dimanche 23 décembre 2007

La religion: une question de bonne foi

N'en avons-nous pas entendu parler et reparler de la religion, et ce, tout au long de la Commission Bouchard-Taylor? Des gens comme le maire de Saguenay, Jean Tremblay, et le cardinal Marc Ouellet sont venus plaider en faveur du catholicisme, tant dans nos classes que les institutions publiques. Des musulmans sont venus déplorer les écarts de compréhension des Québécois vis-à-vis l'Islam. D'autres, comme le maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron, plaident la laïcité totale de l'état, et même plus.

Pour moi, la religion est une question de bonne foi. On peut laïciser officiellement l'appareil étatique et ses organes, mais on ne peut pas laïciser de force ceux qui en sont les acteurs. On peut empêcher un député catholique d'entrer à l'Assemblée nationale avec un crucifix au cou, mais on ne peut pas lui ordonner de laisser ses valeurs au vestiaire. C'est d'ailleurs sur les valeurs qu'il véhicule qu'un député est élu. Or, ces valeurs sont influencées, au moins en partie, par ses croyances religieuses.

Il existe d'autres domaines où cette réalité survient. Je pense entre autre à l'enseignement, alors que la personnalité des professeurs influence la formation de la personnalité de milliers de jeunes. Les valeurs font partie intégrante de la personnalité et, à moins de vouloir dénaturer l'école, on ne peut empêcher les professeurs d'afficher la leur.

Qu'il s'agisse d'un député, d'un enseignant ou de tout autre fonctionnaire, la population sera amenée à juger leurs actions et leurs paroles. Lorsque ces actions et ces paroles rencontreront opposition, ce n'est pas une laïcité officielle et officiellement respectée par tous qui empêchera les gens d'accuser untel d'avoir agi et/ou parlé en fonction de sa religion.


Ce ne serait pas évident de discerner des actes ou des paroles découlant d'une croyance religieuse. Par exemple, les grandes religions de ce monde prônent la pauvreté. Un fonctionnaire véhiculant comme valeur la simplicité volontaire pourrait être taxé d'intégriste religieux, peu importe sa religion!


Encore faudrait-il s'entendre sur la définition de ce qu'est une religion. Selon le Nouveau Petit Robert, la religion est "un ensemble d'actes rituels lié à la conception d'un domaine sacré distinct du profane, et destinées à mettre l'âme humaine en rapport avec Dieu."

Le capitalisme regroupe un grand nombre d'adeptes qui observent religieusement divers rituels, tels l'achat de cadeaux pour les fêtes du calendrier du consommateur, le renouvellement de l'automobile tous les cinq ans, l'usage du crédit même dans les cas de liquidité suffisante, la messe du dimanche matin chez Wal-Mart, etc.

Les riches ne sont-ils pas de nouveaux dieux terrestres? Leur bonne parole n'est-elle pas véhiculée par des prophètes du coaching personnel et transmise à travers des livres sacrés expliquant les 10 commandements à suivre pour atteindre le paradis qu'est la richesse?

Je jette la lumière sur le capitalisme, car il est présentement le cœur de notre société occidentale et « occidentalocentriste ». Les deux derniers paragraphes peuvent cependant s'accorder à diverses pratiques du XXIe siècle, lesquelles ont toutes des adeptes, des rituels à suivre et des dieux, même si ceux-ci ne sont pas incarnés par un être intangible et infaillible.

Un état officiellement laïc va-t-il également légiférer la pratique des ces "nouvelles religions" dans la fonction publique? J'en doute fort.

Évidemment, la laïcisation de l'appareil étatique permettrait d'éviter de nombreux dérapages et d'uniformiser à toute la population les services publics. Ceci suffit pour que je considère essentiel de procéder à ladite laïcisation. Pour le reste, il faudra s'en remettre à la bonne foi des gens pour faire la différence entre des valeurs pouvant être bonne pour l'ensemble de la population et des valeurs qui ne sont bonnes d'abord et avant que pour soi-même.

vendredi 21 décembre 2007

Marois et Charest au fil d'arrivée, Dumont distancé

Le semestre d'automne de l'Assemblée nationale a été assez intéressant et surprenant. Ce ne sont pas les positions des différents partis qui furent surprenantes, mais la façon dont les partis se sont disputés la première place dans ce qui n'est qu'une autre séance de qualifications avant les prochaines élections. Au terme du dernier tour de piste, le Parti québécois et le Parti libéral sont au fil d'arrivée alors que l'Action démocratique se laisse distancé.

Le Parti libéral a démarré le semestre en bien mauvaise posture. Grand dernier dans les intentions de votes de septembre avec seulement 24%, il termine au deuxième rang avec 30% en décembre. Cet exploit est celui de Jean Charest et de lui seul. Il a su se mettre à l'avant-scène dans la crise de l'industrie forestière. Il a su éviter à Julie Boulet un lynchage en règle et sauver l'essentiel de son projet de loi sur la sécurité routière. Enfin, il est parvenu à pousser dans l'ombre un Philippe Couillard trop ambitieux à son goût.

Le projet de loi modifiant la loi sur la sécurité routière, l'intention de ramener à Québec le registre des armes à feu si Ottawa l'abandonne et les critiques à l'égard du gouvernement fédéral, notamment sur la crise forestière et sur l'environnement, sont des facteurs ayant fortement aidé la remonté des libéraux. Cependant, son refus de débattre du projet de loi sur l'identité québécoise, présentée par le PQ, son entêtement à implanter un port méthanier à Lévis et le retour bâclé des bulletins chiffrés ont assombri les réalisations du PLQ.

Alors qu'il était premier en août, le Parti Québécois a commencé le semestre en seconde place avec 30% des intentions de votes. En regardant les intentions de décembre, le PQ ne semble pas être un si grand vainqueur du semestre. En fait, son pourcentage a moins augmenté que celui du PLQ (+6%) et bien que meneur, son avance sur le PLQ est présentement le même que l'avance que l'ADQ avait sur lui en septembre (+4%).

Pourtant, à la tête du parti, Pauline Marois fut la plus performante des chefs. Malgré une bévue en campagne, Mme Marois remporte une élection qui fut à la fois une solide marque de confiance de la population envers elle et une certaine revanche sur l'ADQ. Son entrée à l'Assemblée fut faite d'un pas déterminé, ce qui a laissé transpirer l'assurance et le leadership. D'ailleurs, il semble régner au PQ une unité qui avait quitté le bateau depuis des lustres.

Après sa victoire, Mme Marois avait déclaré qu'elle voulait reprendre à son compte certains enjeux, dont celui des accommodements raisonnables. Sur ce dernier plan, nul besoin de procéder à une analyse en profondeur pour y voir le succès. D'un seul projet de loi, le PQ a réussi quatre choses: faire parler de lui (essentiel pour un tierce parti), entrer dans les bonnes grâces des Québécois, couper l'herbe sous le pied de Mario Dumont et démontrer les intentions immobilistes du gouvernement Charest sur la question.

