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vendredi 21 décembre 2007

Marois et Charest au fil d'arrivée, Dumont distancé

Le semestre d'automne de l'Assemblée nationale a été assez intéressant et surprenant. Ce ne sont pas les positions des différents partis qui furent surprenantes, mais la façon dont les partis se sont disputés la première place dans ce qui n'est qu'une autre séance de qualifications avant les prochaines élections. Au terme du dernier tour de piste, le Parti québécois et le Parti libéral sont au fil d'arrivée alors que l'Action démocratique se laisse distancé.

Le Parti libéral a démarré le semestre en bien mauvaise posture. Grand dernier dans les intentions de votes de septembre avec seulement 24%, il termine au deuxième rang avec 30% en décembre. Cet exploit est celui de Jean Charest et de lui seul. Il a su se mettre à l'avant-scène dans la crise de l'industrie forestière. Il a su éviter à Julie Boulet un lynchage en règle et sauver l'essentiel de son projet de loi sur la sécurité routière. Enfin, il est parvenu à pousser dans l'ombre un Philippe Couillard trop ambitieux à son goût.

Le projet de loi modifiant la loi sur la sécurité routière, l'intention de ramener à Québec le registre des armes à feu si Ottawa l'abandonne et les critiques à l'égard du gouvernement fédéral, notamment sur la crise forestière et sur l'environnement, sont des facteurs ayant fortement aidé la remonté des libéraux. Cependant, son refus de débattre du projet de loi sur l'identité québécoise, présentée par le PQ, son entêtement à implanter un port méthanier à Lévis et le retour bâclé des bulletins chiffrés ont assombri les réalisations du PLQ.

Alors qu'il était premier en août, le Parti Québécois a commencé le semestre en seconde place avec 30% des intentions de votes. En regardant les intentions de décembre, le PQ ne semble pas être un si grand vainqueur du semestre. En fait, son pourcentage a moins augmenté que celui du PLQ (+6%) et bien que meneur, son avance sur le PLQ est présentement le même que l'avance que l'ADQ avait sur lui en septembre (+4%).

Pourtant, à la tête du parti, Pauline Marois fut la plus performante des chefs. Malgré une bévue en campagne, Mme Marois remporte une élection qui fut à la fois une solide marque de confiance de la population envers elle et une certaine revanche sur l'ADQ. Son entrée à l'Assemblée fut faite d'un pas déterminé, ce qui a laissé transpirer l'assurance et le leadership. D'ailleurs, il semble régner au PQ une unité qui avait quitté le bateau depuis des lustres.

Après sa victoire, Mme Marois avait déclaré qu'elle voulait reprendre à son compte certains enjeux, dont celui des accommodements raisonnables. Sur ce dernier plan, nul besoin de procéder à une analyse en profondeur pour y voir le succès. D'un seul projet de loi, le PQ a réussi quatre choses: faire parler de lui (essentiel pour un tierce parti), entrer dans les bonnes grâces des Québécois, couper l'herbe sous le pied de Mario Dumont et démontrer les intentions immobilistes du gouvernement Charest sur la question.

La seule tache à son dossier: sa maîtrise plus que déficiente de l'anglais. Une tare qu'elle a su transformée à son avantage.

En septembre, l'Action démocratique était en tête des intentions de votes avec 34%. Son seul véritable bon coup fut d'ailleurs concrétisé en septembre, alors que Mario Dumont osa présenter un adversaire contre Mme Marois dans la circonscription de Charlevoix. Plusieurs électeurs ont interprété ce geste comme un réel souci de démocratie de la part de M. Dumont, alors que la tradition de laisser gagner par défaut un chef de parti est considéré comme anti-démocratique pour les électeurs du compté où se présente ledit chef.

M. Dumont a déclaré, dans son bilan, que "l'action du gouvernement a été nettement influencée par le programme de l'ADQ". La grande erreur de l'ADQ fut d'ailleurs de laisser ses adversaires démontrer aux Québécois qu'ils étaient plus aptes à respecter les engagements adéquistes que les adéquistes eux-même. M. Dumont a notamment perdu des plumes lorsque Mme Marois a déposé son projet de loi, car il a alors commis deux incohérences: marcher main dans la main avec le PLQ, ce qu'il a toujours reproché au PQ de faire, et embrasser sa réputation de girouette aux yeux d'une partie de l'électorat.

Car mis à part les partisans adéquistes très impliqués dans le parti, ce revers de la main du projet de loi Marois paru comme étant un désaveu de ce que l'ADQ prônait à pareille date l'an dernier.

Le résultat est que l'Action démocratique termine l'année en troisième place dans les intentions de votes avec 26%. Toutefois, l'ADQ n'est pas descendu aussi bas que le PQ l'était à la sortie des dernières élections (23%) et c'était d'ailleurs avec 26% qu'il avait entrepris celles-ci. Ce parti peut très bien rebondir, en autant qu'il clarifie ses positions (et qu'il s'y tienne) et que M. Dumont laisse plus de place à ses députés, pas seulement Sébastien Proulx (un plus) et Gilles Taillon (un moins).

Les intentions de votes sont à l'image de ce qui résulte de ce semestre. Le Parti québécois coiffe le Parti libéral au fil d'arrivée, malgré un impressionnant sprint de ce dernier. Quant à l'Action démocratique, elle s'est laissée distancer dans le dernier tour. Ceci dit, si une élection devait avoir lieu au printemps, les trois principaux partis partiraient sensiblement sur la même ligne.

Les données statistiques sont celles de CROP, telles que présentées sur le site de QuébecPolitique.com. Combinées aux résultats des sondages Léger-Marketing, on obtient un meilleur aperçu de l'évolution des intentions, les dates s'intercalant. Le résultat final en demeure cependant sensiblement le même.

mardi 20 novembre 2007

Responsabilité limitée, mais responsabilité quand-même

Lorsque nous sommes animateurs chez les Scouts, notre niveau de responsabilité face à la sécurité des jeunes change en fonction du groupe d'âge. Ainsi, le niveau de responsabilité imputable à des animateurs chez les Castors (7-8 ans) est plus élevé que celui imputable à des animateurs chez les Pionniers (15-17 ans). Plus les jeunes sont âgés, plus la responsabilité des adultes est limitée.

Dans certains districts, le port du couteau en permanence est strictement interdit chez les Louveteaux (9-11 ans) alors que son usage est soumis à une étroite surveillance. En cas d'incident, l'équipe d'animation sera plus susceptible d’être pointée du doigt que les jeunes impliqués. En revanche, chez les Éclaireurs, le port du couteau en permanence est autorisé et son usage, tout comme l'emploi d'autres outils tranchants, n'est pas soumis à une surveillance aussi rigoureuse. Les jeunes Éclaireurs ont plus d'autonomie, ce qui leurs impute également une plus grande responsabilité envers leur sécurité.

Ceci dit, les animateurs éclaireurs ne sont pas dégagés de toutes responsabilités. Parmi celles-ci se trouve l'obligation de fournir aux jeunes une formation adéquate sur l'utilisation sécuritaire des outils tranchants, y compris le banal couteau de poche. De plus, les animateurs doivent observer le comportement des jeunes avant de les laisser partir seuls avec des outils tranchants. Du moment que les animateurs ont rempli leurs responsabilités, c'est autour des jeunes d'en faire autant.

Les animateurs éclaireurs ont donc une responsabilité limitée, parce que partagée avec les jeunes, mais ont une responsabilité quand-même. Il en va tout autant de la ministre des Transports, Julie Boulet, dans cette affaire d'infractions au code de la sécurité routière.

Il est vrai que c'est son garde du corps qui tenait le volant et qui appuyait sur l'accélérateur. Sa responsabilité est indéniable, car même si les conducteurs se font imposer un agenda, la décision de contrevenir aux lois leur revient. Je crois que si un chauffeur respecte les lois, il obtient un argument de poids pour en appeler d'un possible congédiement pour avoir refusé d'accommoder son député de patron.

Compte tenu de sa position et du projet de loi qu'elle présente, Julie Boulet avait la responsabilité d'exiger de son conducteur le respect des lois actuelles et projetées. Sachant que les chauffeurs de députés se font régulièrement imposer des agendas qui, face au risque de perdre leur emploi, gravent en eux des habitudes difficiles à perdre, elle se devait de surveiller avec vigilance la conduite de son garde du corps, ne serait-ce que pour lui rappeler ses nouvelles obligations et éventuellement le congédier si après un période de temps raisonnable, ce dernier ne répondait pas de façon satisfaisante aux nouvelles consignes.

Elle n'a visiblement, si on le fie au discours qu'elle tient, rempli aucune de ces responsabilités. S'il est vrai que son garde du corps n'est pas à l’abri des blâmes dans cette histoire, la ministre ne l'est pas davantage. Encore plus que son conducteur, elle mérite de subir les conséquences pour avoir failli dans ses responsabilités.

Étant donné que le ministre des Transports doit continuer de tenir un certain discours moralisateur et que l'actuel ministre n'a plus la crédibilité de le faire, elle doit quitter ses fonctions. Le comportement "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais" est tout aussi inacceptable en politique qu'en éducation parentale. Surtout qu'en politique, ce sont des adultes que nous devons convaincre.

vendredi 16 novembre 2007

Il y a toujours des limites

À force de frapper sur la légitimité du Bloc Québécois à Ottawa, ce sont les électeurs de ce parti qui finissent par se sentir attaqués dans leurs droits démocratiques. Les autres partis et leurs partisans peuvent bien questionner la place d'un parti souverainiste aux Communes et chercher à initier des doutes chez les électeurs dans le but de faire basculer le vote, il y a toujours des limites.

Depuis son arrivée à Ottawa, libéraux et conservateurs (un peu moins les néo-démocrates) s'acharnent à attaquer le Bloc sur des âneries telles que l'impossibilité pour lui de former le gouvernement, sur l'essoufflement de l'urgence référendaire, qu'ils confondent volontiers avec un ralentissement inexistant du mouvement souverainiste, et sur la prépondérance qu'il accorde aux questions québécoises.

