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lundi 3 décembre 2007

C'est la fin qui compte, pas les moyens

Il m'aura fallu du temps pour assimiler cette possibilité, et même encore, il ne s'agit pas d'une certitude dans mon esprit.

Suite à cette première session à temps plein comme universitaire, je suis devant la nécessité de mettre mes études sur la glace jusqu'en mai, peut-être même jusqu'en septembre prochain. L'addition de divers problèmes d'ordre familial a transformé ce qui devait être l'une des plus stimulantes expériences de ma vie en véritable calvaire.

D'un point vue purement superficiel, c'est notre situation financière précaire qui a gâché ma session. Mon père, dont j'ai exposé la situation dans un billet du mois d'août, est le seul pourvoyeur de la famille et doit se contenter d'un salaire actuel inférieur à ce qu'il faisait avant.

En 2001, lorsque je fut diagnostiqué dépressif majeur et que ma grand-mère se remettait péniblement d'un double pontage ayant sévèrement accélérer son vieillissement, ma mère quitta son emploi pour devenir notre aidant naturel. Six ans plus tard, elle n'arrive pas à réinsérer le marché du travail dans son domaine et est trop épuisée pour entreprendre un changement de carrière.

Quant à moi, la dépression majeure a laissé des séquelles qui, aujourd'hui, rendent impossible pour moi de conjuguer emploi et études. Connaissant ma situation, ce ne serait pas l'un ou l'autre qui serait hypothéqué, mais les deux. Probablement que j'aurais à vivre à la fois un échec scolaire et un congédiement.

Cependant, j'aurais sans doute pu réussir cette session malgré notre situation financière précoce. Si, lorsque j'étais entre les murs de l'université, j'étais parvenu à faire abstraction de nos problèmes, j'aurais très bien pu réaliser les différents travaux exigés par mes professeurs et étudier avec assez d'application pour obtenir des résultats satisfaisants.

Mais je n'arrive pas à chasser de mon esprit notre situation familiale. Mes parents se sont inquiétés et ont pris soins de moi au plus pire de ma dépression. Ma mère en a fait autant pour ma grand-mère, et mon père pour ma mère. Aujourd'hui, c'est moi qui est inquiet pour eux. Ils paient le lourd tribu pour s'être occupé de moi, pour avoir retiré le maillon qui était le leur de la chaîne de montage capitaliste qui est celui de notre inconscient collectif, et donc de nos dirigeants politiques et économiques.

Bien que je me sente nullement responsable de la situation de mes parents, je ne peux rester les bras croisés. Si mes parents n'ont obtenu aucune aide alors qu'ils me soutenaient dans un passage difficile de ma vie, ils n'en recevront pas davantage maintenant qu'ils traversent eux-mêmes une période creuse.

La seule façon qui semble se présenter à moi pour les aider est de me rendre le plus possible indépendant d'eux. Leur donner congé d'une de leurs nombreuses préoccupations. Étant donné que je ne peux procurer à mon père l'emploi qu'il mérite d'occuper, que je ne peux épargner ma mère le fardeau que représente l'Alzheimer de ma grand-mère, que je ne peux forcer nos gouvernements à les soutenir le temps que mes parents se remettent en selle, il ne me reste qu'une solution: travailler durant les quatre, peut-être les huit, prochains mois.

Mon objectif est double. D'abord, permettre à mes parents d'investir un peu de leur argent dans leur propre avenir. Mon père doit suivre un cours de conduite de véhicules lourds alors que ma mère doit suivre des cours liés à l'industrie agro-alimentaire. Ensuite, je veux me créer un coussin de sécurité financière pour mon retour aux études et ne plus être entièrement dépendant de l'aide gouvernementale. Parce que, soyons honnêtes, elle fait dure, cette aide!

Ça me fait très mal de mettre mes études sur la glace. C'est comme si je un étau me serrait le coeur. Toutefois, rien ne s'améliorera si je persiste dans la présente voie. Je souhaite toujours ardemment être diplômé en histoire et je vais continuer à oeuvrer dans ce sens, mais il me faut prendre des dispositions différentes.

Si j'étais paranoïaque, je dirais: "Ils ne m'auront pas, les salauds! Je vais l'avoir pareil, mon bacc." Je serai juste gradué plus tard que prévu initialement.

vendredi 16 novembre 2007

Un comportement qui n'aide pas

Les étudiants du postsecondaire comprennent généralement bien les enjeux de la société, parfois mieux que des adultes au curriculum de vie bien rempli. Il est faux de prétendre qu'ils ne sont que des enfants gâtés, qu'ils n'ont aucune idée de la réalité, qu'ils ne savent pas ce qui est bien pour eux et qu'ils manifestent uniquement dans le but de provoquer.

Même si je n'appuie pas, pour l'instant, les revendications étudiantes prononcées à l'égard de la hausse des frais de scolarités et de la gratuité scolaire, je suis loin de considérer irréfléchie et inconséquente la population estudiantine qui manifeste ces jours-ci à Montréal. Je dois admettre que la plupart de mes collègues qui défendent les revendications mentionnées ci-haut ont des arguments qui, sans me persuader à agir, ont le mérite de me faire réfléchir et d'initier des interrogations qui occupent mon esprit en ce moment-même.