La seule tache à son dossier: sa maîtrise plus que déficiente de l'anglais. Une tare qu'elle a su transformée à son avantage.

En septembre, l'Action démocratique était en tête des intentions de votes avec 34%. Son seul véritable bon coup fut d'ailleurs concrétisé en septembre, alors que Mario Dumont osa présenter un adversaire contre Mme Marois dans la circonscription de Charlevoix. Plusieurs électeurs ont interprété ce geste comme un réel souci de démocratie de la part de M. Dumont, alors que la tradition de laisser gagner par défaut un chef de parti est considéré comme anti-démocratique pour les électeurs du compté où se présente ledit chef.

M. Dumont a déclaré, dans son bilan, que "l'action du gouvernement a été nettement influencée par le programme de l'ADQ". La grande erreur de l'ADQ fut d'ailleurs de laisser ses adversaires démontrer aux Québécois qu'ils étaient plus aptes à respecter les engagements adéquistes que les adéquistes eux-même. M. Dumont a notamment perdu des plumes lorsque Mme Marois a déposé son projet de loi, car il a alors commis deux incohérences: marcher main dans la main avec le PLQ, ce qu'il a toujours reproché au PQ de faire, et embrasser sa réputation de girouette aux yeux d'une partie de l'électorat.

Car mis à part les partisans adéquistes très impliqués dans le parti, ce revers de la main du projet de loi Marois paru comme étant un désaveu de ce que l'ADQ prônait à pareille date l'an dernier.

Le résultat est que l'Action démocratique termine l'année en troisième place dans les intentions de votes avec 26%. Toutefois, l'ADQ n'est pas descendu aussi bas que le PQ l'était à la sortie des dernières élections (23%) et c'était d'ailleurs avec 26% qu'il avait entrepris celles-ci. Ce parti peut très bien rebondir, en autant qu'il clarifie ses positions (et qu'il s'y tienne) et que M. Dumont laisse plus de place à ses députés, pas seulement Sébastien Proulx (un plus) et Gilles Taillon (un moins).

Les intentions de votes sont à l'image de ce qui résulte de ce semestre. Le Parti québécois coiffe le Parti libéral au fil d'arrivée, malgré un impressionnant sprint de ce dernier. Quant à l'Action démocratique, elle s'est laissée distancer dans le dernier tour. Ceci dit, si une élection devait avoir lieu au printemps, les trois principaux partis partiraient sensiblement sur la même ligne.

Les données statistiques sont celles de CROP, telles que présentées sur le site de QuébecPolitique.com. Combinées aux résultats des sondages Léger-Marketing, on obtient un meilleur aperçu de l'évolution des intentions, les dates s'intercalant. Le résultat final en demeure cependant sensiblement le même.

lundi 3 décembre 2007

C'est la fin qui compte, pas les moyens

Il m'aura fallu du temps pour assimiler cette possibilité, et même encore, il ne s'agit pas d'une certitude dans mon esprit.

Suite à cette première session à temps plein comme universitaire, je suis devant la nécessité de mettre mes études sur la glace jusqu'en mai, peut-être même jusqu'en septembre prochain. L'addition de divers problèmes d'ordre familial a transformé ce qui devait être l'une des plus stimulantes expériences de ma vie en véritable calvaire.

D'un point vue purement superficiel, c'est notre situation financière précaire qui a gâché ma session. Mon père, dont j'ai exposé la situation dans un billet du mois d'août, est le seul pourvoyeur de la famille et doit se contenter d'un salaire actuel inférieur à ce qu'il faisait avant.

En 2001, lorsque je fut diagnostiqué dépressif majeur et que ma grand-mère se remettait péniblement d'un double pontage ayant sévèrement accélérer son vieillissement, ma mère quitta son emploi pour devenir notre aidant naturel. Six ans plus tard, elle n'arrive pas à réinsérer le marché du travail dans son domaine et est trop épuisée pour entreprendre un changement de carrière.

Quant à moi, la dépression majeure a laissé des séquelles qui, aujourd'hui, rendent impossible pour moi de conjuguer emploi et études. Connaissant ma situation, ce ne serait pas l'un ou l'autre qui serait hypothéqué, mais les deux. Probablement que j'aurais à vivre à la fois un échec scolaire et un congédiement.

Cependant, j'aurais sans doute pu réussir cette session malgré notre situation financière précoce. Si, lorsque j'étais entre les murs de l'université, j'étais parvenu à faire abstraction de nos problèmes, j'aurais très bien pu réaliser les différents travaux exigés par mes professeurs et étudier avec assez d'application pour obtenir des résultats satisfaisants.

Mais je n'arrive pas à chasser de mon esprit notre situation familiale. Mes parents se sont inquiétés et ont pris soins de moi au plus pire de ma dépression. Ma mère en a fait autant pour ma grand-mère, et mon père pour ma mère. Aujourd'hui, c'est moi qui est inquiet pour eux. Ils paient le lourd tribu pour s'être occupé de moi, pour avoir retiré le maillon qui était le leur de la chaîne de montage capitaliste qui est celui de notre inconscient collectif, et donc de nos dirigeants politiques et économiques.

Bien que je me sente nullement responsable de la situation de mes parents, je ne peux rester les bras croisés. Si mes parents n'ont obtenu aucune aide alors qu'ils me soutenaient dans un passage difficile de ma vie, ils n'en recevront pas davantage maintenant qu'ils traversent eux-mêmes une période creuse.

La seule façon qui semble se présenter à moi pour les aider est de me rendre le plus possible indépendant d'eux. Leur donner congé d'une de leurs nombreuses préoccupations. Étant donné que je ne peux procurer à mon père l'emploi qu'il mérite d'occuper, que je ne peux épargner ma mère le fardeau que représente l'Alzheimer de ma grand-mère, que je ne peux forcer nos gouvernements à les soutenir le temps que mes parents se remettent en selle, il ne me reste qu'une solution: travailler durant les quatre, peut-être les huit, prochains mois.

Mon objectif est double. D'abord, permettre à mes parents d'investir un peu de leur argent dans leur propre avenir. Mon père doit suivre un cours de conduite de véhicules lourds alors que ma mère doit suivre des cours liés à l'industrie agro-alimentaire. Ensuite, je veux me créer un coussin de sécurité financière pour mon retour aux études et ne plus être entièrement dépendant de l'aide gouvernementale. Parce que, soyons honnêtes, elle fait dure, cette aide!

Ça me fait très mal de mettre mes études sur la glace. C'est comme si je un étau me serrait le coeur. Toutefois, rien ne s'améliorera si je persiste dans la présente voie. Je souhaite toujours ardemment être diplômé en histoire et je vais continuer à oeuvrer dans ce sens, mais il me faut prendre des dispositions différentes.