Les Québécois* ont le droit d'élire un parti qui ne formera jamais le gouvernement canadien, parce qu'ils ont le droit de préférer être dans une opposition qui défend leurs intérêts plutôt que d'être les membres fantômes d'un gouvernement qui n'en a cure des Québécois, exception faite de leurs précieux votes, jetables après usages.

Les Québécois ont le droit d'élire un parti souverainiste à Ottawa, quoique puissent dire et croire les partis nationalistes sur la situation du mouvement souverainiste québécois. Même si les autres provinces se sentent lésées par le fait qu'un parti non coast-to-coast puisse être élu au fédéral, le Bloc est tout aussi légitime que les autres partis. En fait, le Bloc est un parti coast-to-coast qui évite tout simplement de présenter des candidats dans des circonscriptions perdues d'avance. Le résultat est donc le même.

Enfin, les Québécois ont le droit d'élire à Ottawa un parti qui préconise les intérêts du Québec, tout simplement parce que chaque électeur de chaque circonscription de chaque province a ce même droit. En élisant un député, l'électeur d'Edmonton-Est pense d'abord aux intérêts de sa circonscription et de l'Alberta; intérêts qu'ils croient souvent être les mêmes que ceux de l'ensemble du Canada. La plupart des Québécois, eux, savent que les intérêts du Québec se conjuguent mal avec ceux du reste du Canada et cette conscience s'exprime dans leur choix démocratique, qui n'est pas moins légitime et judicieux pour autant.

Quant je vois le comportement des partis nationaux à l'égard du Bloc Québécois, je me mets sérieusement à douter de la légitimité du Canada lorsqu'il donne des leçons de démocraties à la Chine. Soyons réalistes, si les libéraux et conservateurs en avaient le pouvoir, ils interdiraient la présence du Bloc à Ottawa. Le Canada forçant alors les Québécois à voter pour un parti fédéraliste non adéquat, la ligne entre la démocratie canadienne et celles des républiques à suffrage universel n'autorisant qu'un seul parti s’amincirait.

Quant je vois les libéraux et les conservateurs insulter l'intelligence des Québécois bloquistes, incarnée ici par leur choix démocratique, j'ai envie de faire comme Gilles Duceppe et de les traiter de "petits cons", sachant pertinemment que beaucoup de fédéralistes n'en pensent pas moins (et n'en disent pas moins) des souverainistes québécois.

Je suis généralement respectueux envers les politiciens et électeurs, toutes obédiences confondues, mais il y a toujours des limites!

* Ne pas percevoir l'emploi de ce terme pour ce qu'il n'est pas. Je l'ai employé dans le but d'alléger le texte, non pas dans le but partisan de généraliser à tous les Québécois mon point de vue.

lundi 24 septembre 2007

Elle devra saisir sa chance

Pauline Marois a remporté les élections partielles dans Charlevoix par une large majorité, au terme d'une élection durant laquelle son aisance financière fut critiquée par des personnes qui se plaignent que les gauchistes veulent freiner la croissance économique, tant individuelle que collective!

Mis à part le piège dans lequel elle est tombé — c'est à dire de se justifier alors qu'elle n'avait absolument pas à le faire, donnant ainsi un crédit non mérité à de viles allégations —, je suis plutôt satisfait de la façon dont elle rempli son rôle de chef du Parti Québécois.

Cependant, je suis conscient que le véritable test reste à venir alors qu'elle prépare son entrée à l'Assemblée. Elle y rentrera par la grande porte et avec une forte légitimité. Malgré tout, une certaine inquiétude m’habite, et elle ne concerne pas sa capacité à tenir le débat avec ses adversaires politiques, car parmi toutes les pierres que les députés sont prêts à lui tirer, les plus grosses ne se trouveront pas devant elle, mais derrière!

Si les députés du Parti Québécois veulent que Pauline Marois remette le parti sur les rails, dans un élan qui mènera les péquistes plus loin que la gouvernance minoritaire, il leur faudra lui accorder beaucoup d'autonomie et un appui massif. Le plus gros défi des députés du PQ, et par extension, de ses membres, sera certainement de piler sur quelques-uns de leurs intérêts personnels pour le bien du parti et de la cause souverainiste.

Quant à Pauline Marois, sa plus grande épreuve sera de persuader ces députés d'agir ainsi. Elle n’aura probablement qu’une seule chance de le faire et elle devra la saisir.

jeudi 23 août 2007

Difficile de s'en sortir

La communication efficace se définit par deux concepts: l'émission et la réception. L'émetteur doit s'assurer d'émettre un signal, visuel ou auditif, le plus clair possible. Le récepteur doit prendre soin de recevoir le signal et de l'assimiler de la façon la plus fidèle possible. Normalement, tant l'émetteur que le récepteur doit s'assurer que le signal demeure le même entre l'émission et la réception, ce qui implique de dissiper tout doute.

Dans la vie de tous les jours, les Québécois et les Canadiens éprouvent de la difficulté à communiquer de façon efficace. Le plus souvent, c'est parce que personne ne s'assure de la pureté du signal et chacun laisse sa conception personnelle des choses biaiser sa compréhension du signal. Des couples, des amitiés, des alliances entrepreneuriales et autres se dénouent chaque jour à cause d'un problème de communication.

Dans l'univers de la politique, la situation ne peut être que pire, car s'ajoute le facteur partisan. Il devient ardu de communiquer efficacement lorsque le sujet d'une conversation est la politique, que ladite conversation soit tenue entre politiciens, entre politiciens et électeurs ou entre électeurs.

Voilà pourquoi il est malaisé de formuler une opinion nuancée en politique. Le politicien qui émet une opinion nuancée offre inévitablement des munitions à ses adversaires. Ceux-ci récupèreront à leur avantage la partie de ladite opinion leur permettant de renforcer leur popularité auprès de l'électorat, tout en prenant soin d'ignorer la partie pouvant avoir l'effet contraire.

Dans la même avenue, l'électeur qui émet une opinion nuancée risque fort de donner des munitions autant aux politiciens qu'aux électeurs agissant à titre de détracteurs. Le premier interprétera l'opinion dans sa forme la plus biaisée alors que le second est fortement susceptibles de prendre pour un paradoxe ce qui n'est qu'un concept moins extrême, plus modéré, peut-être même plus réfléchi.

C'est là ma façon d'expliquer les différentes opinions qui circulent concernant la guerre en Afghanistan, une intervention qui nécessite certainement plus de réflexion que simplement être pour ou contre. Le problème, c'est que si l'opinion n'est pas radicale, elle ne sera pas reçue fidèlement par le récepteur.

Ainsi, il est dangereux d'afficher son appui aux soldats canadiens, car combien même l'on nuancerait en ajoutant que l'on est cependant contre l'intervention (totalement ou dans sa forme actuelle), notre présent gouvernement l'interprétera comme un appui général à la mission en Afghanistan. En bons politiciens, les membres du Parti conservateur conserveront ce qui leur conviendra et ignoreront le reste.

L'inverse est tout aussi vrai. Une personne qui affiche son opposition à la mission dans sa forme actuelle, mais qui appuierait une mission remodelée, plus équilibrée entre ses aspects protection et reconstruction, verra son point de vue déformée par de nombreux membres du NPD et du Bloc. Ces derniers y percevront, car cela est de leur intérêt, uniquement la partie «opposition à la mission».

De la même façon, il est difficile d'exprimer la profonde réflexion que l'on peut faire concernant cette guerre. La personne qui n'aime pas l'intervention canadienne, mais qui ne veut pas non plus laisser les Afghans aux mains des talibans, devient pro-guerre pour les pacifistes convaincus et un pacifiste égoïste et pleurnichard pour les pro-interventionnistes persuadés.

Je crois que la perversion des opinions peut expliquer pourquoi nous voyons beaucoup de gens s'afficher totalement en désaccord avec la mission afghane jusqu'à refuser d'appuyer les êtres humains derrières les militaires engagés. Pourquoi nous voyons beaucoup de gens qui appuient à la fois les militaires et la guerre en Afghanistan, presqu'inconditionnellement. Pourquoi nous voyons peu de gens partager haut et fort leur vision nuancée, parfois tiraillée des choses.

Je crois aussi que cela explique un peu pourquoi, tant sur la blogosphère qu'à l'Assemblée ou dans l'isoloir, la gauche et la droite, tant canadienne que québécoise, semblent à la fois irréconciliables et se méconnaissant royalement l'un l'autre. Le plus désespérant là-dedans, c’est que ceux qui se servent de la radicalisation afin de protéger une partie d'une opinion qui serait autrement plus nuancée le font parce que plusieurs autres se complaisent dans cette communication déficiante.

vendredi 17 août 2007

Allégorie sur la gauche et la droite politique

À quatorze ans, j'ai fait mon entrée dans l'univers de la politique, un sac sur le dos. Avant de mettre définitivement les pieds dans ce monde rocambolesque, qui donne parfois la migraine, je devais m'arrêter au poste de triage. Devant le vieil homme à l'air sévère, de petites lunettes carrées sur le bout d'un nez aquilin et des cheveux argentés éparpillés sur un énorme crâne nervuré, je vide le contenu de mon sac: valeurs, aspirations, qualités, défauts, quelques épisodes clés de mon éducation, etc.

Le vieil homme se penche sur les facteurs étalés sur son comptoir. J'ai l'impression qu'en plus de scruter attentivement le moindre détail de ce que je lui présentais, le vieil homme reniflait. Sans doute que son long nez lui permet de sentir des choses que ses yeux ne voyaient pas. Pour toute réaction à son examen, le vieil homme, armé d'une grande plume, prend des notes sur un petit parchemin. Je n'arrive pas à lire, car aussitôt écrits, les mots s'effacent, ou plutôt s'enfoncent dans le matériel.