Là où le bas blesse, ce que ce ne sont pas ces étudiants consciencieux, matures et responsables que nous voyons ces temps-ci dans les médias. Même si elle représente la totalité des individus inscrits à temps plein dans son programme ou faculté, l’association étudiante est plus souvent qu’autre chose maintenue en vie et menée grand train par une minorité d’étudiants à têtes fortes.

Évidement, ces étudiants sont essentiels pour l’association, notamment par leur grande capacité à mobiliser les troupes et initier des moyens de pressions. Cependant, cette minorité est également le nid de quelques anarchistes en herbes — sorte de minorité dans la minorité — qui ont apparemment plus à cœur de manifester leur frustration intérieur, et indépendante de la vie étudiante, que de défendre les intérêts de leurs pairs.

Ce sont eux qui, une fois les moyens engagés, initient les confrontations physiques avec le personnel enseignant — ce fut le cas du candidat au poste de recteur à l'UQÀM, M. Claude Corbo — et qui posent des gestes de vandalismes. Après quoi, de placides manifestants se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment deviennent d'innocentes victimes de la répression policière.

Qu'on ne soit pas d'accord avec la vision de certaines personnes — je ne suis pas d'accord avec le choix de M. Corbo d'appuyer le plan de redressement de l'UQÀM —, est une chose tout à fait légitime. De leur faire comprendre notre désaccord l'est tout autant. De s'en prendre physiquement et avec violence à ces personnes, toutefois, est absolument inacceptable et inexcusable. Il s'agit-là de voies de faits grave, ce qui constitue un comportement criminel.

Il y a une chose que les étudiants, et je m’y inclus, doivent comprendre, même si cela les choquent au plus haut point: ils ont des preuves à faire. La société qui nous entourent ne nous considèrent plus comme des gamins, certes, mais ne nous voient pas non plus comme des adultes, au sens moral du terme. Nous devons démontrer notre maturité et notre respect envers une société qui, malheureusement, à une fâcheuse tendance à toujours généraliser à partir du plus négatif.

Des gestes comme la manifestation d'aujourd'hui à la Tour de la Bourse n'ont comme conséquences que d'amenuiser nos chances d'obtenir satisfaction dans nos revendications et affaiblissent grandement l'appui d'une population que nous ne réussissons présentement qu’à exaspérer, voire à effrayer par moment. Cet appui est nécessaire dans l'atteinte de nos objectifs; appui qui, dans le cadre des revendications actuelles, n'est pas gagné d'avance.

Je suis d'accord pour "brasser la cage", mais cette cage n'est pas incarnée par les chaises des salles de cours ni par l'intégrité physique des individus qui nous semblent faire obstacles à nos revendications.

Cette cage que nous devons brasser est beaucoup plus subtile et abstraite; c'est celle de l'entêtement et de l'ignorance. Il faut la brasser non pas dans le but de blesser, physiquement ou moralement, mais dans le but de persuader les gens qui en sont prisonniers d'en ouvrir la porte et d'ainsi y laisser entrer de nouvelles idées, de nouvelles conceptions et de nouvelles solutions.

Quoique… on peut se permettre de blesser l'orgueil de certains individus dans la mesure où la blessure est provoquée par une rétractation ou un recul desdits individus dans leur position. Certains on l’orgueil très mal placé et ils méritent qu’elle soit éreintée!

Heureusement, la majorité des étudiants revendicateurs savent manifester respectueusement, mais avec tout autant de verve et d'aplomb. Si le mandat de grève est reconduit au cours des prochains jours, ce sera grâce à eux, parce que le mouvement gréviste s'essouffle déjà, même au sein de la population estudiantine. Notons ici qua la majorité des étudiants qui étaient en défaveur de la grève se sont abstenus de voter et qu’il y a de fortes chances que le nombre d’abstentions augmente aux prochaines assemblées.

dimanche 11 novembre 2007

En congé forcé, mais pas contrarié

Lorsqu'il fut annoncé que le plancher de sept associations étudiantes (dix-sept milles membres) favorables, nécessaires au déclenchement par l'ASSÉ de la grève nationale générale illimité, n'avait pas été atteint, je n'étais pas mécontent. En réalité, je ne suis pas contre le dégel des frais de scolarités, parce que depuis que j'étudie à l'UQÀM, j'ai pris conscience des besoins urgents en ressources académiques viables de cette institution.

Je suis pour la gratuité scolaire, en tant qu'objectif à atteindre, que finalité. Or, je ne crois pas, pour le moment, que de précipiter hâtivement les universités dans la gratuité mène à un résultat positif. C'est simplement que je ne crois pas la société québécoise prête à investir les fonds suffisants pour que le projet fonctionne bien. Surtout que, une grande partie des étudiants qui réclament haut et fort la gratuité scolaire aujourd'hui sera celle qui décriera l'imposition trop étouffante demain.

M'enfin, c'est un autre débat.

Quoiqu'il en soit, mon association facultaire, ainsi que plusieurs autres associations uqamiennes, est présentement en grève illimité, laquelle sera vraisemblablement reconduite le 19 novembre prochain. Pourtant, je n'en suis guère contrarié, parce que cette action concerne, non exclusivement, un point que je ne peux accepter: le plan de redressement de l'UQÀM.