Si j'étais paranoïaque, je dirais: "Ils ne m'auront pas, les salauds! Je vais l'avoir pareil, mon bacc." Je serai juste gradué plus tard que prévu initialement.

mardi 20 novembre 2007

Responsabilité limitée, mais responsabilité quand-même

Lorsque nous sommes animateurs chez les Scouts, notre niveau de responsabilité face à la sécurité des jeunes change en fonction du groupe d'âge. Ainsi, le niveau de responsabilité imputable à des animateurs chez les Castors (7-8 ans) est plus élevé que celui imputable à des animateurs chez les Pionniers (15-17 ans). Plus les jeunes sont âgés, plus la responsabilité des adultes est limitée.

Dans certains districts, le port du couteau en permanence est strictement interdit chez les Louveteaux (9-11 ans) alors que son usage est soumis à une étroite surveillance. En cas d'incident, l'équipe d'animation sera plus susceptible d’être pointée du doigt que les jeunes impliqués. En revanche, chez les Éclaireurs, le port du couteau en permanence est autorisé et son usage, tout comme l'emploi d'autres outils tranchants, n'est pas soumis à une surveillance aussi rigoureuse. Les jeunes Éclaireurs ont plus d'autonomie, ce qui leurs impute également une plus grande responsabilité envers leur sécurité.

Ceci dit, les animateurs éclaireurs ne sont pas dégagés de toutes responsabilités. Parmi celles-ci se trouve l'obligation de fournir aux jeunes une formation adéquate sur l'utilisation sécuritaire des outils tranchants, y compris le banal couteau de poche. De plus, les animateurs doivent observer le comportement des jeunes avant de les laisser partir seuls avec des outils tranchants. Du moment que les animateurs ont rempli leurs responsabilités, c'est autour des jeunes d'en faire autant.

Les animateurs éclaireurs ont donc une responsabilité limitée, parce que partagée avec les jeunes, mais ont une responsabilité quand-même. Il en va tout autant de la ministre des Transports, Julie Boulet, dans cette affaire d'infractions au code de la sécurité routière.

Il est vrai que c'est son garde du corps qui tenait le volant et qui appuyait sur l'accélérateur. Sa responsabilité est indéniable, car même si les conducteurs se font imposer un agenda, la décision de contrevenir aux lois leur revient. Je crois que si un chauffeur respecte les lois, il obtient un argument de poids pour en appeler d'un possible congédiement pour avoir refusé d'accommoder son député de patron.

Compte tenu de sa position et du projet de loi qu'elle présente, Julie Boulet avait la responsabilité d'exiger de son conducteur le respect des lois actuelles et projetées. Sachant que les chauffeurs de députés se font régulièrement imposer des agendas qui, face au risque de perdre leur emploi, gravent en eux des habitudes difficiles à perdre, elle se devait de surveiller avec vigilance la conduite de son garde du corps, ne serait-ce que pour lui rappeler ses nouvelles obligations et éventuellement le congédier si après un période de temps raisonnable, ce dernier ne répondait pas de façon satisfaisante aux nouvelles consignes.

Elle n'a visiblement, si on le fie au discours qu'elle tient, rempli aucune de ces responsabilités. S'il est vrai que son garde du corps n'est pas à l’abri des blâmes dans cette histoire, la ministre ne l'est pas davantage. Encore plus que son conducteur, elle mérite de subir les conséquences pour avoir failli dans ses responsabilités.

Étant donné que le ministre des Transports doit continuer de tenir un certain discours moralisateur et que l'actuel ministre n'a plus la crédibilité de le faire, elle doit quitter ses fonctions. Le comportement "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais" est tout aussi inacceptable en politique qu'en éducation parentale. Surtout qu'en politique, ce sont des adultes que nous devons convaincre.

vendredi 16 novembre 2007

Il y a toujours des limites

À force de frapper sur la légitimité du Bloc Québécois à Ottawa, ce sont les électeurs de ce parti qui finissent par se sentir attaqués dans leurs droits démocratiques. Les autres partis et leurs partisans peuvent bien questionner la place d'un parti souverainiste aux Communes et chercher à initier des doutes chez les électeurs dans le but de faire basculer le vote, il y a toujours des limites.

Depuis son arrivée à Ottawa, libéraux et conservateurs (un peu moins les néo-démocrates) s'acharnent à attaquer le Bloc sur des âneries telles que l'impossibilité pour lui de former le gouvernement, sur l'essoufflement de l'urgence référendaire, qu'ils confondent volontiers avec un ralentissement inexistant du mouvement souverainiste, et sur la prépondérance qu'il accorde aux questions québécoises.

Les Québécois* ont le droit d'élire un parti qui ne formera jamais le gouvernement canadien, parce qu'ils ont le droit de préférer être dans une opposition qui défend leurs intérêts plutôt que d'être les membres fantômes d'un gouvernement qui n'en a cure des Québécois, exception faite de leurs précieux votes, jetables après usages.

Les Québécois ont le droit d'élire un parti souverainiste à Ottawa, quoique puissent dire et croire les partis nationalistes sur la situation du mouvement souverainiste québécois. Même si les autres provinces se sentent lésées par le fait qu'un parti non coast-to-coast puisse être élu au fédéral, le Bloc est tout aussi légitime que les autres partis. En fait, le Bloc est un parti coast-to-coast qui évite tout simplement de présenter des candidats dans des circonscriptions perdues d'avance. Le résultat est donc le même.

Enfin, les Québécois ont le droit d'élire à Ottawa un parti qui préconise les intérêts du Québec, tout simplement parce que chaque électeur de chaque circonscription de chaque province a ce même droit. En élisant un député, l'électeur d'Edmonton-Est pense d'abord aux intérêts de sa circonscription et de l'Alberta; intérêts qu'ils croient souvent être les mêmes que ceux de l'ensemble du Canada. La plupart des Québécois, eux, savent que les intérêts du Québec se conjuguent mal avec ceux du reste du Canada et cette conscience s'exprime dans leur choix démocratique, qui n'est pas moins légitime et judicieux pour autant.

Quant je vois le comportement des partis nationaux à l'égard du Bloc Québécois, je me mets sérieusement à douter de la légitimité du Canada lorsqu'il donne des leçons de démocraties à la Chine. Soyons réalistes, si les libéraux et conservateurs en avaient le pouvoir, ils interdiraient la présence du Bloc à Ottawa. Le Canada forçant alors les Québécois à voter pour un parti fédéraliste non adéquat, la ligne entre la démocratie canadienne et celles des républiques à suffrage universel n'autorisant qu'un seul parti s’amincirait.

Quant je vois les libéraux et les conservateurs insulter l'intelligence des Québécois bloquistes, incarnée ici par leur choix démocratique, j'ai envie de faire comme Gilles Duceppe et de les traiter de "petits cons", sachant pertinemment que beaucoup de fédéralistes n'en pensent pas moins (et n'en disent pas moins) des souverainistes québécois.