Après une interminable attente, le vieil homme lève sls yeux vers moi et me dit, d'une voix rauque et usée: «À gauche, mon garçon». Il m'explique vaguement que cette direction est celle qui me conviendra le mieux, selon ses profonds et savants calculs. Il termine en me disant que si je le désirais, mon dossier pourrait être réévalué dans quelques années par le secrétaire à la réorientation.

Il semblerait qu'on ait choisi pour moi où je devais me situer sur l'échelle (horizontale) politique. Du côté gauche, un inconnu m'a dit que si je demandais une réorientation, je devrais être certain que la gauche ne me convenait plus. Il est possible de leurrer le secrétaire, mais pas son for intérieur. Si je m'aventure du côté droit alors que ma place est toujours à gauche, je risque alors d'être condamné à continuellement changer de direction, jusqu'à m'en faire des ennemis des deux bords.

Depuis, je n'ai jamais demandé au secrétaire de me réorienter. Ce n'est pas parce que mes valeurs n'ont pas évolué ou que je n'ai jamais senti que la gauche ne me convenait pas. C'est plutôt que les années qui ont coulées depuis mon arrivée m'ont permises de connaître les fondements et les critères d'admissibilités du côté droit. J'admets que certains aspects sont attirants et me conviendraient, mais il semble que l'accès aux côtés vient en forfaits indissociables et exclusifs.

Or, le forfait de droite pervertirait davantage ma véritable nature que le forfait de gauche. Comme plusieurs autres, je reste près de la frontière séparant la gauche de la droite. Je discute avec les gens de l'autre côté qui se tiennent également près de la frontière. Je vois ce qui se passe à droite, je fais miennes quelques-unes des idées qui s'y trouvent, mais tout ça demeure officieux, jamais officiel. Parfois, je recule, me replaçant davantage vers la gauche, mais je ne traverse jamais.

Cette petite histoire raconte comment je me sens à l'intérieur du discours gauche-droite de la politique. À la base, mes valeurs ne sont ni progressistes ni conservatrices; on a déterminé qu'elles étaient majoritairement progressistes, donc de gauche. Au départ, mes valeurs sont tout simplement... mes valeurs. Elles répondent ni à un besoin de progresser ou de conserver quelque chose, mais plutôt à un besoin d'assurer mon bien-être — rien d'égoïste là-dedans, juste un état normal que certains essaient de renier —, qui passe inévitablement par celui de mes proches et de la société dans laquelle j'évolue.

Il est vrai que les partis de gauches répondent mieux à mes aspirations, mais pas à leur totalité. Évidemment, on ne me demande pas d'oublier ou de renoncer à mes valeurs «non-progressistes», mais on ne m'offre pas les moyens de concilier mes valeurs lorsque j'entre dans l'isoloir. La nature de mes valeurs n'étant pas influencée par la performance d'un parti politique de gauche ou de ses politiciens, la gauche, de par sa philosophie, demeure le côté de l'échelle politique qui me convient le mieux et pour lequel je vote.

jeudi 16 août 2007

Une nouvelle Pauline Marois?

De deux choses l'une: soit les Québécois n'ont jamais vraiment donné la chance à Pauline Marois d'exposer sa vraie personnalité avant 2007, soit les deux ans de «congé» de Pauline lui ont permis de prendre conscience de ce qui lui manquait pour s'attirer la sympathie des gens. J'opterais pour la deuxième option.

D'abord de passage à Bons baisers de France la semaine dernière, Pauline s'est également payée une visite sur le plateau de Sucré Salé cette semaine. Deux émissions généralement consacrées à la variété et assez populaires grâce à leur ambiance décontractée et estivale. Lors des deux occasions, Pauline a su démontré qu'elle n'était plus cette femme aux cheveux raides, à l'air renfrogné et le menton si relevé qu'il formait un angle de 180 degrés avec son cou.

Pauline est désormais capable de démontrer qu'elle est d'abord et avant tout une femme, une citoyenne au même titre que chacun des électeurs du Québec. C'est comme si, en baissant le menton, Pauline pouvait maintenant voir les citoyens qu'elle sert, et permettait à ces mêmes citoyens de lire une partie de son âme. Sur les deux plateaux, elle était rayonnante, le sourire volontiers, les yeux pétillants lorsqu'elle parle de souveraineté, mais consciencieux et compréhensifs lorsqu'elle parle de mettre le débat référendaire au rancart pour le moment.

En 2007, Pauline est capable de faire des blagues, de parler dans un français impeccable sans pour autant sembler venir d'une autre planète. Elle partage, ou bien les médias s'y penchent davantage, sa vie en dehors de l'arène politique, nous faisant connaître une Pauline proche de sa famille, qui adore les voyages, pour qui la cuisine est un pur moment de détente et qui aime bien chantonner du Gilles Vigneault. Elle en a même offert un extrait à Guy Jodoin, sans doute le moment le plus extraordinaire de l'émission.

Cependant, Pauline ne semble pas avoir jeté le bébé avec l'eau du bain. Ce qui en faisait la plus redoutable adversaire d'André Boisclair lors de la course de 2005 en fait aujourd'hui la plus redoutable adversaire de Jean Charest et Mario Dumont. Elle est têtue et l'assume. C'est toujours avec la tête haute, mais moins qu'avant, qu'elle entreprend sa rentrée parlementaire, possiblement après avoir traversée une élection complémentaire.

Son franc parler est probablement une chose qu'elle partage avec Mario Dumont, mais elle démontre beaucoup plus de stoïcisme et de sérénité. D'ailleurs, j'ai trouvé que Pauline réalisait un tour du chapeau en sachant nommer les trois défauts d'André Boisclair à Sucré Salé (jeu Vérité ou conséquence); franche, mais compatissante et point insolente. Si André a écouté l'émission, je suis certain qu'il l'a pris pour ce que c'était: d'amicaux et précieux conseils.

Pauline est également une femme d'expérience en politique, ce qu'elle partage avec Jean Charest. Toutefois, je pense que Pauline, celle de 2007, a beaucoup plus de charisme que M. Charest pour communiquer aux autres son expérience. Je pense qu'elle saura démontrer aux Québécois qu'elle connaît et maîtrise assez bien les rouages de la politique pour défendre leurs intérêts.

À une période où, tant la gauche que la droite québécoise exige d'être entendue, Pauline m'apparaît avoir un avantage. En effet, si Pauline parvient à concilier les deux factions de son parti avec un certain succès, elle sera celle qui parviendra le mieux à offrir au Québécois une alternative centralisatrice.

En 2005, je n'aimais pas du tout Pauline Marois. Elle m'apparaissait hautaine, déconnectée, froide et bornée. En 2007, elle m'apparaît davantage comme une femme fière (avec raison), réaliste, chaleureuse et ouverte d'esprit, tout en demeurant déterminée dans ses convictions les plus profondes, dont la souveraineté.

Ceci ne me fait pas oublier le sort que le Québec a réservé à André Boisclair et qui m'a ouvert les yeux sur l'immobilisme de la province. Cependant, le départ d'André me semble moins amer maintenant que je sais que le Parti Québécois se retrouve sous le leadership de Pauline Marois... ce qui ne m'empêchera pas de demeurer vertement critique envers le parti et sa cheftaine.

mardi 17 juillet 2007

Le dilemme Irakien

Dans les villages du désert irakien, des hommes, des femmes et des enfants pleurent des parents. Au nom de la paix et de la liberté, les cadavres qui jonchent les rues ont essuyés tirs et déflagrations à la voiture piégée. Les agresseurs sont autant les libérateurs étatsuniens que les patriotes irakiens. Ces derniers se livrent la guerre entre eux, et pourtant, plusieurs Irakiens doivent croire qu'ils se retrouvent au cœur d'une salve interminable de tirs croisés dont ils sont étrangement la cible.

À dix milles kilomètres de là, des politiciens entament leurs vingt-sixièmes cafés de la journée. Il est 2h35, le matin, et tous portent la coiffure ébouriffée et les cernes marqués à la grosse craie noire. Plusieurs tremblent des doigts où dansent du pied; l'appel de la cigarette est fort, mais les sénateurs démocrates sont déterminés à faire adopter une résolution pour démobiliser une grande partie des soldats engagés en Irak. Il faudra attendre les nouvelles de mardi pour savoir si cette dernière mise en situation se rapproche de la réalité.

Dans les rues de l'«Amérique», les citoyens voient leur pays devenir l'ennemi de la paix, alors que les États-Unis s'étaient toujours efforcés de se montrer comme étant le grand défenseur et pourvoyeur de la démocratie sur terre. Tous connaissent une personne mobilisée dans l'ancienne Mésopotamie, et plusieurs d'entre eux pleurent encore la perte d'un être cher pour une cause qui n'est plus la leur. Leurs pleurs sont muets, ou plutôt, celui qui devrait les entendre fait la sourde oreille.

Ce qui se déroule sur le sol irakien est un véritable dilemme, autant pour les forces d'occupations, le peuple irakien et la communauté internationale. La plupart des personnes en situation d'autorité s'accordent pour dire que «l'Irak est une cause perdue, ou sur le point de l'être». La question n'est désormais plus de savoir si les «États-Unis peuvent gagner, mais comment sortir».

Même si d'ici quelques mois, quelques années, l'armée étatsunienne parvenait à mâter la dissidence chiite, soit par la force inespérément efficace, soit par la diplomatie démocratique, et qu'une paix permanente s'installait en Irak, la mission serait toujours un cuisant échec. Au mieux, un «échec réussi», pour reprendre le qualificatif attribué à la mission Apollo 13, mais rien ne laisse présager que Washington puisse être à même d'envisager parvenir à transformer ce bourbier en quelque chose de négativement positif.

Pourtant, un retrait des troupes n'est pas aussi évident à mettre en œuvre pour Washington. Même s'il constitue un pilier fracturé et fragile, la structure risque de s'effondrer si Sam quitte l'Irak trop rapidement. D'accord, la situation du pays semble déjà écrasée contre le sol, mais aussi difficile à imagine que cela puisse être, ce pourrait être encore pire. Malheureusement, les États-Unis se sont rendus indispensables, ou plutôt, la suite des choses en Irak dépendra de la façon dont le rideau tombera sur la participation étatsunienne. D'ailleurs, la plupart des soldats n'envisagent pas d'abandonner sec un peuple qu'ils côtoient depuis quatre ans.