Je peux appuyer une hausse des frais de scolarités qui serait éventuellement réinvestie dans l'éducation et une aide financière aux études mieux adaptées. J'admets que le gouvernement Charest n'a pas démontré que cette hausse était dans l'intérêt de la population estudiantine, mais dans ce drôle de débat, le concret se fait très rare, tout camp confondu.

Cependant, je ne peux accepter que des étudiants paient, tant par des hausses de frais que par une baisse de la qualité académique, pour une mésaventure (fiasco) immobilière qui dépassait largement la mission éducative. Sans entrer dans les détails, j'ai l'impression qu'on cherche à éviter d'identifier des responsables qui, une fois pointés, devraient en répondre des conséquences.

De plus, bien qu'on nous mentionne que la récente hausse des frais afférents n'était pas destinée au redressement de l'UQÀM et qu'il n'est pas prévu que les activités académiques soient perturbées, un impact négativement significatif pour les étudiants m'apparaît indissociable d'un plan de redressement qui prévoit augmenter ses sources de revenus (principalement en provenance des étudiants) et réduire ses dépenses (principalement en direction des étudiants). Même si les élèves ne semblent pas directement visés, la rondelle les happera violemment par la bande.

Donc, bien que la perspective de la grève ne me plaise pas énormément, je ne suis pas contrarié par les actions syndicales étudiantes ayant court présentement à l'UQÀM. Pour ce qui est du dégel des frais de scolarité, mon appui est conditionnel et, faisant un bloquiste de moi, si les conditions (voir plus haut dans le billet) ne sont pas remplies rapidement, je me positionnerai contre la proposition du gouvernement.

samedi 8 septembre 2007

Vestibule et débit de paroles

Ma première semaine d'université est maintenant derrière moi. Sur 4 cours, je n'en ai suivi que deux. J'en ai manqué un à cause de la fatigue; je ne voulais pas non plus être pris dans le trafic, car le témoin "check engine" s'était allumé dans ma voiture. Le deuxième, je l'avais déjà suivi l'an dernier et j'en ai donc profité pour magasiner mon ordinateur à la place.

Si les études universitaires sont l'antichambre de la discipline historique, ce cours en est assurément le vestibule de l'antichambre: Initiation au travail historique. Le cours s'annonce plutôt ennuyant, dans la mesure où ils s'attardent non pas sur les connaissances historiques, ni même sur la recherche, mais bien sur les façons de faire de la recherche. Il sera très pratique d'en apprendre sur la méthodologie, mais ce cours est un peu comme des cours de guitare, où le plus intéressant n'est pas d'apprendre à jouer de la guitare, mais d'être capable d'en jouer par après.

L'autre cours, que je ne nommerai pas pour des raisons de confidentialité, m'a vis face à face avec un véritable débit de paroles. Évidemment, en étudiant à l'université, on s'habitue à écouter des professeurs ayant un débit continuel et sans interruptions, mais ce professeur-là bat des records. Non seulement débite-t-il continuellement et sans pause, il débite doublement. Il me faudra certainement quelques semaines pour adapter ma prise de notes à ce débit haute-vitesse! Heureusement, son cours risque d'être assez intéressant.

Enfin, j'aime la rentrée, mais un facteur vient toujours assombrir le tableau: le bain de foule. Des milliers d'étudiants obstruant presque chaque recoin des pavillons centraux, rendant ardu tout déplacement. Les couloirs sentent la même chose que le vestiaire des Canadiens après une partie disputée chaudement. D'ailleurs, je ne vais jamais chercher mes livres scolaires durant la première semaine, car il fait certainement aussi chaud planté en ligne à l'UQÀM que couché dans un four crématoire.

Pourquoi une université comme l'UQÀM, qui accueille plus de deux dizaines de milliers d'étudiants, ne procède-t-elle pas à des rentrées progressives, quitte à mettre en place des fins de session toutes aussi progressives?

vendredi 7 septembre 2007

Premier billet...

... avec mon nouveau portable. Ce n'est finalement ni un Dell ni un MDG, mais un ordinateur acheté chez Bureau en Gros. Je sais que j'avais écrit que les portables provenant d'un tel magasin offrait bien peu d'options et c'est toujours le cas. Mon ordinateur ne comprend aucun logiciel en extra ni aucun gadget que j'aurais pu ajouter si j'avais commandé un ordinateur chez Dell.

Mais voilà, je n'avais pas de crédit pour un Dell. Je n'ai jamais eu de compte à crédit (Bell, Hydro-Québec, Rogers, etc.) à mon nom. Je n'ai donc pas de mauvais crédit... j'en ai tout simplement aucun. Étant donné que j'étais un bénéficiaire de l'assistance sociale depuis deux ans, je ne suis pas considérer comme ayant un revenu. Mais bon, tout ça, ce n'est que des détails sans grande importance à ce moment-ci de ma vie et n'enrichit pas vraiment le contenu de ce billet!

Bref, après une semaine à magasiner les portables et quelques bons conseils d'un ami s'y connaissant en informatique, j'ai déniché un portable qui pouvait me satisfaire. Ce n'est pas une perle rare ni un super ordinateur, mais il a un processeur Core 2 Duo d'Intel et un disque dur roulant à 5400 tr/minutes. Certes, les 7200 tr/min. ont fait leurs apparitions dans les portables, mais certains fonctionnent encore avec des 4200 tr/min. Je n'ai que 1go de mémoire vive, mais j'ai la possibilité de pousser ça à 4go, quand mes moyens me le permettront.