Je suis généralement respectueux envers les politiciens et électeurs, toutes obédiences confondues, mais il y a toujours des limites!

* Ne pas percevoir l'emploi de ce terme pour ce qu'il n'est pas. Je l'ai employé dans le but d'alléger le texte, non pas dans le but partisan de généraliser à tous les Québécois mon point de vue.

Un comportement qui n'aide pas

Les étudiants du postsecondaire comprennent généralement bien les enjeux de la société, parfois mieux que des adultes au curriculum de vie bien rempli. Il est faux de prétendre qu'ils ne sont que des enfants gâtés, qu'ils n'ont aucune idée de la réalité, qu'ils ne savent pas ce qui est bien pour eux et qu'ils manifestent uniquement dans le but de provoquer.

Même si je n'appuie pas, pour l'instant, les revendications étudiantes prononcées à l'égard de la hausse des frais de scolarités et de la gratuité scolaire, je suis loin de considérer irréfléchie et inconséquente la population estudiantine qui manifeste ces jours-ci à Montréal. Je dois admettre que la plupart de mes collègues qui défendent les revendications mentionnées ci-haut ont des arguments qui, sans me persuader à agir, ont le mérite de me faire réfléchir et d'initier des interrogations qui occupent mon esprit en ce moment-même.

Là où le bas blesse, ce que ce ne sont pas ces étudiants consciencieux, matures et responsables que nous voyons ces temps-ci dans les médias. Même si elle représente la totalité des individus inscrits à temps plein dans son programme ou faculté, l’association étudiante est plus souvent qu’autre chose maintenue en vie et menée grand train par une minorité d’étudiants à têtes fortes.

Évidement, ces étudiants sont essentiels pour l’association, notamment par leur grande capacité à mobiliser les troupes et initier des moyens de pressions. Cependant, cette minorité est également le nid de quelques anarchistes en herbes — sorte de minorité dans la minorité — qui ont apparemment plus à cœur de manifester leur frustration intérieur, et indépendante de la vie étudiante, que de défendre les intérêts de leurs pairs.

Ce sont eux qui, une fois les moyens engagés, initient les confrontations physiques avec le personnel enseignant — ce fut le cas du candidat au poste de recteur à l'UQÀM, M. Claude Corbo — et qui posent des gestes de vandalismes. Après quoi, de placides manifestants se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment deviennent d'innocentes victimes de la répression policière.

Qu'on ne soit pas d'accord avec la vision de certaines personnes — je ne suis pas d'accord avec le choix de M. Corbo d'appuyer le plan de redressement de l'UQÀM —, est une chose tout à fait légitime. De leur faire comprendre notre désaccord l'est tout autant. De s'en prendre physiquement et avec violence à ces personnes, toutefois, est absolument inacceptable et inexcusable. Il s'agit-là de voies de faits grave, ce qui constitue un comportement criminel.

Il y a une chose que les étudiants, et je m’y inclus, doivent comprendre, même si cela les choquent au plus haut point: ils ont des preuves à faire. La société qui nous entourent ne nous considèrent plus comme des gamins, certes, mais ne nous voient pas non plus comme des adultes, au sens moral du terme. Nous devons démontrer notre maturité et notre respect envers une société qui, malheureusement, à une fâcheuse tendance à toujours généraliser à partir du plus négatif.

Des gestes comme la manifestation d'aujourd'hui à la Tour de la Bourse n'ont comme conséquences que d'amenuiser nos chances d'obtenir satisfaction dans nos revendications et affaiblissent grandement l'appui d'une population que nous ne réussissons présentement qu’à exaspérer, voire à effrayer par moment. Cet appui est nécessaire dans l'atteinte de nos objectifs; appui qui, dans le cadre des revendications actuelles, n'est pas gagné d'avance.

Je suis d'accord pour "brasser la cage", mais cette cage n'est pas incarnée par les chaises des salles de cours ni par l'intégrité physique des individus qui nous semblent faire obstacles à nos revendications.

Cette cage que nous devons brasser est beaucoup plus subtile et abstraite; c'est celle de l'entêtement et de l'ignorance. Il faut la brasser non pas dans le but de blesser, physiquement ou moralement, mais dans le but de persuader les gens qui en sont prisonniers d'en ouvrir la porte et d'ainsi y laisser entrer de nouvelles idées, de nouvelles conceptions et de nouvelles solutions.

Quoique… on peut se permettre de blesser l'orgueil de certains individus dans la mesure où la blessure est provoquée par une rétractation ou un recul desdits individus dans leur position. Certains on l’orgueil très mal placé et ils méritent qu’elle soit éreintée!

Heureusement, la majorité des étudiants revendicateurs savent manifester respectueusement, mais avec tout autant de verve et d'aplomb. Si le mandat de grève est reconduit au cours des prochains jours, ce sera grâce à eux, parce que le mouvement gréviste s'essouffle déjà, même au sein de la population estudiantine. Notons ici qua la majorité des étudiants qui étaient en défaveur de la grève se sont abstenus de voter et qu’il y a de fortes chances que le nombre d’abstentions augmente aux prochaines assemblées.

dimanche 11 novembre 2007

En congé forcé, mais pas contrarié

Lorsqu'il fut annoncé que le plancher de sept associations étudiantes (dix-sept milles membres) favorables, nécessaires au déclenchement par l'ASSÉ de la grève nationale générale illimité, n'avait pas été atteint, je n'étais pas mécontent. En réalité, je ne suis pas contre le dégel des frais de scolarités, parce que depuis que j'étudie à l'UQÀM, j'ai pris conscience des besoins urgents en ressources académiques viables de cette institution.

Je suis pour la gratuité scolaire, en tant qu'objectif à atteindre, que finalité. Or, je ne crois pas, pour le moment, que de précipiter hâtivement les universités dans la gratuité mène à un résultat positif. C'est simplement que je ne crois pas la société québécoise prête à investir les fonds suffisants pour que le projet fonctionne bien. Surtout que, une grande partie des étudiants qui réclament haut et fort la gratuité scolaire aujourd'hui sera celle qui décriera l'imposition trop étouffante demain.

M'enfin, c'est un autre débat.

Quoiqu'il en soit, mon association facultaire, ainsi que plusieurs autres associations uqamiennes, est présentement en grève illimité, laquelle sera vraisemblablement reconduite le 19 novembre prochain. Pourtant, je n'en suis guère contrarié, parce que cette action concerne, non exclusivement, un point que je ne peux accepter: le plan de redressement de l'UQÀM.

Je peux appuyer une hausse des frais de scolarités qui serait éventuellement réinvestie dans l'éducation et une aide financière aux études mieux adaptées. J'admets que le gouvernement Charest n'a pas démontré que cette hausse était dans l'intérêt de la population estudiantine, mais dans ce drôle de débat, le concret se fait très rare, tout camp confondu.