L'envers de la médaille, c'est que le statu quo ne tient plus et que l'augmentation des troupes engagées serait non seulement inefficace, mais carrément impossible. D'abord, l'Irak s'enligne vers une guerre civile, déjà entamée aux dires de certains, encore plus sanglante que tout ce que le pays a connu depuis 2003. De plus, selon un sondage, les étatsuniens ne «supporterons pas une guerre à l'issue indéterminée pour sauver un pays qui semble incapable de se sauver lui-même». Enfin, les forces armées étatsuniennes seraient sur «le point de s'effondrer sous le poids des contraintes d'une guerre qui a duré plus longtemps que la Deuxième guerre mondiale», dans laquelle les États-Unis n'ont été officiellement engagés que trois ans, de 1942 à 1945.

Quand, mais surtout comment, se terminera l'intervention étatsunienne en sol irakien? Le président Bush n'est certainement pas la personne en mesure de même amorcer un retrait efficace des troupes. Si plusieurs républicains se rangent désormais du côté des démocrates, un vainqueur du GOP au lendemain du 4 novembre 2008 est loin d'assurer ce succès. Quant aux démocrates, la majorité opte pour un retrait intelligent et progressif, mais en pouvant s'appuyer sur une date fixe pour le débuter. Ceci étant dit, une présidence démocrate à partir de 2009 n'écarte pas la possibilité d'un retrait bâclé dû à l'empressement.

À l'heure actuelle se dessine en Afghanistan un croquis semblable à celui qui apparaissait en Irak avant que l'intervention étatsunienne ne devienne le carnage qu'il est. Le Canada en paie les frais et, sans discuter du bien fondé de ces sacrifices, l'unifolié dispose présentement d'une date pour un début du retrait. Ce dernier ne représente pas un dilemme pour l'instant, tout au plus un point de débat en Chambre. Toutefois, si Ottawa ne fige pas l'échéance de 2009 et que la mission canadienne n'est pas révisée, le casse-tête irakien des États-Unis deviendra notre casse-tête afghan. Si tel est le cas, à l'image des États-Unis, le Canada risquerait de perdre beaucoup de plumes et quitter la queue entre les jambes.

Sauf indication contraire, ma source est l'article intitulé «
Bush Losing Gop Support on Iraq» paru sur le site web de MSNBC. En explorant les différentes sources médiatiques étatsuniennes, les thèmes abordés ici sont récurrents, mais l'article de MSNBC.com se veut un bon résumé, selon ma conception.

jeudi 12 juillet 2007

Quel modèle canadien?

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, entreprendra dimanche un voyage en Amérique latine (y compris les Caraïbes) afin d'y promouvoir le «modèle canadien» et «contrer l'influence d'Hugo Chavez», dixit un haut responsable. Mais de quel «modèle canadien» s'agit-il au juste?

Est-ce le modèle de gouvernement conservateur que Harper veut promouvoir? Celui d'un gouvernement qui se voit refuser l'appui d'une presque majorité de canadiens et compte parmi ses appuis ceux d'électeurs qui ne partagent pas les valeurs conservatrices, mais qui votent PC simplement parce qu'ils n'ont pas encore digéré le scandale des commandites?

Est-ce le modèle d'un pays où l'est et l'ouest vivent dans des réalités diamétralement opposées, dont les plus fortes valeurs communes est une quelconque fierté d'être canadien et d'entretenir un lien symbolique, mais ô combien sacré, avec une reine vivant à plus de 5 000 kilomètres d'Ottawa? Lorsque je vois les canadiens manifester leur fierté d'habiter le «plus meilleur pays du monde», je perçois autant de franchise et de vigueur que le sont les canadiens anglophones de se savoir membres de la Francophonie!

Est-ce le modèle de conciliation économie versus environnement? Stephen Harper a vraiment de quoi être fier d'avoir annuler la participation canadienne au protocole de Kyoto, d'avoir fait du Canada la risée internationale lors de la conférence de Nairobi, de laisser l'Alberta devenir un véritable Mordor en ouvrant le vanne de l'industrie des sables bitumeux afin d'enrichir ses amis et assurer aux États-Unis davantage d'arrogance en les fournissant en carburant.

Notons au passage les nombreuses coupures faites dans les subventions aux organismes environnementaux, l'instauration d'objectifs revus à la baisse et dont l'atteinte est repoussée à une ère où il sera définitivement trop tard.

Est-ce le modèle du respect de droits civils et de l'homme? Il est vrai que l'abolition du programme des contestations judiciaires, qui était l'un des trop rares moyens dont disposent les minorités du Canada (dont les canadiens français hors Québec) pour faire valoir leurs droits envers le gouvernement, fut un grand pas pour le Canada.

Le droit à l'information en a également pris pour son rhume, alors que le gouvernement filtre la moindre information destinée aux médias et envoie à l'abattoir des milliers de soldats sans jamais daigner expliquer aux Canadiens pourquoi se sacrifice est utile. Que dire des prisonniers afghans, dont le gouvernement maintient le silence total sur leur traitement, quand ils ne les refilent pas directement à Washington, reconnu mondialement et légitimement comme bafouant les droits de l'homme dans ses prisons d'outremers?

Enfin, ce doit certainement être le fédéralisme d'ouverture que Stephen Harper voudra promouvoir en Amérique latine. Comment traiter avec les factions dissidentes de son état? En prenant des mesures dont le seul impact se limite à celui de l'encre sur du papier, mais qui n'ont en réalité aucune valeur, surtout pas au niveau judiciaire. Parallèlement, il faut que le gouvernement puisse museler au maximum les dissidents qui n'auront pas gobés ses manigances en les bâillonnant lors de conférences internationales, en refusant sa présence dans les organisations mondiales vraiment décisives et en coupant le robinet aux festivals susceptibles de faire rayonner cette culture déviante dans le reste du monde.

D'après-moi, voilà le modèle que Stephen Harper ira promouvoir en Amérique latine: prosternez-vous devant l'oncle Sam et simuler votre indépendance vis-à-vis des États-Unis en envoyant quelques frégates dans les eaux dégelés de l'Arctique... mais laisser l'armée états-unienne faire des simulations sur la partie canadienne des Grands Lacs.

Pendant ce temps, de nombreux organismes demandent à Stephen Harper de ne pas signer d'accords de libre-échange avec la Colombie, brandissant la doctrine «les droits de la personne d'abord». Bien que j'appuie cette doctrine, la vérité va ainsi: Harper a ravalé son sifflet lors de son passage en Chine l'an dernier et depuis, silence radio, excepté pour quelques timides déclarations ne risquant aucune représailles économiques.

Je suis indépendantiste, mais cela ne m'empêche pas d'aimer le Canada, de la même façon que je pourrais aimer n'importe quel autre pays du globe. Mais je n'aime pas le gouvernement de Stephen Harper et je suis triste de voir ce que ce gouvernement fait au Canada. Nous étions des leaders mondiaux et l'image que le monde avait du Canada était cohérente avec ce que beaucoup de Canadiens ressentaient pour le pays à l'unifolié.

Mais tout à changer depuis et c'est dans cet état que Stephen Harper visitera les pays d'Amérique latine la semaine prochaine.

jeudi 21 juin 2007

Pas de quoi en être fier

La session parlementaire vient de se terminer et les trois partis se disent fiers de leur participation.

Jean Charest a vanté ses réalisations, alors qu'une partie a été copiée au programme adéquiste et qu'une autre partie (réductions d'impôts, santé, agglomérations) est loin de faire l'unanimité. Mario Dumont, fidèle à son habitude, s'attribue tout le mérite, alors que son parti a été le plus irresponsable, le plus enfant gâté et celui ayant le moins contribué à maintenir l'Assemblée à flot. Quant au Parti Québécois, il est probablement celui qui ressort le plus fort de cette session mouvement, mais il a joué son avenir et celui de la 38e législature sur un coup de dé. La bisbille interne et le départ d'André Boisclair aurait tout aussi pu être désastreux.

Je ne vois pas en quoi les députés devraient être fiers au terme de cette session. Que la législature ait survécu? D'accord, mais elle n'a pas répondu aux besoins de la population. Le PLQ a davantage cherché à sauver ses meubles, ce qui a donné un incohérent mélange de concessions et d'inflexibilité. L'ADQ était prêt et espérait retourner en élections dès le 27 mars et a bien failli réussir son coup. Le PQ, qui représente 28% des électeurs et une certaine gauche, a préféré laver son linge sale lors des premières semaines de travaux plutôt que d'essayer de remplir son mandat.

Bien sûr, tout n'est pas que négatif. Le retour des bulletins chiffrés et la volte-face concernant la vente du Mont Orford me réjouisse, malgré tout. L'ADQ a peut-être eu un comportement reprochable en chambre, sa présence a forcé le PLQ a adopté ces deux positions adéquistes (celle concernant le Mont Orford est partagée avec le PQ). Même si cela n'est pas suffisant pour prévenir une prochaine tuerie en milieu scolaire, je salue la loi sur les armes à feu. Enfin, même si cela a été dangereux, le PQ a réussi tout un coup en ramenant les projecteurs sur lui et l'arrivée prochaine de Pauline Marois semble lui redonner du souffle.

J'ai bien hâte de voir la suite des choses le 16 octobre prochain. L'arrivée de Pauline Marois amènera-t-elle le PQ à se remettre en selle? Mario Dumont respectera-t-il sa décision de ne pas faire renverser le gouvernement cet automne? Jean Charest sera-t-il capable de mener le gouvernement en étant plus justes dans ses concessions et plus réalistes dans ses positions inflexibles?

C'est à voir!