Je ne vais pas mentionner la marque et le modèle de ma nouvelle acquisition et ce, pour deux raisons: d'abord, j'ai mieux à faire que d'offrir une publicité gratuite et, ensuite, j'en ai eu assez de me casser la tête avant de l'acheter que je n'ai pas envie de regretter ou douter de mon choix en ouvrant la porte à des commentaires pouvant être négatifs à l'égard de ce produit.

Pour l'instant, tout semble fonctionner et l'expérience n'est pas sans être rafraîchissante en comparaison de mon ordinateur de table qui est vieux de 7 ans!

mardi 4 septembre 2007

Acheter un portable, pas si évident

Depuis que je sais que je bénéficie d'un prêt de 2000$ pour l'achat de matériel informatique, je magasine les ordinateurs. Évidemment, je ne pense pas dépenser la totalité du prêt uniquement pour un ordinateur portatif. Comme je m'en servirai au moins pour les 3 prochaines années, je veux un produit de qualité, mais je n'ai pas besoin d'un ordinateur haut de gamme. Le moyen de gamme, selon un budget tournant autour de 1100$, me conviendra parfaitement.

Mais lequel choisir? Au niveau du matériel de base, ils se ressemblent tous. Ils ont tous un processeur deux cœurs d'Intel (entre 1,66 et 2,0GHz), un disque dur à 5400 tr/min (120 ou 160 Go), une mémoire de 2Go, un graveur CD/DVD, un écran de 15", etc. Ce sont sur les options que des différences sont notables.

Les ordinateurs disponibles chez Bureau en Gros offrent bien peu d'options, alors que ceux de chez Dell ou MDG en offrent davantage. L'Inspiron de Dell peut être livré avec Microsoft Office 2007 Étudiant alors que le VisionBook L vient avec deux suites de logiciels. Cependant, un grand nombre de logiciels n'est pas nécessairement un avantage et pour le moment, impossible de savoir si lesdits logiciels livrés avec le VisionBook L sont disponibles en français.

Chacun a ses avantages et ses inconvénients. L'Inspiron de Dell est configurable et il est facile d'arriver à un produit plus avantageux que le VisionBook L pour un prix légèrement moindre. Cependant, les produits de Dell sont tous confectionnés en usine et il faut donc compter un délai de livraison. Pour le moment, impossible de connaître la durée du délai. Les produits MDG sont, quant à eux, disponible le jour-même, selon leur site web.

À cet instant, je favorise l'Inspiron de Dell. Peut-être devrai-je attendre un peu avant de pouvoir en profiter, mais d'après la configuration qui me plaît, l'Inspiron me reviendrait à 127.68$ de moins que le VisionBook L de MDG. Pour un étudiant, c'est une grosse différence.

Après mon cours de ce matin et l’investiture de ma chambre à l'UQÀM, j'irai probablement rendre une petite visite aux succursales lavalloises de Dell et de MDG, question de faire un pas de plus vers ma prise de décision.

mercredi 8 août 2007

Une excellente chose de réglée!

Je suis assuré d'avoir un toit à proximité de l'UQÀM pour les sessions d'automne 2007 et d'hiver 2008. C'était l'aspect de ma rentrée qui me tracassait le plus. Comme ma volonté n'est pas à toute épreuve — comme le disait si bien Maxime Martin, «ça se vend pas en capsule, la volonté!» —, j'aurais éprouvé bien de ennuis à faire presque 2h30 de route par jour pour mes études et la vie en colocation n'était pas dans mes solutions envisageables.

Mais bon, je peux respirer. À défaut d'avoir un studio directement collé sur les pavillons principaux de l'UQÀM (situé dans le carré Sanguinet—Renée-Lévesque—Maisonneuve—Berri), j'ai obtenu une chambre dans les résidences près du pavillon Président-Kennedy, à seulement deux stations de Berri-UQÀM.

Une excellente chose de réglée!

vendredi 6 juillet 2007

Je suis encore en vie...

... et officiellement inscrit au baccalauréat en histoire à l'UQÀM, qui a mis en ligne un site web pour «mieux comprendre la situation financière». Je ne l'ai pas lu encore. Depuis quelques jours, c'était davantage mon choix de cours qui me préoccupait que la situation financière de mon université. Ceci dit, comme je l'ai mentionné dans un autre billet, le gouffre financier de l'UQÀM est loin de me laisser indifférent.

Une autre chose qui n'est pas sans m'inquiéter un peu, c'est cette menace de grève pour l'automne qui planait lors de la dernière campagne électorale. Étant donné que deux partis en faveur du dégel des frais de scolarité occupent le haut du pavé du pouvoir à Québec, quel sera le choix des membres de mon association étudiante ? Quant à ma position, elle n'a pas changée: je voterai contre le débrayage, mais si cette option était adoptée, j'y participerai comme s'il s'agissait de ma décision.

Programme oblige, tous mes cours seront des cours d'introduction, ce qui est quand-même très logique. Des cours d'introduction que j'ai suivis en tant qu'étudiant libre, celui sur l'histoire des États-Unis est le seul que j'envisage de reprendre. D'ailleurs, je suis soulagé que l'enseignant de cet automne ne soit pas le même que celui de ce printemps; ce n'est pas qu'il était incompétent, au contraire, mais mon orgueil sera ainsi épargné!