Cependant, je ne peux accepter que des étudiants paient, tant par des hausses de frais que par une baisse de la qualité académique, pour une mésaventure (fiasco) immobilière qui dépassait largement la mission éducative. Sans entrer dans les détails, j'ai l'impression qu'on cherche à éviter d'identifier des responsables qui, une fois pointés, devraient en répondre des conséquences.

De plus, bien qu'on nous mentionne que la récente hausse des frais afférents n'était pas destinée au redressement de l'UQÀM et qu'il n'est pas prévu que les activités académiques soient perturbées, un impact négativement significatif pour les étudiants m'apparaît indissociable d'un plan de redressement qui prévoit augmenter ses sources de revenus (principalement en provenance des étudiants) et réduire ses dépenses (principalement en direction des étudiants). Même si les élèves ne semblent pas directement visés, la rondelle les happera violemment par la bande.

Donc, bien que la perspective de la grève ne me plaise pas énormément, je ne suis pas contrarié par les actions syndicales étudiantes ayant court présentement à l'UQÀM. Pour ce qui est du dégel des frais de scolarité, mon appui est conditionnel et, faisant un bloquiste de moi, si les conditions (voir plus haut dans le billet) ne sont pas remplies rapidement, je me positionnerai contre la proposition du gouvernement.

dimanche 28 octobre 2007

Gone baby gone (v.f.q.)

Pour sa première expérience derrière la caméra, l'acteur Ben Affleck a choisi d'adapter (il a également écrit le scénario) un roman de Dennis Lehan. Si Affleck a déjà fait ses preuves en tant que scénariste grâce à Good Will Hunting, la marche était un peu plus haute pour le scénariste, surtout parce que le dernier (et premier) roman de Lehan à avoir été adapté au cinéma était l'excellent Mystic River de Clint Eastwood.

Le rapprochement avec Mystic River est d'ailleurs inévitable, puisqu'on retrouve dans Gone baby gone une trame très semblable. Un crime a été commis dans un cartier de Boston, un enlèvement en l'occurrence, et toute l'affaire ne dépasse pas les limites de la communauté avoisinante, laquelle flirte avec le monde interlope. Les prémisses, donc, sont les mêmes.

Une autre ressemble tourne autour du questionnement moral que provoque le dénouement de l'intrigue. Outre les nombreux retournements, nous ne sommes jamais certains que les décisions prises par les protagonistes sont justes ou mauvaises et il est plutôt difficile de prendre parti, tellement nous ne savons jamais qui est bon ou méchant, mis à part le personnage central incarné par Casey Affleck.

Malgré toutes les ressemblances, uniquement due à la plume de Lehan, Ben Affleck n'a pas réalisé un Mystic River 2, si vous me permettez l'expression. Il est parvenu à faire de Gone baby gone un produit unique. Je n'ai pas lu le roman de Lehan, mais en tant que scénariste, Affleck a su donner à chaque personnage la place qui lui revient dans l'intrigue, évitant de trop se coller à l'un ou l'autre des acteurs de soutiens, ce qui aurait ajouté de la superficialité à l'intrigue, en plus de risquer de vendre le punch avant le temps.

Dans le costume du réalisateur, il a réussi à monter la marche. On sent que chaque acteur est à l'aise et naturel dans son interprétation, ce qui ne peut être totalement dissociable du travail d'Affleck, même dans le cas d'acteurs accomplis comme Morgan Freeman et Ed Harris. En effet, si Harris s'en est toujours bien sorti, Freeman, lui, a déjà souffert de mauvaises directions, dont dans le très décevant Dreamcatcher (2003). Quant à son propre frère, j'ai l'impression qu'il pourrait lui donner de très précieux conseils sur le jeu!

Gone baby gone nuira certainement à la carrière d'acteur de Ben Affleck, puisqu'il semble évident pour le moment qu'il est meilleur derrière l'écran que devant. Sa réalisation demeure sobre, alors qu'il aurait pu sombrer dans le ténébreux et l'ultra dramatique, ce qu'avait fait d'ailleurs Clint Eastwood dans Mystic River. Par ailleurs, les personnages sont plutôt colorés, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas leurs bibittes personnelles, mais au moins, ils n'ont pas des personnalités monochromes.

Enfin, l'intrigue amène le cinéphile à se poser de nombreuses questions morales, mais gare à celui qui pense d'avance savoir de quelle morale il s'agit. Gone baby gone n'est pas le genre de film dont on peut déduire le dénouement et la "leçon" longtemps d'avance. Même que, dans un certain sens, la fin et la leçon pourront sonner différemment selon le cinéphile.

À voir.

mercredi 3 octobre 2007

Un martien à Montréal

Depuis le début de septembre, j'habite la chambre d'une résidence universitaire montréalaise. Cela faisait six ans que je n'avais pas dormi sur l'île de Montréal, alors qu'en 2001, je goûtais pour la première fois à la vie urbaine. Mais ayant vécu huit ans dans sur la couronne nord de la métropole, mes déplacements "en ville" étaient réguliers et le visage montréalais n'était pas un énorme secret pour moi.

Malgré tout, mon déménagement de septembre ne fut pas sans me causer un certain choc culturel. Si j'avais déjà habité sur l'île, c'était à quelques pas de l'atroce et nauséabont échangeur Anjou. Si depuis quelques années, je venais fréquemment au centre-ville de Montréal, je n'y étais jamais resté pour la nuit. Donc, depuis 30 jours, je me sens un peu comme un martien dont le vaisseau se serait écrasé en plein Ville-Marie.

Comme n'importe quel martien qui échouerait sur terre, j'ai des comportements qui détonnent. J'attends que la petite main blanche clignote avant de traverser la rue. Lorsque les portes du métro s'ouvrent, je me range sur le côté afin de laisser sortir les passagers. Je ne m'immobilise pas au milieu du trottoir pour discuter avec quelqu'un ou parler au téléphone. Dans les couloirs, je marche du côté droit afin de laisser la voie de gauche libre aux personnes qui marchent en sens inverse.

Au-delà des habitudes de civisme différents, il y a des aspects de la vie urbaine que je découvre avec autrement plus de plaisir. Bien que l'argumentaire du boulanger à deux coins de rues ne m'ait jamais charmé, je dois admettre que j'apprécie de pouvoir aller prendre une bouchée dans un resto, aller voir un film par la suite et revenir chez moi en dix minutes, tout ça à pied. Que se fut durant mes années en banlieue ou celles en campagne, je n'ai jamais pu faire ça de ma vie.

