique face à la logique de Julien Poulin, car j'ai que très peu de considération -- je ne parle pas ici de respect, mais plutôt de crédit -- pour son grand ami, le plutôt inepte Pierre Falardeau. Même si je partage beaucoup de point de vue avec Falardeau, et c'est pourquoi je le respecte tout de même, sa logique est similaire à celle, très paralysée, de George W. Bush et la droite chrétienne américaine: si tu n'es pas avec moi, alors tu es contre moi. J'ai très peu de déférence pour ce genre de philosophie dans laquelle la zone grise n'existe pas. D'ailleurs, l'«aide» que Falardeau a apporté à son chum Poulin à la suite de l'incident du drapeau a plutôt nuit à ce dernier que l'aider.
Ce soir, Julien Poulin a gagné mon estime. Il m'est apparu plus posé, plus ouvert et plus sympathique que Falardeau. Il a exposé son côté très humain, ce que Falardeau fait aussi, mais dans son cas, ça ressemble davantage à de l'apitoiement. Ce qui m'a surtout plu de l'intervention de Julien Poulin, c'est qu'il a exactement mis le doigt sur le bobo: la quête, très américaine, de sensationnalisme de nos médias. Cette quête a transformé un banal échange en un faux scandale.
Le deuxième invité était le maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron, dont j'avais rédigé un billet sur son congédiement à la barre de l'Avocat et le diable, de TQS. Gendron a montré toute la modération dont il est capable -- il en souvent fait la preuve à la radio et à la télévision, mais bien sûr, ce ne sont pas les moments que LCN aime montrer en boucle à son bulletin -- et a démontré qu'il pouvait jeter un regard critique sur ses propres actions, dont le ridicule torchage auquel il s'était adonné avec sa convocation par le barreau du Québec.
J'ai été particulièrement ému lorsqu'il a raconté avoir passé une période suicidaire vers la fin de 2004 et début 2005, alors qu'il se battait pour remettre sa ville sur les rails après la fermeture des usines qui maintenaient Huntingdon en vie. On peut reprocher beaucoup de chose à Stéphane Gendron, mais il faut reconnaître que cet homme a soutenu l'avenir de toute une ville sur ses épaules, ce que peu de maires peuvent affirmer. Jean Drapeau a beau avoir mis Montréal sur le planisphère, il n'avait pas la survie de la ville entre les mains.
Finalement, j'ai adoré l'intervention du journaliste de Radio-Canada, Guy Gendron, qui a fait un excellent et troublant reportage sur l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta. C'est également lui qui a couvert le conflit israélo-libanais de juillet 2006 et qui a également exploré le conflit israélo-palestinien des deux côtés. C'est la partie que j'ai préférée de son intervention, car il est venu remettre les pendules à l'heure concernant le perpétuel affrontement entre Israël et la Palestine, expliquant que ce conflit revêt une complexité qu'on peine à clairement cerner, nous occidentaux.
C'est dans cette veine qu'il a déclaré qu'il était trop facile et exagéré de comparer Israël aux nazis d'Hitler, tel que l'a fait, et continue à le faire, le maire Stéphane Gendron. Ce dernier à maintes fois dit qu'Israël était les nazis d'aujourd'hui. S'en est suivi un échange, non pas seulement à deux, mais à trois: les deux Gendron et Victoria Abril. Contrairement à Patrick Lagacé, qui écrit sur son blogue que Guy Gendron « a gagné le set, le match et le point avec une phrase. Très calmement, très posément, sans lever la voix ni rien, il a rappelé ceci: « Il n'y a pas de chambre à gaz à Gaza », je pense que le résultat est plutôt nul.
Guy Gendron a bien raison en disant que le conflit israélo-palestinien est très complexe, qu'il est abominable des deux côtés et que de faire le parallèle entre Israël et nazisme est exagéré. Toutefois, Stéphane Gendron et Victoria Abril lui ont rappelé que Israël est un pays moderne, dont l'équipement sophistiqué et le contexte de sa création lui impose la retenue et la diplomatie, ce à quoi il refuse obstinément de ce soumettre, alors que les Palestiniens été délogés de leur territoire et en sont réduis à affronter Israël avec des pierres et des roquettes (contrairement aux missiles radioguidés d'Israël). Le maire Gendron en rajoute en indiquant que les chambres à gaz causaient des morts relativement rapide -- il ne faut pas y voir un désir d'attendrir l'image des nazis -- alors que les Palestiniens meurent plus lentement.
Les arguments de Stéphane Gendron et Victoria Abril n'atténuent en rien ceux de Guy Gendron, mais ceux de ce dernier ne permettent pas non plus de déclarer un vainqueur. La seule conclusion qu'on peut tirer de cet «affrontement», c'est que le conflit israélo-palestinien a des proportions inconcevables au 21e siècle et que le problème ne pourra jamais être réglé tant qu'il restera des états dans ce monde pour pencher d'un côté de la balance.
Voilà le genre d'exemplaire de Tout le monde en parle que j'aime.
Bien que je considère qu'il n'avait absolument aucun compte à rendre sur l'affaire du drapeau du Hezbollah, Poulin a livré ses explications sur les événements. Je me doutais bien qu'au moment où toute cette histoire a éclaté dans les médias, tout devait être sorti de son contexte et grossièrement dépeint de façon à créer la sensation. Poulin est un grand sociable qui échange avec tout le monde et l'instant d'une photo, il a échangé son drapeau au fleurdelisé avec celui, du Hezbollah, d'une bande de jeunes qui se trouvaient à ses côtés par hasard. Il avait procédé de cette façon toute la journée avec ceux qui l'approchaient, alors c'est par automatisme qu'il a répété le geste malgré le drapeau dont il était question cette fois-là.