À ce cours sur les É.-U. s'ajoutent ceux concernant l'Europe moderne (fin XIVe siècle à 1815), l'Europe contemporaine (1815 à aujourd'hui) et le Canada d'avant la confédération. Enfin, le cours qui est la base de tous les autres, celui d'initiation au travail historique, pour un total de cinq cours et 15 crédits.

Ce sont douze crédits obtenus en tant qu'étudiant libre que je compte faire accréditer dans le cadre de mon baccalauréat. Je ne ferai pas reconnaître celui que j'ai suivi sur les autochtones du Canada (jusqu'au XIXe siècle), car la note que j'ai obtenue est loin de me satisfaire. Peut-être que je le reprendrai, peut-être que non. Quant au cours sur la Rome antique, que j'ai également échoué ce printemps, ce sera avec beaucoup de plaisir que je le suivrai une seconde fois, au cours d'une session ultérieure.

Finalement, compte-tenu de ma situation financière, je ne pourrai pas effectuer de réservations à l'une ou l'autre des deux résidences universitaires avant le premier août. J'espère qu'il restera de la place, car un studio en résidences représente pour moi la meilleure — et presque la seule — option.

mardi 19 juin 2007

Une bonne, une moins bonne et une contrariante nouvelle

La bonne nouvelle, c'est que la période d'inscription — différente de la période d'admission — pour les nouveaux admis au baccalauréat en histoire de l'UQÀM est étirée jusqu'au 13 juillet. Originalement, je devais m'inscrire entre le 28 mai et le 1er juin, mais pour des raisons essentiellement financières, je n'ai pu respecter cet intervalle.

La moins bonne nouvelle, c'est que l'Aide Financière aux Études, du Ministère de l'Éducation, ne m'aidera pas à réserver une chambre en résidences. Pour effectuer une telle réservation, il faut déposer l'équivalent d'un mois de loyer (465$), par mandat postal ou chèque visé. Je devrai revoir mon budget, déjà très serré, afin d'assumer moi-même ce dépôt.

La contrariante nouvelle, c'est que l'UQÀM a déjà commencé les coupures visant à se renflouer. Le premier service à écoper est le Centre de formation sur l'enseignement en milieux défavorisés. Pour la suite, ce sont des programmes entiers qui sont envisagés, entre autres solutions. Même si je ne crois pas que les programmes en histoire soient en danger, je crains que la bibliothèque, qui offre une collection présentement vétuste et maigre (dans le sens de la précision, pas nécessairement de la quantité), se voit rogner son budget.

L'étudiant en histoire passe environ 80% de son temps consacré aux études dans les livres, à effectuer des recherches et préparer des dissertations. Jusqu'à date, tous les professeurs que j'ai eus mentionnent qu'une visite à l'UdeM est presque inévitable, la bibliothèque de l'UQÀM ne suffisant guère. J'ai l'impression que ce ne sera pas demain que les professeurs cesseront de répéter cette mention. Malheureusement, les déplacements à l'UdeM sont onéreux en temps et en argent.

M'enfin, ce pourrait être pire. Je pourrais ne pas avoir la chance (ou le droit) d'aller à l'université.

jeudi 19 avril 2007

Ça devait arriver

Je devrais plutôt dire que je me «doutais» que ça allait arriver. À la session d'automne 2006, je commençais déjà à avoir de la difficulté à concilier mes études libres et le reste de mon existence. Pour la session d'hiver 2007, je n'ai tout simplement pas été capable. Ou plutôt, je n'avais plus l'énergie. Le résultat est donc le suivant: j'ai échoué dans mes deux cours cette session-ci.

Je ne vais pas étaler tous les facteurs qui ont mené à cet échec purement statisque. Ça donnerait une fausse impression de complainte alors qu'en réalité je ne désire pas du tout me plaindre. Comme j'ai écrit, cet échec est purement statistique, alors que globalement, j'ai réussi à atteindre les objectifs que je m'étais fixé.

Mon objectif premier était de prendre mon avenir à main. Le moyen que j'ai choisi était de retourner aux études dans un domaine que j'adore, l'histoire. Mon deuxième objectif était d'accumuler 15 crédits afin de pouvoir m'inscrire à temps plein dans un programme en septembre 2007. Je devais donc avoir ces 15 crédits à la fin de ma session d'automne 2007.

Mon acceptation en histoire pour septembre prochain signifie, pour moi, l'atteinte de mes deux objectifs. Mon seul objectif pour l'hiver 2007 était de me garder actif, alors de ce point de vue, je l'ai également atteint.

Je vais profiter des quatre prochains mois pour besogner un peu, question de me faire un peu d'argent, et pour bien me préparer pour ma rentrée officielle en septembre.

vendredi 23 mars 2007

Raison 4.1

Sur son blogue, Louis dresse la liste des dix raisons pour lesquelles il votera pour le Parti Québécois le 26 mars prochain. Ses motivations ressemblent sensiblement aux miennes et, en ce qui me concerne, je dois faire un ajout à la raison #4 de Louis que voici:
«Parce que le PQ assure le gel des frais de scolarité. Augmenter ces frais, c’est augmenter le décrochage scolaire et augmenter la pauvreté. Boisclair a raison de faire de l’éducation sa priorité, et ce message me rejoint.»
Voici donc ma raison 4.1:
«Empêcher mon association étudiante de déclencher une grève générale illimitée à l'automne 2007 dans le but de protester contre le dégel des frais de scolarités.»
En septembre, ça fera deux ans que j'attends pour faire mon entrée à temps plein à l'UQÀM. Je suis dans la mi-vingtaine, donc je désire réaliser mon baccalauréat dans les délais les plus courts possibles. Bien que la question des frais de scolarités ne me laisse pas indifférent et que je souhaite être solidaire envers mes collègues étudiants, je n'ai pas envie de retarder ma graduation à une date aléatoire à cause d'une grève.