Bien qu'il y ait des côtés pratiques à vivre au centre-ville, notamment le fait que ça sente meilleur qu'à Anjou, je suis toujours très content de retourner dans mon petit village de Lanaudière la fin de semaine venue. Les promenades dans les rues animées du Quartier Latin ne peuvent pas se substituer aux marches dans les sentiers par un beau dimanche ensoleillé. Le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles au vent sont d'ailleurs plus mélodieux à mes oreilles que le vacarme des sirènes et des bolides qui freinent à la dernière minute lorsque la lumière tourne au rouge!

mardi 2 octobre 2007

Convergence sur la blogosphère

Dans son billet du 2 octobre, le blogueur et chroniqueur de Média Matin, Michel Hébert, exprime l'une des réalités actuelles de la blogosphère politique québécoise: la convergence des idées. Il écrit:

Je ne blogue pas depuis longtemps. Juste assez toutefois pour me rendre compte d'un étrange phénomène: plusieurs blogues ressemblent à des clubs privés. Ils sont destinés à une seule façon d'envisager les choses, d'interpréter l'actualité et, bien sûr, de rendre un verdict sur ceci ou cela, sur lui ou elle.
En somme, c'est bienvenue si tu pense comme moi. Les autres, bof... Partout, ou presque, le même sectarisme.
Il ajoute également que les blogues de gauche se "ploguent" presqu'exclusivement entre eux et que le refrain n'est pas différent chez les blogues de droite. Enfin, il explique ce que tout le monde bloguant depuis plus longtemps que lui savent déjà: une guéguerre gauche-droite subsiste actuellement sur la blogosphère. Rien de surprenant, parce que cette guéguerre se déroule également dans la rue et dans les champs.

Je ne veux pas analyser cette querelle et encore moins chercher une réponse à la question "qui a commencé?" J'ai ma petite idée là-dessus, mais l'objectif de mon billet est de me pencher sur les conséquences de la querelle et non sur ses origines.

La conséquence est, pour un blogueur comme moi, la difficulté d'avoir une blogoliste hétérogène. À l'instar de l'observation de Michel Hébert, je "plogue" des blogues de gauche et ne suit "plogué" que sur des blogues de gauches. Je ne laisse de commentaires que sur des blogues de gauches et ne suis visité presqu'exclusivement par des blogueurs de gauche.

J'aimerais bien afficher le lien d'un blogueur conservateur dans ma blogoliste. Cependant, mon blogue n'est pas un site d'information politique où la rigueur et l'impartialité exige de moi de référencer autant de blogues qu'il y a de positions politiques. Si mes lecteurs veulent lire une contre-argumentation à mes propos gauchistes, ils n'ont qu'à se rendre sur TopBlogues ou TLMEB.

Je "plogue" donc des blogues dont j'apprécie la lecture, soit parce que je partage des idées avec leurs auteurs, soit parce qu'ils me font réfléchir et évoluer en tant qu'individu qui se veut le plus intellectuellement et moralement autonome. Tous les blogues se trouvant dans ma blogoliste remplissent ces deux fonctions, sans exceptions.

Toutefois, aucun des blogues de droite que j'ai explorés jusqu'à aujourd'hui ne remplit l'une ou l'autre de ces fonctions. La cause se situe au niveau des invectives et des insultes dirigées contre les gauchistes, sans le moindre nuancement.

Je sais que certains des blogueurs gauchistes que je référence ne sont pas plus tendre envers les droitistes. Sans trahir le troisième paragraphe de ce billet, je dirais seulement que dans le cas des blogues de gauche, je n'ai pas à traverser le goût de l'amerture avant de savourer pleinement les idées centrales. Il me faut parfois décanter les écrits, je l'admets (comme doivent le faire mes lecteurs lorsque j'écris d'interminables billets), mais je n'ai rien à affronter de plein fouet.

La raison en est simple, cette amertume n'est pas dirigée contre moi, étant moi-même gauchiste. Il en va tout autrement lorsque je m'essaie à la lecture de blogues de droite, où je devrais affronter et digérer les propos anti-gauchistes avant d'en arriver aux idées centrales. Or, j'ai bien d'autres choses à faire que de me faire chier pour des idées qui ne sont pas naturellement les miennes.

Autrement, certains blogues, même s'ils sont profondément ancrés à droite, pourraient répondre à l'une ou l'autre, voire les deux fonctions.

Bien que je n'étais pas obligé d'expliquer l'hétérogénéité de ma blogoliste, j'avais envie d'exprimer mon point de vue sur la situation soulevée par Michel Hébert. Je crois que mon billet pourrait être accorder à la sauce conservatrice et ne perdrait rien de sa valeur. Qu'ils soient de gauche ou de droite, les blogueurs se "ploguent" selon leur position sur l'axe politique parce que présentement, il faudrait être sacrément masochiste pour "plogué" des blogues qui t'attaquent, indépendamment des motifs, sur ce qu'il y a de plus sacré en toi: ton intelligence et ton honneur.

samedi 29 septembre 2007

Nouvelle blogosphérique de l'heure

La nouvelle n'est plus un secret pour personnes, du moins celles qui butinent dans le champ fertile de la blogosphère politique québécoise. Ainsi donc, le blogue adéquiste Les dessous de la politique ne répond plus, ce qui en réjouit plus d'un, dont quatre de mes amis blogueurs: Antipollution d'Indépendance pour tous, Louis d'Un homme en colère, Renart et son carnet résistant, et Fannie de La plume souverainiste, dont le premier billet en exactement trois mois concerne ladite nouvelle.

Personnellement, je n'ai que très rarement lu ce blogue. La première fois qu'il fut apporté à ma connaissance, j'en ai fait une visite en règle. Tout comme ce fut le cas la première fois que j'ai lu le blogue de MisterP, la lecture fut désagréable. Les propos malveillants, et dépourvus de tout intérêt, à l'égard des indépendantistes et des "gauchistes" polluaient chaque ligne de chaque billet. Et comme ce fut le cas pour le blogue de MisterP, je n'y suis plus retourné, sauf en de très rares exceptions.

Suis-je content de la fermeture du blogue tenu par Élodie Gagnon-Martin, qui semble de plus en plus n'être qu'un pseudo pour Pierre Morin, feu MisterP?

Oui, parce que ce type de blogue rend désagréable, voire impossible, l'échange d'idées entre les blogueurs de différents horizons. Oui, parce que même si les attaques de ce blogueur ne me visaient pas expressément, elles s'en prenaient à des valeurs que je chéris et, par extension, aux politiciens qui véhiculent ces valeurs et les blogueurs qui les partagent.

D’un autre côté, j'avais développé une certaine forme d'indifférence face à ce genre de blogues. Les inscrivant rapidement sur ma liste noire, l'itération de leurs propos acerbes et irrespectueux ne pèse pas aussi lourd sur mes épaules que sur celles des blogueurs qui les lisent plus régulièrement et qui leur servent fréquemment de pinãta. Ne leur accordant aucune valeur, ni positive ni négative, comment pourrais-je être affecté par la perte d'une chose sans valeur?

Ceux qui me lisent régulièrement ont probablement remarqué que mon blogue ne comporte aucune critique négative à l'égard d'un autre blogue... sauf pour Richard Martineau, une fois! Ce n'est pas parce que je n'ai jamais lu de billets m'ayant choqué et qui auraient mérités que je les "démolissent" ici.