La dépression: bien en parler

Il n'est pas facile d'exposer aux autres notre situation lorsque nous sommes dépressifs. Les préjugés sont nombreux et ils ont souvent la vie dure. J'en ai moi-même payer les frais depuis que je me sais atteint de cette méconnue maladie.

Beaucoup de gens aiment à croire que la dépression n'est qu'un terme pour masquer ce qui serait, en réalité, une quelconque paresse. Que ceux qui en souffre se plaignent pour peu et qu'il suffit qu'ils se donnent un bon coup de pied au derrière pour se «ressaisir». D'autres ne voient chez les dépressifs que d'habiles manipulateurs, dont les complaintes ne servent qu'à atteindre des objectifs purement égoïstes. C'est pourquoi plusieurs croient que les dépressifs ne sont que des bluffeurs.

Plusieurs personnes confondent également la dépression avec d'autres maladies mentales, telles que le trouble bipolaire (maniaco-dépression), la psychose, les troubles de la personnalité et même, parfois, la schizophrénie. Il suffit de jeter un coup d'œil dans le DSM-IV pour voir que de nombreuses autres maladies sont confondues avec la dépression. De plus, ces maladies sont elles-mêmes affligées de nombreux préjugés, et s'ils sont parfois justes, ces préjugés sont abordés trop souvent hors contexte et par des personnes manquant cruellement de connaissances.

Enfin, les médias, toujours plus assoiffés de sensationnalisme que d'information et de vérité, n'aident en rien à faire connaître la dépression. Au contraire, ils la démonisent en l'invoquant à tord et à travers chaque fois qu'un crime violent est commis. Étrangement, ils ne sont jamais très bavards concernant la feuille de route des «spécialistes» auxquels ils font appel et qui confirment presque toujours les préjugés, habilement pris aux pièges par les questions pré-formatées des journalistes ou simplement habilement choisis.

Malgré tout, je crois qu'il est possible de communiquer sa maladie aux autres et de contribuer à rétablir les faits concernant la dépression. Pour commencer, je dirais qu'il existe deux étapes: celle où l'on expose sa maladie à des fins thérapeutiques et celle où on l'expose à des fins informatifs.

Je doute fort qu'une personne puisse guérir de la dépression en gardant secrète sa situation, ne la communiquant qu'à quelques intervenants, tels qu'un médecin, un pharmacien et un thérapeute. D'ailleurs, si ce dernier et ce premier sont le moindrement professionnels, ils suggéreront d'en parler avec la famille et les amis.

Le but recherché n'est pas d'obtenir de la pitié ni de pouvoir manipuler les gens qui nous aiment. En réalité, les personnes dépressives ont surtout besoin d'être entourées de personnes qui comprennent leur situation, afin qu'elles puissent guérir à un rythme sain et vivre ce qu'elles ont à vivre sans être jugées.

Par exemple, une personne dépressive peut avoir besoin de s'isoler à des moments impromptus, question de laisser sortir une émotion qui doit sortir. Cette même personne peut être amenée à quitter une réunion sociale prématurément afin de faire ce qu'elle doit faire; une personne dépressive bien encadrée saurait ce qu'elle a à faire. Un entourage ignorant la situation de la personne dépressive pourrait alors mal interpréter son comportement.

L'ouverture vis-à-vis de son entourage permet également à la personne dépressive d'éloigner les individus qui pourraient nuire à sa guérison. Cela peut faire très mal, mais conserver dans son entourage une personne dont la mentalité est négative — par rapport à la dépression, va sans dire — pourrait avoir des conséquences autrement plus graves à long terme. Bien sûr, il n'est pas toujours possible d'éloigner une telle personne, s'il s'agit d'un frère, par exemple.

Il n'existe probablement pas de méthode miracle et universelle pour communiquer sa maladie aux proches. Toutefois, je pense qu'il faut partager ce que l'on vit, autant en ce qui concerne les symptômes que les démarches entreprises pour guérir. Démontrer que l'on ne reste pas inactif face à la maladie rassure beaucoup les gens, qui se sentiront moins manipulés et/ou impuissants. Comme la connaissance de sa maladie est le second pas vers la guérison, le premier étant la prise de conscience, je crois qu'il est bien de partager à son entourage les informations que l'on acquiert au court de la guérison.

J'ai moi-même du communiquer ma situation aux personnes qui m'entourent. Certaines personnes ne comprenaient pas la maladie, mais m'ont quand-même soutenu. Alors que je m'attendais à des préjugés péjoratifs de la part de quelques personnes précises, il n'en fut rien. Enfin, j'ai du exclure totalement une personne de mon entourage et réduire mes contacts avec une autre.

Après un certain temps, alors que la guérison s'achève ou que la personne contrôle bien sa dépression (dans le cas d'une dépression permanente et/ou chronique), survient la deuxième étape. Ceux et celles qui y sont rendus savent normalement que leur entourage est informé et compréhensif, mais qu'en est-il des «autres»?

Une personne dépressive ne voit rarement son cercle de relations s'agrandir aux débuts de sa maladie. C'est même plutôt l'inverse qui se produit. Dans certains cas, des dépressifs s'entoureront d'autres dépressifs, dans le cadre de thérapies ou de groupes de soutien. Dans tous les cas, il ne s'agit pas de personnes étrangères à la dépression, des personnes qui sont «fonctionnels» dans la société «normale».

Premièrement, il est bon de clarifier une chose: la discrimination envers les personnes souffrant de dépression est tout aussi inacceptable, légalement parlant, que la discrimination raciale et religieuse. Par exemple, un employeur ne peut rejeter une candidature (ou refuser un retour au travail) sous prétexte qu'une personne souffre de dépression. Il doit d'abord lui donner la même chance qu'à tous.

À l'instar de l'étape thérapeutique, il est important de connaître son sujet. La différence est que, maintenant, la personne est fonctionnelle et ne cherche plus à s'assurer un climat qui favorise sa guérison. Désormais, le but recherché est de combattre les préjugés en informant correctement les gens sur la maladie, normalement dans le but de faciliter la vie des prochaines personnes qui vivront une dépression.

Renart L'éveillé l'a très bien exprimé dans son commentaire sur mon billet Passage obligé: «Plus il y en aura [qui en parlerons], plus ça deviendra accepté, plus les gens se feront soigner. Cette maladie est encore trop tabou.»

Je vais essayer de tracer un portrait bref de la situation. L'opinion publique empêche les politiciens d'aborder franchement la question. Ceux-ci pourraient être plus réceptifs si la demande était assez importante. Or, la demande est faible, parce que trop de personnes refusent de consulter en raison de l'opinion publique. Quant à celle-ci, elle est forgée par de la désinformation, nourrie en partie par le refus du gouvernement (et le système qui en découle) de se pencher sérieusement sur la question, tant au niveau médical que social.

Si les personnes affectées, ou ayant été affectées, par la dépression abordaient plus ouvertement le sujet en société, l'idée que celle-ci se fait de la maladie deviendrait plus juste et plus positive. Ce partage ne jetteraient pas à terre tous les préjugés, mais pourrait donner juste le petit coup de pouce pour engendre un effet domino bénéfique.

À l'étape thérapeutique, je suggérais d'aborder la dépression à la première personne. Pour l'étape informative, je suggère de l'aborder avec plus de détachement. L'auditoire n'est plus composé de personnes ayant à cœur votre bien-être, mais d'étrangers qui n'en ont probablement rien à cirer… pour l'instant. Il serait alors utile d'étoffer le témoignage de renseignements plus scientifiques, plus objectifs et d'y inclure des références.

Il faut être capable d'expliquer les signes avant-coureurs et les symptômes, y compris ceux que l'on n'a pas vécus. Sa propre expérience est utile, mais il faut également savoir où en sont rendus les recherches sur la dépression et quel est l'état des moyens curatifs offerts. Avoir un esprit critique peut démontrer que l'on est attaché à la cause, mais que l'on ne porte pas des œillères nous empêchant de voir le reste. Enfin, être capable de fournir le nom d'un bon site web ou d'un livre de qualité permet aux personnes de vérifier ses dires.

Personnellement, je n'aborde pas la question de front. Je trouve ça trop agressif et ça risque d'avoir l'effet contraire à celui escompté. Je préfère attendre que mon auditoire me connaisse un peu mieux, afin qu'il lui soit plus difficile de laisser les préjugés décider seuls de sa réaction. Je préfère glisser le sujet dans une conversation, laisser venir l'occasion d'en parler. Si les esprits s'échauffent, je ne m'obstine pas. D'autres occasions se présenteront pour que j'approfondisse le sujet avec les personnes de l'auditoire qui sont assez ouvertes.

Il y a des gens avec qui je n'aborderai jamais le sujet et c'est bien ainsi. Je n'ai pas besoin de «convaincre» (le terme est inapproprié, je sais) tout ceux que je rencontre. Je m'éreinterais à la tâche et finirais par être gagné par le désespoir. Si je peux faire changer l'opinion que d'une poignée de gens tout au long de ma vie, alors je serai satisfait.

lundi 28 mai 2007

Un peu de politique

Je n'aborde pas souvent la politique sur ce site depuis quelques temps. Peut-être que je ne considère pas la vie politique des dernières semaines assez intéressantes pour en faire le sujet de mes billets. Mais voilà, cette semaine, l'actualité politique m'offre deux occasions d'en parler.

D'abord, la crise que vit l'Assemblée nationale du Québec. Comme 56% de la population, je ne souhaite pas des élections en juillet. Ce serait comme si la CSD tenait un vote syndical durant les vacances de la construction. L'électorat sera réduit et parmi ceux qui voteront, plusieurs laisseront leur émotivité (mécontentement de voter à 35 degrés centigrades) prendre le dessus sur leur raison, alors qu'un juste équilibre des deux est nécessaire pour effectuer un bon vote.

Quoi qu'il puisse se produire à l'Assemblée ou en coulisses, je jette le blâme sur les trois partis. Par sa décision face au budget, chaque parti défend les intérêts et les valeurs de ceux qui les ont élus individuellement. Mais plus globalement, la collectivité québécoise a mandaté le PLQ, le PQ et l'ADQ de faire fonctionner un gouvernement à trois têtes. Dans cette optique, c'est l'échec, et il est imputable aux trois partis, car chacun d'eux fait juste ce qu'il faut pour mener la 38e législature à la dissolution.