Je suis imparfait et parfois, je peux faire preuve d'un tel égoïsme.


24 mars 2007, mise à jour ici.

lundi 12 mars 2007

C'est une belle journée parce que...

Je viens de recevoir une lettre de l'UQÀM m'informant que je suis accepté à temps plein dès septembre 2007. Je dois passer un test d'aptitude en français, mais je n'ai pas trop de difficultés en français, alors l'affaire est dans le sac.

Ouf! [long soupir de soulagement suivit d'un large sourire]

Qu'elle belle journée :-D

mardi 20 février 2007

Mauvaise note, bonne nouvelle

J'ai finalement reçu ma note manquante. Le résultat est plutôt moche, mais au moins, j'ai réussi le cours et les 15 crédits nécessaires pour mon inscription à temps plein sont en poche. Quant à mon prêt, le MEQ m'a envoyé un avis m'informant qu'il allait communiquer bientôt avec mon institution financière.

Est-ce le dieu des blogueurs qui a exhaussé mes souhaits après avoir lu mes complaintes électroniques?

lundi 19 février 2007

Une autre dynamique

Cette fin de semaine, j'étais en camp scout avec des Castors, une branche qui accueille les enfants de 7 et 8 ans. Moi qui suis habitué avec les 12-14 ans, les Castors représentent une toute autre dynamique, différente également des Louveteaux (9-11 ans) que j'ai animés pendant trois ans avant de passer aux Éclaireurs.

Dynamique différente, mais pas moins intéressante. Ce n'est pas le groupe d'âge avec lequel je m'épanouirais en tant qu'animateur, mais je comprends un peu mieux maintenant pourquoi des adultes désirent animer cette branche durant de longues années. Même si je conçois tout le bien que peut apporter la branche Castor aux jeunes, je me questionne toujours sur le rôle que joue la présence de la branche Castor dans la baisse de membership des branches aînées, les Éclaireurs et les Pionniers.

Mais ça, c'est un débat qui anime le monde du scoutisme québécois depuis quelques années déjà.

L'UQÀM, quant à elle, ne semble pas changer de dynamique. Les lecteurs réguliers de ce blogue auront deviné que j'attends encore et toujours que l'administration de l'université fasse son travail. Ma troisième rencontre avec le bureau de l'aide financière n'a visiblement rien changé à mon état et le résultat scolaire que j'attends impatiemment n'est toujours pas comptabilisé.

J'ai la désagréable sensation que si j'étudiais à temps plein, tous mes problèmes seraient déjà réglés, tant du côté de l'UQÀM que du MEQ. Sur le site du Ministère, les étudiants à temps partiel sont carrément lésés, n'ayant pas accès aux mêmes outils que les étudiants à temps plein, dont le formulaire qui me permettrait d'apporter moi-même les changements à mon dossier. N'ayant pas accès à ce formule, je devrai rendre une autre visite au bureau de l'aide financière de l'UQÀM demain. J'ai cependant la ferme intention de ne pas quitter le bureau avant que le travail ne soit accompli cette fois.

Non mais, ça suffit, le niaisage!

mardi 13 février 2007

Jamais deux sans trois?

Ce midi, je me suis rendu au service de l'aide financière de l'UQÀM afin de savoir ce qu'il en était de ce fameux prêt que je n'ai toujours pas reçu. J'ai eu de la difficulté à retenir mon soupir lorsque la préposée m'informa qu'aucune nouvelle information n'avait été ajoutée à mon dossier, malgré mes deux visites antérieures.

La préposée d'aujourd'hui a procéder exactement de la même façon que les deux dernières fois. Comme les deux dernières fois, le service de l'aide financier n'est pas en mesure d'envoyer directement les informations au Ministère et comme les deux dernières fois, je dois attendre que quelque chose se passe. Un courriel ou un dépôt direct.

Jamais deux sans trois, dit-on. Et bien, j'espère que cette troisième fois sera la dernière, car bien que je ne sois rancunier envers personne, ma patience s'effrite.

lundi 12 février 2007

Enfin

J'ai finalement obtenu une réponse de mon professeur (voir ici) et mon résultat devrait apparaître dès cette semaine sur mon relevé. Ne me restera plus qu'à régler cette histoire de prêt du Ministère, et même si cet obstacle à mon inscription à temps plein en septembre n'est pas insurmontable comme l'était une mention d'échec à mon relevé de notes, j'apprécierais beaucoup recevoir cet argent le plus tôt possible.

Quand même, je respire un peu mieux.

vendredi 9 février 2007

Sur Cyberpresse

J'ai lu une opinion sur Cyberpresse qui démontre que parfois, les gens se prononcent sans savoir de quoi il parle. L'auteur d'une opinion sur les étudiants universitaires prétend qu'il n'en coûte que 120$ par année pour étudier à l'université. La réalité est toute autre, puisqu'il en coûte environ 1953$ par année (deux sessions de 4 mois chacune) uniquement en droits de scolarité.