Comme la plupart des blogueurs de la blogosphère politique québécoise, j'en ai lu des âneries et des bassesses. Cependant, je les jette sans attendre à la corbeille et si l'auteur mérite d'être jeté avec l'eau de son blogue, c'est ce qu'il advient. Je me laisse affecter par un billet ou un blogue durant dix secondes, tout au plus. Or, il m'en prend au moins vingt pour accéder au système de traitement de texte de mon blogue!

C'est un peu comme la nourriture. J'avale volontiers ce qui est bon au goût. Je fais des efforts pour avaler ce qui n'est pas particulièrement bon au goût, mais que je sais bon pour ma santé. Enfin, si ce que je goûte est complètement et irrémédiablement acariâtre, je le recrache promptement et n'en consommerai plus.

Je reprose donc ma question: comm ent pourrais-je être affecté par une chose dénuée de valeur?

Parce que, si le sort du blogue Le dessous de la politique me laisse totalement de glace en soi, sa fin représente une victoire et un soulagement pour d'autres blogueurs. Considérant leurs sentiments comme étant légitimes, je ne peux qu'être content pour eux. Voilà comment l'extinction de ce blogue, du moins dans sa version grand public, est quelque chose de positif à mes yeux.

mardi 25 septembre 2007

Une expression qui "sonne drôle"

J'ai une amie qui adore tout ce qui est magique. Pour vous donner un exemple, lors d'une randonnée en forêt l'hiver dernier, par une soirée neigeuse, sa première réaction fut de s'écrier: "On dirait Narnia". Ceux qui ont vu le film se rappelleront que les premiers pas des héros dans le monde de Narnia ont lieu dans une forêt touffue sur laquelle tombe sans repos une douce neige.

Soit dit en passant, l'habitude qu'elle a de presque tout relier à la magie et à l'émerveillement a certainement aidé à évacuer la tension qui nous habitaient tous, les animateurs scouts, lors de notre superbe (sarcasme) camp d'été.

Alors que je discutais avec cette amie, je lui annonce que j'aurais une "revue à lui prêter". Sur l'instant, je n'ai rien remarqué de louche, mais en la relisant, cette expression m'apparut sonner d'une drôle de façon.

Je ne sais pas pour l'ensemble de la population, mais chez nous, lorsqu'on prêtait notre 7 Jours, Sélections ou Lundi, il n'était jamais muni d'un élastique afin de nous revenir. On le lisait, on le conservait parfois, mais on n'exigeait pas son retour en cas de prêt.

Pourquoi tiens-je alors à ce que la revue dont il est question me revienne? Parce qu'il s'agit d'une revue scientifique, Les collections de l'Histoire; une publication thématique, trimestrielle et hors série de la revue L'Histoire (disponible dans tout bon kiosque à journaux).

Outre le fait qu'un tel genre de revue coûte presqu'aussi cher qu'un bouquin, ce n'est pas, pour un historien — ou historien en herbe, dans mon cas —, le type de revue qu'on balance au bac de recyclage après lecture.

En effet, ces revues sont une référence non négligeable pour l'historien, professionnel ou amateur. Les articles sont rédigés par des spécialistes, généralement des universitaires, et donc des sources d'informations précieuses. De plus, ces revues regorgent de références en bas de page et contiennent une, ou plusieurs, bibliographie qui pourrait s'avérer très utile plus tard.

Leur place, pour les scientifiques de l'histoire, est assurée sur les tablettes des étagères, à côté des ouvrages de références (dictionnaires spécialisés, atlas, etc.) et des monographies.

lundi 24 septembre 2007

Elle devra saisir sa chance

Pauline Marois a remporté les élections partielles dans Charlevoix par une large majorité, au terme d'une élection durant laquelle son aisance financière fut critiquée par des personnes qui se plaignent que les gauchistes veulent freiner la croissance économique, tant individuelle que collective!

Mis à part le piège dans lequel elle est tombé — c'est à dire de se justifier alors qu'elle n'avait absolument pas à le faire, donnant ainsi un crédit non mérité à de viles allégations —, je suis plutôt satisfait de la façon dont elle rempli son rôle de chef du Parti Québécois.

Cependant, je suis conscient que le véritable test reste à venir alors qu'elle prépare son entrée à l'Assemblée. Elle y rentrera par la grande porte et avec une forte légitimité. Malgré tout, une certaine inquiétude m’habite, et elle ne concerne pas sa capacité à tenir le débat avec ses adversaires politiques, car parmi toutes les pierres que les députés sont prêts à lui tirer, les plus grosses ne se trouveront pas devant elle, mais derrière!

Si les députés du Parti Québécois veulent que Pauline Marois remette le parti sur les rails, dans un élan qui mènera les péquistes plus loin que la gouvernance minoritaire, il leur faudra lui accorder beaucoup d'autonomie et un appui massif. Le plus gros défi des députés du PQ, et par extension, de ses membres, sera certainement de piler sur quelques-uns de leurs intérêts personnels pour le bien du parti et de la cause souverainiste.

Quant à Pauline Marois, sa plus grande épreuve sera de persuader ces députés d'agir ainsi. Elle n’aura probablement qu’une seule chance de le faire et elle devra la saisir.

jeudi 20 septembre 2007

Rien de nouveau

Le Journal de Montréal et son enquête sur les cyberprédateurs n'apportent rien de vraiment nouveau concernant la traque sur Internet. Elle existait bien avant que les journalistes de Quebecor ne s'y penchent et elle n'est guère plus1 fréquente ou alarmante qu'il y a dix ans, alors que moi-même, adolescent, recevait les précieux et mêmes conseils que les spécialistes donnent aux parents via les pages du quotidien montréalais.

Mais comment être en désaccord avec une série de reportage qui braque les projecteurs sur des criminels cybernétiques et qui informent les parents sur les mesures à prendre pour protéger leurs enfants? Si on se limite à cette description, il n'y a que du vertueux dans l'enquête du Journal.

Je ne suis pas contre l'initiative. Ce pourquoi je suis en désaccord est le traitement outrancier du sujet dans le but de vendre plus de copies. Et qu'est-ce qui fait vendre énormément depuis environ six ans? La peur. Quebecor sait comment exploiter la peur afin de s'en mettre plein les poches et ce, sans vraiment se soucier de l'impact sur les lecteurs.

En effet, cet impact pourrait être autrement négatif sur certains parents, et par extension, sur leurs enfants. Si la plupart des parents y verront un rafraichissement des notions de bases en matière de sécurité sur Internet, d'autres pourraient exagérer, notamment à cause du martèlement qu'ils subissent depuis quelques jours.

Les conseils pour naviguer en sécurité présentés par les spécialistes consultés par Quebecor sont plutôt raisonnables, exception faite de la définition des "jeunes à risques", définition qui, finalement, englobe presque 99% de la jeunesse contemporaine! L'efficacité de ces trucs et astuces réside justement dans leur équilibre entre la sécurité du jeune et sa liberté.