Pour dénouer l'impasse, une idée m'est venue en tête: organiser un conclave. Enfermons tous les députés dans l'Assemblée, verrouillons les portes de l'extérieur et forçons-les à trouver entente. D'accord, mon idée est irréalisable, mais uniquement d'y penser me fait énormément de bien.

En second lieu, le gouvernement Harper nous démontre à nouveau que son «fédéralisme d'ouverture» n'est que de la camelote. En effet, la merveilleuse ministre du Patrimoine, la très charismatique Bev Oda, refuse d'envoyer plus rapidement le financement promis, non exclusivement, au Québec pour les festivals. Ainsi donc, des festivals tels que Juste pour rire et le Festival international de jazz de Montréal pourraient recevoir leur financement en septembre!

Voilà, à mon avis, un autre geste du gouvernement fédéral pour museler le plus possible le Québec sur la scène internationale. D'accord pour que le Québec rayonne, en autant que les rayons ne dépassent pas la frontière canadienne.

vendredi 11 mai 2007

Trop tôt pour appuyer un candidat

Plusieurs blogues ont déjà fait connaître quel candidat à la chefferie du Parti Québécois ils comptaient appuyer. Je respecte ces blogueurs, mais quant à moi, il est encore trop tôt pour que je me prononce.

Ceci dit, ça ne m'empêche pas d'avoir une opinion sur les candidats et possibles candidats

Je ne crois pas que Gilles Duceppe soit l'homme de la situation. Qu'il soit avéré ou non, le «putsch» lui a certainement nuit plus qu'autre chose. C'est le cas concernant la perception que j'ai de lui. Je pense que s'il est élu chef, je doute qu'il réussisse à rallier ceux qui ne l'auront pas choisi.

Pauline Marois est celle qui a le plus d'expérience. Elle était mon second choix en 2005, derrière Richard Legendre. Ce que je n'aimais pas en 2005 était son air hautain qui donnait l'impression qu'elle vivait dans un autre monde que le mien. Mais les récentes minutes médiatiques qui lui ont été consacrées me l'ont montré d'un air plus serein, plus amical. Reste à savoir si elle demeura sympathique et à quel point elle est radicale.

Pierre Curzi représente le lien avec le peuple, lien qui s'est grandement fragilisé depuis quelques années. Mais est-ce que Curzi a l'expérience et le leadership nécessaire pour diriger le PQ? J'en doute. Cependant, son côté artistique lui permettra peut-être d'être électrisant et encourager ainsi le PQ à se diriger plutôt qu'à être dirigé.

Bernard Drainville a sans doute plus d'expérience que M. Curzi, mais son recrutement controversé semble avoir laissé des séquelles dans l'opinion publique. Déjà que certains le trouvait aussi hautain que Mme Marois et M. Boisclair, certains doutent maintenant — et encore, devrais-je dire — d'éthique. Toutefois, je crois que M. Drainville ferait un excellent conseiller si M. Curzi était élu.

Le nom de Joseph Facal revient souvent parmi les candidats potentiels. J'admets sans honte que mes connaissances sur M. Facal sont déficientes. Je n'ai donc pas d'opinion «pré-électorale» le concernant.

En terminant, si François Legault avait accepté de se lancer, il partirait favori dans mon intention d'appuyer un candidat. Malheureusement — mais heureusement pour sa famille et je respecte qu'elle soit sa priorité —, il a décidé de passer son tour à nouveau. Donc, pour l'instant, c'est Mme Marois qui est ma favorite.

Pour l'instant !

mardi 8 mai 2007

Merci André !

Tout le Québec est maintenant au courant: André Boisclair a remis sa démission à titre de chef du Parti Québécois. André — je me permettrai cette familiarité — est certes en partie responsable de son état, mais il est également une victime des circonstances.

Comme AntiPollution le dit, André aura été victime d'une bande de «magouilleurs qui au lieu de se taire, de se fermer la gueule, préfèrent montrer leur égo plutôt que de travailler pour l’indépendance du Québec.»

J'aurais aimé qu'André tienne tête aux magouilleurs. Qu'il impose, pour une fois, au PQ de faire cette introspection qu'il se doit impérativement de faire. J'aurais aimé que les magouilleurs deviennent responsables, qu'ils mettent leur expertise au service du parti par le biais d'André plutôt que de pleurnicher comme le fait présentement Paris Hilton. J'aurais aimé que chacun au parti mette de l'eau dans son vin, se relève les manches et donne son 110% pour la reconstruction du parti, de son programme et de son image.

Mais voilà: le gouvernement est en situation minoritaire et le chef de l'opposition faisait planer l'ombre d'une deuxième élection en 2007. La mauvaise foi de Mario Dumont, qui découvre soudainement des vertus à la monarchie maintenant qu'elle sert ses intérêts très personnels, rendait hasardeux pour le PQ de faire une analyse poussée telle qu'elle devrait le faire.

Vu les circonstances, le départ d'André, aujourd'hui, était la meilleure stratégie possible. Par ce seul geste, il détourne les projecteurs vers le Parti Québécois, rejetant sur Mario Dumont un peu de cette ombre de laquelle il était parvenu à se sortir. L'entrée éblouissante, et politiquement lucrative, que l'ADQ prévoyait n'aura finalement pas été si éblouissante, et donc pas si politiquement lucrative. La journée était celle d'André et toutes tentatives de se l'arroger n'auraient qu'attiré les foudres.

En démissionnant, André accorde un miraculeux sursis aux deux formations écorchées par la dernière campagne électorale. Désormais assuré de ne pas être renversé sitôt, le PLQ regagne du poids vis-à-vis l'ADQ. S'il est vrai que cela permet au PLQ de rester cantonné sur ses positions les plus controversées, cela lui permet également de ne pas tout concéder à l'ADQ.

Quant au PQ, il obtient le temps de se relever, ce qu'il n'aurait probablement jamais obtenu si André était demeuré à la chefferie. Le parti doit non seulement se trouver un nouveau chef, mais il doit également profiter du sursis pour revoir son programme tel que l'avait suggéré André. Maintenant que les magouilleurs ont obtenu ce qu'ils désiraient, ils doivent laisser aux autres péquistes le pouvoir d'obtenir ce qu'eux désirent: un parti revigoré, modernisé et revampé.

Le passage d'André Boisclair à la tête du PQ a été de courte durée, mais essentiel. Son expérience a permis de mettre en lumière les déficiences du parti, en partie à cause de ses propres erreurs. De plus, après la défaite du 26 mars, André a su mettre le doigt sur les nombreux bobos du PQ. Les péquistes ont désormais les outils nécessaires pour remettre le parti — et le projet souverainiste — sur les rails.

Merci André de lui avoir fourni ces outils.

Ne reste plus qu'à espérer que la majorité des péquistes ont l'ouverture d'esprit et le sens autocritique assez développés pour saisir la merveilleuse opportunité qui se présentent à eux. En espérant également que les détracteurs d'André auront assez d'esprit pour voir dans son geste la démonstration que son parti, et la souveraineté, sont prioritaires dans son coeur.

vendredi 4 mai 2007

Laisser-aller économique états-unien

Le laisser-aller économique est une philosophie qui prévoit de minimiser, voire éradiquer lorsque c'est possible, les mesures visant à contrôler l'économie. On offre ainsi une plus grande liberté de mouvements aux gens d'affaires et on laisse miroiter que l'essor économique est accessible à tous. C'est là l'essence même du rêve américain (sic), lequel perdure encore aujourd'hui malgré une réussite très discutable, presqu'utopique.

Les États-Unis d'Amérique ont connu deux grandes périodes de laisser-aller économique, lesquelles sont accompagnées d'une certaine opulence. Mais dans les deux cas, le réveil à été brutal pour les États-Unis.

Après la guerre de Sécession, les États-Unis sont entrés dans la première grande période. Suite logique à l'indépendance états-unienne, cette période s'appelle Gilded Age, l'apogée du capitalisme sauvage. C'est à cette époque que l'expertise états-unienne prend véritablement naissance avec des hommes comme Andrew Carnegie, John Rockefeller, J.P. Morgan et John Deer. Le but des États-Unis est de stimuler une économie intérieure forte, puisqu'à cette époque, le pays est très replié sur lui-même.

L'exemple de Carnegie démontre qu'effectivement, la porte du succès est ouverte à tous. Né dans une famille pauvre d'Écosse, il est pourtant devenu l'un des plus grands entrepreneurs de l'histoire états-uniennes en créant, notamment, la Carnegie Steel Co, qui deviendra plus tard la U.S. Steel Co. Carnegie est se qu'on appelle un self-made man.

Cependant, si la porte était ouverte à tous, elle donnait accès à un espace très restreint, très rapidement rempli de quelques privilégiés. Donc, même si la porte restait ouverte, plus personne ne pouvait rentrer. C'est ce qui s'est passé entre 1865 et 1901 aux États-Unis.

Les self-made men contrôlaient leur production de A à Z, de la matière première aux produits finis. Il n'y avait pas de place pour la sous-traitance. Tous les ouvriers qui participaient à l'élaboration du produit dépendaient directement du grand manitou, lequel profitait sans scrupules d'eux. Les conditions de travail et de vie des ouvriers étaient exécrables, mais l'économie allait bien.

De puissants trusts se sont créés afin de permettre à la poignée d'hommes qui contrôlaient l'économie de la contrôler encore plus. Certains self-made men détenaient des villes entières sur lesquelles ils exerçaient leur joug. Les tentatives de syndicalisations furent de lamentables échecs. Les patrons parvinrent à imposer un syndicalisme patronal, sorte de réponse mesquine à une certaine pression populaire.