Lorsque je serai à temps plein à partir de septembre 2007, je vais entièrement me consacrer à mes études. Il en coûte trop cher d'échouer pour que je prenne le risque. Je devrai habiter en résidence à raison 465$/mois (3720$/année), je devrai me nourrir à raison de 200$/mois (1600$/année), je devrai probablement me promener entre les universités montréalaises et donc me procurer une TRAM à 74.50$/mois (596$/année), mes frais connexes en matériel me coûteront au moins 250$/session (500$/année).

Faisons maintenant le calcul pour l'année:

1953.00$
+3720.00$
+1600.00$
+0596.00$
+0500.00$
=8369.00$

Pour la même année, je suis admissible à un prêt de 2440$ et une bourse de 5883$ par le Ministère de l'éducation. Je peux survivre et me concentrer sur mes études. Je devrai vivre comme un moine, c'est à dire cloitré, sans grandes possibilités de revenir à la maison familiale les fins de semaine ni de décompresser via une ou deux sorties au cinéma par moi.

Les étudiants qui se prononcent sur le dégel des frais de scolarités ne le font pas tous avec des intentions égoïstes.

En tentant de démontrer que l'argent n'est pas un obstacle aux études universitaires, Statistique Canada fait exactement le contraire. Selon SC, seulement 31% des jeunes de 19 ans issus de familles ayant un revenu inférieur à 40 000$ fréquentent l'université, contrairement à 50% des jeunes du même âge issus de familles ayant un revenu supérieur à 82 000$.

Dans le même article, on lit:
D'après l'étude, cet écart est attribuable à 84 % à des facteurs de long terme : notes scolaires, qualité de l'école secondaire, niveau d'études et attentes des parents. Les contraintes financières au moment d'entrer à l'université ne seraient responsables que pour 12 % de cet écart.

«Les familles à faible revenu, explique le chercheur, achètent souvent moins de livres, vont moins au musée, les parents insistent moins sur l'importance des études universitaires. Ce sont là des hypothèses pour expliquer que les jeunes de milieux défavorisés ont de moins bons résultats scolaires.»
On parle ici de «contraintes financières au moment d'entrer à l'université», alors qu'on aurait du dire «les frais de scolarités au moment d'entrer à l'université». En effet, les contraintes financières peuvent ne pas directement venir de l'université. Il est vrai que les frais de scolarité ne représentent pas l'obstacle principal au moment d'entrer à l'université, mais l'étude démontre que la plupart des jeunes issus de familles à faibles revenus ne se rendront même pas jusqu'à cet obstacle.

Tout est une question d'argent et même si les études primaires et secondaires sont gratuites, les activités périphériques favorisant la réussite scolaire ne le sont pas.

Lorsque l'étude explique que seulement 8.5% des jeunes ne fréquentent pas l'université en raison des frais de scolarités, Statistique Canada omet de mentionner le pourcentage des 91.5% autres répondants qui ignorent quels sont les frais de scolarités et les dépenses connexes.

La peur que la plupart des étudiants ont n'est pas de devoir sacrifier leur IPod, leur voiture ou autres jouets du genre. Leur peur, du moins c'est la mienne et je sens qu'elle est partagée pour beaucoup d'autres, c'est que la hausse des frais de scolarités n'entraînent pas également une hausse de l'aide financière et des mesures favorisants — et non contraignant à — la réussite.

Le système laisse à eux-mêmes les étudiants du primaire et du secondaire, on ne désire pas que cela se produise également au cégep ou à l'université.

jeudi 8 février 2007

Un courriel au département

Après un second courriel infructueux, j'ai décidé de m'adresser directement au département d'histoire afin de savoir ce qu'il en était de ce résultat final qu'il me manque.

Pour ce qui est de mon prêt étudiant, il doit encore y avoir une information primordiale qui m'a échappée. Je n'aurai probablement pas le temps d'aller au service de l'aide financière aujourd'hui, mais si je n'ai rien reçu demain ou que mon dossier n'a pas évolué au MEQ, je n'aurai plus le choix que d'aller les "achaler" une troisième fois.

Est-ce que le dégel des frais de scolarités permettra de simplifier la vie des étudiants? Si oui, alors qu'on les dégèle sur-le-champs.

mardi 6 février 2007

Je ne la trouve pas drôle

Je vous expliquais en janvier que j'avais reçu l'une des deux notes finales que j'attendais pour la session d'automne. Aussi, j'attendais impatiemment la deuxième note ainsi que mon prêt étudiant. Et bien, presque deux semaines plus tard, je les attends tout aussi impatiemment.

Le MEQ a modifié mon dossier le 26 janvier et sept jours ouvrables plus tard, je n'ai toujours rien reçu. Quand à ma deuxième note, j'ai demandé par courriel ce qu'il en était et 6 jours ouvrables plus tard, je n'ai toujours pas reçu de réponse.

Je ne la trouve pas drôle.

D'abord, sur mon relevé de note apparaît un échec, ce qui est inconcevable en ce sens qu'avant les arrangements pris avec mon prof, il ne me manque que 2 points pour réussir le cours et que j'avais une possibilité d'aller chercher 40 points en remettant les travaux manquants. Je ne peux concevoir avoir rater à ce point lesdits travaux pour ne pas récolter au minimum les 2 points manquant à ma réussite.