Tout ça pour ça!
Je dois admettre que j'étais sceptique face à la logique de Julien Poulin, car j'ai que très peu de considération -- je ne parle pas ici de respect, mais plutôt de crédit -- pour son grand ami, le plutôt inepte Pierre Falardeau. Même si je partage beaucoup de point de vue avec Falardeau, et c'est pourquoi je le respecte tout de même, sa logique est similaire à celle, très paralysée, de George W. Bush et la droite chrétienne américaine: si tu n'es pas avec moi, alors tu es contre moi. J'ai très peu de déférence pour ce genre de philosophie dans laquelle la zone grise n'existe pas. D'ailleurs, l'«aide» que Falardeau a apporté à son chum Poulin à la suite de l'incident du drapeau a plutôt nuit à ce dernier que l'aider.
Ce soir, Julien Poulin a gagné mon estime. Il m'est apparu plus posé, plus ouvert et plus sympathique que Falardeau. Il a exposé son côté très humain, ce que Falardeau fait aussi, mais dans son cas, ça ressemble davantage à de l'apitoiement. Ce qui m'a surtout plu de l'intervention de Julien Poulin, c'est qu'il a exactement mis le doigt sur le bobo: la quête, très américaine, de sensationnalisme de nos médias. Cette quête a transformé un banal échange en un faux scandale.
Le deuxième invité était le maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron, dont j'avais rédigé un billet sur son congédiement à la barre de l'Avocat et le diable, de TQS. Gendron a montré toute la modération dont il est capable -- il en souvent fait la preuve à la radio et à la télévision, mais bien sûr, ce ne sont pas les moments que LCN aime montrer en boucle à son bulletin -- et a démontré qu'il pouvait jeter un regard critique sur ses propres actions, dont le ridicule torchage auquel il s'était adonné avec sa convocation par le barreau du Québec.
J'ai été particulièrement ému lorsqu'il a raconté avoir passé une période suicidaire vers la fin de 2004 et début 2005, alors qu'il se battait pour remettre sa ville sur les rails après la fermeture des usines qui maintenaient Huntingdon en vie. On peut reprocher beaucoup de chose à Stéphane Gendron, mais il faut reconnaître que cet homme a soutenu l'avenir de toute une ville sur ses épaules, ce que peu de maires peuvent affirmer. Jean Drapeau a beau avoir mis Montréal sur le planisphère, il n'avait pas la survie de la ville entre les mains.
Finalement, j'ai adoré l'intervention du journaliste de Radio-Canada, Guy Gendron, qui a fait un excellent et troublant reportage sur l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta. C'est également lui qui a couvert le conflit israélo-libanais de juillet 2006 et qui a également exploré le conflit israélo-palestinien des deux côtés. C'est la partie que j'ai préférée de son intervention, car il est venu remettre les pendules à l'heure concernant le perpétuel affrontement entre Israël et la Palestine, expliquant que ce conflit revêt une complexité qu'on peine à clairement cerner, nous occidentaux.
C'est dans cette veine qu'il a déclaré qu'il était trop facile et exagéré de comparer Israël aux nazis d'Hitler, tel que l'a fait, et continue à le faire, le maire Stéphane Gendron. Ce dernier à maintes fois dit qu'Israël était les nazis d'aujourd'hui. S'en est suivi un échange, non pas seulement à deux, mais à trois: les deux Gendron et Victoria Abril. Contrairement à Patrick Lagacé, qui écrit sur son blogue que Guy Gendron « a gagné le set, le match et le point avec une phrase. Très calmement, très posément, sans lever la voix ni rien, il a rappelé ceci: « Il n'y a pas de chambre à gaz à Gaza », je pense que le résultat est plutôt nul.
Guy Gendron a bien raison en disant que le conflit israélo-palestinien est très complexe, qu'il est abominable des deux côtés et que de faire le parallèle entre Israël et nazisme est exagéré. Toutefois, Stéphane Gendron et Victoria Abril lui ont rappelé que Israël est un pays moderne, dont l'équipement sophistiqué et le contexte de sa création lui impose la retenue et la diplomatie, ce à quoi il refuse obstinément de ce soumettre, alors que les Palestiniens été délogés de leur territoire et en sont réduis à affronter Israël avec des pierres et des roquettes (contrairement aux missiles radioguidés d'Israël). Le maire Gendron en rajoute en indiquant que les chambres à gaz causaient des morts relativement rapide -- il ne faut pas y voir un désir d'attendrir l'image des nazis -- alors que les Palestiniens meurent plus lentement.
Les arguments de Stéphane Gendron et Victoria Abril n'atténuent en rien ceux de Guy Gendron, mais ceux de ce dernier ne permettent pas non plus de déclarer un vainqueur. La seule conclusion qu'on peut tirer de cet «affrontement», c'est que le conflit israélo-palestinien a des proportions inconcevables au 21e siècle et que le problème ne pourra jamais être réglé tant qu'il restera des états dans ce monde pour pencher d'un côté de la balance.
Voilà le genre d'exemplaire de Tout le monde en parle que j'aime.





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