Cette période se conclu sur un réveil brutal. L'arrivée du progressisme fut une bénédiction pour la grande majorité des états-uniens, elle représentait, bien évidemment, un recul pour la plupart des hommes d'affaires et la classe dirigeante. Sous Teddy Roosevelt, un républicain étrangement progressiste, des amendements et des lois furent adoptés pour aider les fermiers et les ouvriers.

La deuxième époque du laisser-aller économique se situe entre 1918 et 1929. Ce sont les Années folles, le Roaring Twenties. Après la guerre 14-18, les États-Unis voulurent connaître à nouveau l'essor économique de la Reconstruction (l'après 1865). Le retour des soldats, remplacés par des immigrants et des Noirs dans les usines, créa des remous aux débuts, mais l'opulence économique revint rapidement.

Cette opulence se caractérise par l'arrivée, ou plutôt l'essor massif, d'une pratique économique: le crédit. Effectivement, le crédit existait déjà, mais sa pratique était limitée au monde des affaires. Dans les années 20, le crédit s'étendit à tout le monde. Vraiment tout le monde. Le petit fermier et l'ouvrier en bas de l'échelle pouvaient obtenir du crédit auprès des banques, lesquelles n'étaient rien d'autre que de puissants trusts s'étant spécialisés dans le commerce bancaire.

Les banlieues se développèrent, les familles achetaient aisément des voitures, des appareils électroménager et l'industrie du tourisme naquit. Les gens, même les moins riches, pouvaient s'offrir du divertissement. L'Amérique (sic) souriait à pleines dents blanches. Le soleil ne se couchait jamais, les routes se pavaient et le chemin de l'Éden se dressait pour la jeune et fougueuse Amérique.

Cette fois-ci, le réveil fut brutal pour tous les États-uniens, et plus encore, pour le monde occidental entier. Il y a de nombreuses raisons pour expliquer la Grande dépression. Je ne ferai pas l'exercice d'en faire la dissection. D'ailleurs, plusieurs explications demeurent contestées aujourd'hui.

Le fait est que les Américains — dans le sens des habitants du continent — ont mangé toute une claque. Quelle partie de la population fut le plus durement touché? Si vous répondez fermiers et ouvriers, vous mettez dans le mille. Les plus riches perdirent des plumes également, mais ils en avaient tellement que des familles comme les Kennedy ont traversés la Grande Dépression dans un certain confort. Ce qui n'empêcha pas que tous virent leur situation largement diminuée et que la peur gagna toutes les tranches de la société.

C'est un autre Roosevelt, cousin de Teddy, qui mit un terme à la seconde crise causée par le capitalisme sauvage. Franklin Delano Roosevelt n'avait pas de programme électoral lors des élections de 1932. Sa campagne ne se résumait qu'en un seul mot: action.

Ça vous rappelle quelque chose? Ne tombez pas dans le piège du rapprochement. Les situations sont extrêmement différentes, les besoins de la population également, ainsi que l'ambition des politiciens en cause.

Bref, Roosevelt ne savait pas encore ce qu'il allait faire, mais il envoya comme message à la population désœuvrée des États-Unis qu'il allait tout essayer. C'est ce qu'il fit. Durant les premiers cents jours de son administration, Roosevelt adopta une quinzaine de lois importantes. Plusieurs d'entre elles ne passèrent pas le cap de la première année, car dans leurs formulations d'origines, elles contrevenaient à l'autonomie des états. Ce qui n'empêche pas que Roosevelt a sorti les États-Unis de la noirceur et que cette réussite lui procura plusieurs mandats successifs. Il est d'ailleurs le dernier président des États-Unis à avoir fait plus que deux mandats.

Ce qu'il faut retenir de ce long billet sur deux périodes importantes de l'histoire états-unienne, et donc nord-américaine?

Ma réponse est toute personnelle, mais je dirais que ce que je retiens, c'est qu'on n'apprend pas vite de ses erreurs. À deux reprises, le capitalisme sauvage a mené les États-Unis au bord du gouffre. La première fois, une seconde guerre civile a bien failli éclatée. La seconde, le pays a bien failli cesser carrément d'exister.

Pourtant, le capitalisme sauvage a la vie dure aux États-Unis. Malgré les exemples de l'histoire, les gens aiment bien croire que le rêve américain leur est toujours accessible. Qu'eux, contrairement à leurs innombrables prédécesseurs qui se sont cassés la gueule, parviendront à améliorer, de façon permanente et idyllique, leur situation. Sauf que le darwinisme social aussi à la vie dure et chaque accession au rêve américain signifie que des milliers, des centaines de milliers, d'autres vies sont écrasées.

Les chances que nous nous retrouvions dans la portion négligées et maltraitées de la population sont beaucoup plus grandes que l'inverse. Pourtant, l'espoir nous fait préférer une administration risquée, mais libérale, à une administration sécuritaire, mais équitablement contraignante.

Et quel est le modèle politique du Canada? Si notre mode de scrutin nous viens de Grande-Bretagne, la presque totalité de notre philosophie politique canadienne est une copie des États-Unis. Il en va de même pour notre modèle économique.

Actuellement, au Canada, nous sommes en train d'ouvrir grands les bras au capitalisme sauvage états-unien.

samedi 28 avril 2007

Et si c'était nécessaire?

Dans une atmosphère politique normale, je dirais qu'André Boisclair doit tenir bon et aller de l'avant avec son plan de révision du programme péquiste. Le PQ est le seul parti à avoir proposé un programme vieux de 2 ans lors de la récente campagne. Ça peut paraître court comme délai, mais en politique, c'est long. En voyant la date du programme, plusieurs électeurs l'ont certainement considéré désuet et malheureusement, Boisclair n'a pas su démontrer le contraire.

Plutôt que de revoir et d'actualiser le programme, de se repositionner le parti sur l'échiquier et de préparer un retour en force, plusieurs députés péquistes pensent juste à remplacer Boisclair à la chefferie. Cette manœuvre consiste à appliquer un diachylon sur la plaie, car il est prouvé qu'une blessure fait moins mal lorsqu'on ne la voit pas. Sauf qu'un diachylon n'a jamais guéri une blessure et plus on attend avant de la soigner, plus ce sera ardu et douloureux.

Trêve de comparaison.

Si j'encourage, dans une première mesure, le projet de Boisclair, le spectre d'une nouvelle élection plane déjà sur l'Assemblée. Mario Dumont fera tout pour renverser au plus vite le gouvernement, question de profiter du succès de l'ADQ. Comme il le dit, il veut «donner un gouvernement adéquiste aux Québécois», ce qui suppose qu'il pense que les 61.41% qui n'ont pas voté pour l'ADQ ont commis une erreur, probablement due à la position de certains candidats adéquistes sur les bulletins de votes. Il faut donc donner une chance à ces brebis égarées de trouver le chemin vers leur bon berger.

La réalité, c'est que Mario Dumont a le beau jeu. Si des élections proches sont déclenchées, se sera forcément parce que le Parti Québécois ne se sera pas appuyer les libéraux. Vu la proximité de ladite élection, une bonne partie de l'électorat mettra son cerveau à off en ne conservant qu'un seul mantra: «le PQ nous a plongé dans une autre maudite campagne !» Cette situation augmentera l'électorat potentiel pour l'ADQ, surtout que ni le PLQ ni le PQ ne serait prêt. Le premier n'aurait pas le temps de démontrer qu'il méritait un second mandat alors que le second n'aurait pas le temps de faire le travail interne qu'il se doit absolument de faire.

Dans une telle perspective, une seule chose pourrait sauver le PQ: un nouveau chef. Pourquoi? Parce que même si le message est percutant et vendeur, l'électorat québécois n'écouterait pas s'il était amené par André Boisclair. La dernière campagne, et la performance de Boisclair, serait encore trop frais aux mémoires. Il faudrait alors stimuler l'attention des gens et je pense que seul un changement de chef, chez qui le charisme et la communication efficace feraient autant parti de son être que ses jambes et ses bras, pourrait y parvenir.

Voilà pourquoi je me pose la question: et si c'était nécessaire? Ce n'est qu'à moyen et long terme que la chefferie de Boisclair serait (très) bénéfique au Parti Québécois. À court terme, elle serait un handicap.

samedi 21 avril 2007

Barack Obama, le Common Sense et le Canada

Le candidat à l'investiture démocrate, Barack Obama, s'est prononcé en faveur d'une modification aux lois sur les armes à feu afin d'en prévenir l'achat par des personnes souffrant de troubles mentaux.

Au Québec, cette proposition nous semble être simplement du gros bon sens et nous aurions même tendance à trouver M. Obama un peu benêt d'affirmer une évidence. Mais dans un contexte purement étatsunien, la déclaration de M. Obama n'incarne pas l'évidence et son acceptation par la population n'est pas du tout garantie.

L'actuel sénateur de l'Illinois déclare que «"some common sense" changes are needed». Ce petit bout de phrase démontre que même aussi progressiste qu'il puisse être, Barack Obama habite un pays profondément conservateur. Pour faire passer ses idées, quelqu'un comme M. Obama doit user de tact dans ses discours afin de démontrer que toute idée progressiste trouve sa source dans une philosophie demeurée intacte depuis deux siècles.

Le Common Sense était un pamphlet écrit par l'intellectuel Thomas Paine en 1775 et distribué à partir de 1776. Ce pamphlet dénonçait les lois britanniques de l'époque et son immense popularité contribua à fomenter la Révolution étatsuniennes. Sa proposition de constitution était le premier signe d'un état en devenir.

Aux États-Unis, les écrits et les discours qui ont jeté les bases de la législation sont aussi sacrés que la bible elle-même. Les mœurs politiques ont bien peu changé aux États-Unis en deux siècles, notamment parce que les nouvelles idées peuvent être bénies ou condamnées selon qu'elles apparaissent cohérentes ou non avec des documents vieux de 200 ans.