Si cet échec n'est pas remplacé rapidement, je pourrai dire adieu à mon inscription à temps plein pour l'automne. Comme j'ai mis tous mes oeufs dans le même panier, par dépit et non par choix, les conséquences seraient assez négatives pour moi si je ne parviens pas à m'inscrire à TP pour septembre. La date limite de l'inscription est le 1er mars 2007.

Ensuite, je crains qu'il me faille régler mes dettes envers l'université avant de pouvoir procéder à mon inscription. Le seul moyen pour moi d'y parvenir est de recevoir mon prêt du Ministère. Je n'ai pas les moyens financiers de régler mes dettes avant le 1er mars.

Non, je ne la trouve vraiment pas drôle. Cela signifie que je passerai probablement toute la journée de mardi à parcourir l'université afin d'essayer d'avoir une idée de ce qui se passe peut-être.


dimanche 4 février 2007

Démocrates versus Républicains (1)

Dans son dernier commentaire, Radiocrochet (M.C.) me demandait:
A cause de mes activités, je suis souvent appelée à "commenter" ce qui se passe aux Etats-Unis et j'ai du mal à différencier les deux partis "républicain" et "démocrate" , selon votre analyse , ,ils ont l'air de se confondre "un tantinet"!
Où est la grande différence?
La seule réponse que je peux vous fournir, M.C., est celle d'un Québécois qui observe ce qui se passe de l'autre côté de la frontière.

Avant tout, il faut comprendre que les États-Unis demeurent un pays conservateur et qu'une observation des mœurs politiques états-uniennes ne seraient être «juste» sans en tenir compte.

En théorie, les Républicains sont conservateurs, donc de droite, et les Démocrates sont progressistes, donc de gauche. En réalité, les Républicains s'inscrivent généralement tous à droite, alors que les Démocrates se tiennent au centre, avec des membres des deux côtés.

La plus grande différence qu'on peut observer est la suivante: les Républicains encouragent l'individualisme alors que les Démocrates encouragent le collectivisme. Ceci explique pourquoi les Républicains sont favorables à une décentralisation des pouvoirs et les Démocrates, à une centralisation des pouvoirs.

Les Républicains prônent de plus grandes libertés personnelles, mais également de plus grandes responsabilités personnelles. Par exemple, seul l'individu choisit ou non de porter une arme, mais s'il commet un crime, on considère qu'il en est l'unique responsable. On observe cette philosophie dans certains états du sud où même des personnes gravement atteintes psychologiquement se retrouvent sur la chaise électrique. Pas de zones grises sur les libertés personnelles, pas de zones grises sur les conséquences.

Les Démocrates prônent une plus grande importance du fédéral, quitte à brimer certaines libertés personnelles. Par exemple, les Démocrates sont plus favorables à une forme de «fédéralisation» du système de santé, ce qui pourrait garantir à tous un accès égal aux soins de santé et aux médicaments, mais aussi leurs libertés, considérant qu'aux États-Unis, un homme riche est libre de passer devant un pauvre et ainsi désengorger le système public, redonnant une certaine liberté aux pauvres.

L'individualisme républicain s'inscrit aussi dans l'économie. L'individu est le seul acteur de sa réussite économique et afin de favoriser cette réussite, l'individu doit rencontre le moins de régulations possible. Les Démocrates, quant à eux, favorisent de plus importantes régulations afin d'aider les plus pauvres à améliorer leur situation économique. Ceci explique pourquoi les Républicains adorent le libre-échange alors que les Démocrates adoptent un comportement plus retissant à son égard.

Les différences se font sentir sur d'autres points.

Les Républicains sont en faveur du libre port d'armes, d'une exploitation forte du pétrole, de l'interventionnisme unilatéral, d'une intervention chrétienne dans la politique du pays, du libre choix des écoles en matière d'enseignement (prenons l'exemple du «Dessein intelligent»), de la peine capitale et de la torture. Ils sont contre les unions homosexuelles, l'avortement, le régime de santé public, les recherches sur les cellules souches et ils sont contre des mesures environnementales globales, préférant laisser aux états et aux corporations le soin de choisir eux-mêmes la nature de leur implication environnementale.

Les Démocrates sont en faveur d'un meilleur contrôle des armes, des sources d'énergies renouvelables, d'une plus grande laïcité politique, de l'avortement, d'un régime de santé public, des recherches sur les cellules souches et des mesures environnementales plus sévères. Ils sont contre l'interventionnisme unilatéral, l'intervention de la droite chrétienne dans les matières scolaires et la torture (même à des fins de sécurité nationale). Les Démocrates ne sont pas nécessairement contre la peine capitale, mais contrairement aux Républicains qui favorisent une forte répression, les Démocrates favorisent une forte prévention.

Les Démocrates sont divisés sur les unions homosexuelles, tout comme sur le fameux Patriot Act. Cet acte cause des différences au sein du parti sur la question du droit à la vie privée, que les Démocrates protègent habituellement. Si certains croient que ce droit est absolument inviolable, d'autres considèrent qu'en les circonstances (attentats du 11 septembre), l'inviolabilité n'est plus.

(à suivre)