C'est pour cette raison que le second amendement, celui qui garantit à tous le droit de posséder des armes, a la vie dure. C'est également pour cette raison que les États-Unis interviennent partout dans le monde pour protéger leurs intérêts, qu'ils sont si peu collaboratifs avec les Nations Unies, qu'ils tiennent toujours ce même discours «vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous», etc. Les États-Unis n'auraient jamais survécus s'ils n'avaient pas suivi aussi méticuleusement les principes fondamentaux que leurs ont légués les premiers hommes politiques étatsuniens. C'est pourquoi les Étatsuniens y tiennent fermement.

Comme tout bon politicien, Barack Obama le sait. Il démontre de plus en plus que, malgré sa très mince expérience en politique, il est un homme intelligent et rempli de ressources. Il sait qu'une idée innovatrice ne gagnera le cœur des Étatsuniens que s'ils ont l'impression qu'elle remonte aux Pères fondateurs.

En quelque part, c'est rassurant de voir qu'un candidat à la présidentielle étatsunienne peut mettre le conservatisme au service du progressisme. J'imagine l'impact sur la politique canadienne d'un président comme Barack Obama. Les conservateurs canadiens auraient beaucoup plus de difficultés à appliquer un conservatisme étatsuniens au pays de l'unifolié.

Finalement, si un président parvient enfin à apporter des changements, en apparences mineurs, mais combien importants, aux lois sur les armes à feu, quels en seraient les impacts sur le Canada? Les conservateurs canadiens perdraient aussi leur point de repère principal dans ce dossier. Présentement, ce n'est peut-être pas tant du côté de l'opposition à Ottawa que nous avons besoins de progressistes, mais dans le bureau ovale de Washington.

mercredi 11 avril 2007

Le message est-il différent?

Si un quelconque général américain, ou même un politicien américain, voire un politicien canadien, déclarait que «plutôt que de se laisser distraire par le message des opposants à la guerre, [nous devions] être prêts à accepter que des leurs sacrifient leur vie dans la poudrière afghane», nous réagirions avec écœurement, avec une certaine incrédulité qui voudrait dire:

«Évidemment, c'est un John Rambo qui parle, un toxicomane du fusil ou un politicien sans scrupule, bien à l'abris de la détresse et du deuil, dont les enfants son en sécurité dans je-ne-sais quelle école privée.»
Mais l'auteur de cette déclaration s'appelle Roméo Dallaire, qui est devenu héros national pour son dévouement lors du génocide rwandais et pour avoir osé condamner le laxisme des super puissances, dont l'ONU, dans ce dossier. Un homme qui a littéralement «serré la main du diable» et dont l'expérience en fait une référence dans le domaine de la scène internationale. Remplaçons [nous devions] par «les Québécois devraient» et nous obtenons textuellement ce que l'ancien général a récemment déclaré, alors que le mouvement pacifiste gagne en popularité partout au pays, mais surtout au Québec.

Je respecte beaucoup Roméo Dallaire, mais est-ce que son message est différent des autres généraux et politiciens parce que c'est lui? Je crois que non. Si j'enrage à chaque fois que George Bush, Stephen Harper ou Pervez Musharraf déclarent que nous avons des responsabilités, en tant que peuples démocratiques et industrialisés, je le suis tout autant lorsque c'est M. Dallaire qui le dit. Bon, peut-être pas enragé, car contrairement aux trois premiers clowns, M. Dallaire a le crédit de tenir plus souvent des propos sensés.

Ce qui me choque surtout, c'est lorsque M. Dallaire déclare que «si nous ne faisons pas montre d'une certaine abnégation pour faire avancer ce à quoi l'on croit, nous ne sommes qu'une gang d'hypocrites».

Ce genre de déclaration, c'est de prendre les pacifistes pour des inconscients, des individualistes et des égoïstes. C'est carrément une forme de propagande visant à démoniser les pacifistes. En disant ce qu'il a dit, M. Dallaire démontre qu'il croit que les pacifistes qui demandent le retour des soldats canadiens sont des innocents et des ignorants, qu'ils portent je ne sais quelles oeillères les empêchant de voir les conflits planétaires alarmants. Des abandonneurs et des pissous, quoi!

Mais les pacifistes ne sont pas dupes. Ils savent que les afghans souffrent et désirent ardemment contribuer à la stabilité et la réhabilité de ce peuple, ce de pays. Ils savent très bien qu'une présence militaire est nécessaire, car sans elle, l'aide dite purement humanitaire ne saurait être efficace. Les pacifistes voient également que notre gouvernement et notre état-major est incapable de mener de façon efficace les missions auxquelles nos troupes participent.

Des sacrifices? Les pacifistes sont capables d'accepter que des leurs sacrifient leur vie au nom de la liberté et de la paix. Prétendre le contraire, c'est faire montre d'une cécité et d'une surdité flagrante. C'est de démontrer à quel moins ne nous sommes guère moins ignorants et/ou entêtés que tous les autres qui tiennent de tels propos.

Ce que les pacifistes n'acceptent pas, c'est que chaque jour, nos soldats servent de chaire à canon alors qu'aucun résultat concret n'en découle. Même Stephen Harper, ni ses deux préfets, Gordon O'Conner (Ministre de la défense nationale) et Peter MacKay (Ministre des Affaires étrangères), ne sont capables d'expliquer en quoi consiste précisément le mandat du Canada en Afghanistan et de démontrer explicitement que le déploiement de nos troupes, et le sacrifice des nôtres, apportent de quelconques dénouements positifs dans la région.

À défaut d'obtenir des réponses de nos gouvernements et des engagements clairs que notre intervention en Afghanistan sera revu et corriger, ou encore que des mesures ont été prises, ou le seront, pour assurer son succès, les pacifistes n'ont d'autres choix que de réclamer le retour de nos troupes.

L'Afghanistan est un bourbier irakien en devenir et les pacifistes veulent à tout prix éviter que le Canada devienne, dans le dossier afghan, ce que les États-Unis ont été dans le dossier irakien. Voilà ce que je pense et, il n'y a pas si longtemps, je croyais encore possible de transformer la catastophe canadienne en Afghanistan en quelque chose de vraiment utile et efficace.

mardi 3 avril 2007

Alléluia !

L'auteur du blogue Indépendance de jesopinions, AntiPollution, propose une relecture savoureusement sarcastique du Symbole des Apôtres dans son billet «Le credo des conservateurs».

Je ne serais pas surpris, AntiPollution, que tu reçoives bientôt une offre du PCC pour acheter les droits de ton texte pour en faire très sérieusement leur credo officiel.

samedi 31 mars 2007

Reconnaître l'extrémisme

Je lis régulièrement, sur la blogosphère, des gens prétendre que l'ADQ est un parti d'extrême droite tandis que Québec Solidaire en est un d'extrême gauche. J'aimerais que ces personnes demandent à des réfugiés de l'ex-URSS si Québec Solidaire est extrémiste et aux réfugiés chiliens si l'ADQ est extrémiste. Notons que le Chili n'était pas gouverné par un parti, mais par un dictateur militaire dont les idéologies étaient d'extrême droite.

En général, on associe l'extrême gauche au communisme, même si ce ne sont pas tous les partis communismes qui peuvent être identifiés comme étant extrémistes. Les partis d'extrême gauche prônent l'intervention totale de l'état dans tous les domaines de la vie publique et privée dans le but d'abolir les classes sociales et de permettre à tous et chacun d'êtres égaux. Malgré tout, il se développe une minorité de gens pour se trouver au-dessus de toutes ces mesures et se sont généralement ces gens qui contrôlent le pays.

Actuellement, on peut considérer comme d'extrême gauche tous les gouvernements, mais pas tous les partis, communistes. La Chine, la Corée du Nord, Cuba et le Viêtnam ont des gouvernements d'extrême gauche. Il ne faut pas considérer tous les partis populistes, nationalistes, marxistes-léninistes et autres d'être d'extrême gauche. C'est pourquoi, actuellement, le Venezuela et la Russie, entre autre, ne sont pas considérés comme des pays ayant des gouvernements d'extrême gauche.

L'extrême droite est, quant à elle, associée davantage au fascisme et au nazisme. C'est le conservatisme au maximum. Les partis d'extrême droite remontent aux origines de l'état dans lequel ils se trouvent pour se définir, ce qui donne presque toujours des partis racistes, ethnocentristes, très religieux et homophobes. L'extrême droite ne croit pas en l'égalité des hommes et favorisent la loi du plus fort, autant au niveau économique et militaire.

Actuellement, il n'y a aucun pays qualifié d'extrême droite. Tout comme pour l'extrême gauche, il faut éviter les confusions. Des pays gouvernés par des partis antisémites ou intégristes (religion), entre autre, ne sont pas reconnus comme étant d'extrême droite. On dit tout au plus qu'ils sont gouvernés par des ultra conservateurs, comme l'Iran et le Soudan.

Dans les deux cas, un parti extrémiste au pouvoir s'organise pour le rester, soit de façon totalement illégale, soit en manipulant le peuple et les instances gouvernementales dans le but de se faire «donner» un pouvoir perpétuel.

Comme je suis très marginal (sarcasme) et que je respecte l'opinion d'autrui, je peux comprendre que la définition de l'extrémisme est plus relative que ce que peuvent en dire les experts et les bouquins d'histoires. Toutefois, présentement, il me semble que l'identification de l'ADQ ou de Québec Solidaire comme étant extrémiste apparaît davantage comme une argumentation désespérée que le fruit d'une véritable réflexion sur la plateforme de ces deux partis.

Pour le moment, il n'y a qu'un seul parti au Québec qui me semble être extrémiste et c'est le Parti communiste du Québec (gauche). C'est l'objectif de limiter l'accès au gouvernement à des partis et des organismes d'obédience socialiste qui fait sonner l'alarme de l'extrémisme dans ma tête. Je considère le Parti démocratie-chrétienne comme étant le plus radical à droite, mais pas extrémiste.

Québec Solidaire ne m'apparaît définitivement pas du centre, mais il n'est pas non plus des plus radicaux, au même titre que l'ADQ s'est montré fortement à droite durant les élections sans m'apparaître aussi radical que le PCC et les républicains américains.