Cependant, un parent plus fragile au martèlement risque de tomber dans le piège que Quebecor tend à ses lecteurs dans le but de leur inciter à acheter leur produit: les alarmer. Je considère qu'il y a de fortes chances qu'un parent ainsi effaré ne se limite point qu'aux conseils judicieux et raisonnables, croyant à tort que le danger pour leur(s) enfant(s) est plus important qu'il ne l'est vraiment et qu'alors, des mesures plus drastiques s'imposent.

C'est un peu comme l'enfant qui pêche pour la première fois et qui, craignant d'être entrainé par le bébé poisson qui tire sur l'hameçon, laisse instinctivement tombé la canne à l'eau.

Il existe des parents prêts carrément tout débrancher! Des mesures trop drastiques ou en trop grand nombre peuvent créer une atmosphère contraignante et étouffante de laquelle l'enfant voudra s'échapper coute que coute. Ceci serait remplacer un danger par un autre, peut-être plus élevé encore.

Il est déjà inquiétant de constater que certains parents sont mis en contact avec les risques de la traque cybernétique grâce à cette enquête du Journal de Montréal. Tout aussi inquiétant serait que parmi ces parents, il y en ait qui n'iront pas chercher d'informations ailleurs que dans les lignes du quotidien.

Or, je crois important pour les parents qui lisent et liront les articles du Journal de Montréal de prolonger leur recherche de renseignements sur des sites ou auprès d'organismes spécialisés, et non se contenter d'un rapport fait par des personnes s'étant pencher sur le problème que depuis quelques semaines. L'exercice fournirait non seulement un supplément d'informations, mais permettrait sans doute aux parents de mieux cerner les risques s'appliquant particulièrement à leur(s) enfant(s). Je suis certains que des mesures inadéquates auraient des effets indésirables, notamment si les enfants ont l'impression qu'ils perdent une confiance si chèrement méritée.

Ce billet ne cherche pas à banaliser les dangers que représente la présence de prédateurs sexuels sur Internet ainsi que la navigation insouciante de certains enfants. L'hameçonnage d'enfants sur Internet dans le but d'avoir des relations sexuelles est un crime grave qui doit être puni sévèrement.

Toutefois, à l'instar de la menace terroriste qui n'est pas plus grande à cause des attentats du 11 septembre 2001, le danger qu'un enfant tombe dans le piège tendu par un cyberprédateur n'est pas plus grand à cause que Quebecor en parle sur la moindre plateforme à sa disposition. Il suffit d'être conscient des faits, d'être informé des habitudes cybernétiques de ses enfants et d'utiliser judicieusement les mesures de sécurité en fonction de celles-ci.

1 Cet adverbe est essentiel à une juste compréhension de mon point de vue.

mardi 18 septembre 2007

Il va encore y avoir du sport

Lors d'un furetage sans but sur le net, j'avais cru comprendre, de passage sur le site de Télé-Québec, que l'émission Il va y avoir du sport n'avait pas survécu à sa première saison.

J'étais très déçu, car même si je n'ai pas regardé cette émission aussi souvent que je l'aurais souhaité, je la considérais comme la seule émission de débat au Québec. Mise à part peut-être TVA en direct.com, les émissions d'affaires publiques et de tribunes téléphoniques, où existe un certain potentiel, ne sont très souvent qu'une tribune à sens unique en faveur de l'animateur (Richard Desmarais à TQS, Richard Martineau à Télé-Québec et TVA) ou du média (Denis Lévesque à TVA). Durant ces émissions, les interventions pertinentes mais différentes ou nuisibles sont démolies, parfois sans ménagement, parfois sournoisement.

Mais l'émission animée par Marie-France Bazzo à Télé-Québec permettait d'opposer deux parties dans un débat thématique. Une sorte de 110% sérieux, notamment grâce à un sang-froid exemplaire des participants et une argumentation solide... et parfois frustrante, lorsque servie par l'adversaire! De plus, des personnalités étaient invitées à commenter les thèmes de l'émission, ce qui nous permettait de découvrir des aspects méconnus de leur personnalité, même dans le volet plus conventionnel des entrevues.

Quelle ne fut pas mon agréable surprise de constater, en lisant mon horaire télé, que l'émission se poursuivait pour une nouvelle saison. Comme de nombreuses autres émissions, celle-ci pourra encore chambouler ou confirmer nos idées et nos valeurs, mais pour des raisons autrement plus intelligentes.

lundi 17 septembre 2007

Toujours pousser dans le derrière

Il y a un peu plus d'un an, je rédigeais sur mon ancien blogue un billet sur l'état de santé de ma grand-mère, soupçonnée d'être atteinte de la maladie d'Alzheimer. Je dis "soupçonnée", car tant qu’elle n'aura pas franchi le seuil de l'au-delà, nous ne pouvons être certains à 100% qu'elle est bien affligée de ce mal.

Quoiqu'il en soit, la maladie d'Alzheimer en est une dégénérative et cette caractéristique s'applique malheureusement à mon aïeule. Sa mémoire est davantage affectée que l'an dernier, de sorte que son cerveau compense le manque de souvenirs véraces par une sorte de reconstruction où se mêlent bribes d'informations et imaginations.

Exemple, ma grand-mère se souvient que j'ai amené de chez elle des draps pour lit simple. Cependant, sa mémoire n'a rien enregistré d'autre, créant ainsi une incohérence dans son esprit. Plutôt que de se convaincre qu'elle m'a prêté ces draps dont elle ne se sert jamais, elle se convainc plutôt que je lui ai pris ces draps de forces, des draps qu'elle avait sortis pour changer son lit. Comme la présence de ma mère lors de cet événement contredit cette version, sa mémoire la persuade que cette dernière était absente.

Inutile de mentionner que son niveau de paranoïa a aussi fait un bond en 15 mois. Au début du mois de juillet, alors que nous l'avions invité à venir habiter à la maison, sa mémoire lui a fourni tous les prétextes dont elle avait besoin pour refuser l'offre. Ainsi, mon père l'aurait menacée d'un couteau alors que moi, insulté qu'elle refuse de venir habiter avec nous, aurait surgit un jour dans sa chambre dans le but de l'engueuler. Bien sûr, ni l'un ni l'autre de ces événements ne s'est produit.

Son autonomie en prend également pour son rhume. Elle fait son café dans une cafetière très sale, dors dans des draps dont on ignore le moment du dernier nettoyage, oublie de nettoyer ou changer la litière de son chat, laisse traîner des objets un peu partout dans sa chambre, etc. Elle a développé une dépendance malsaine à son oxygène, s'empoisonne en prenant plus souvent que prescrit son broncho-dilatateur ou en oubliant de prendre tous ses médicaments. Enfin, on ignore à quelle fréquence elle se lave et à quel moment ses carotides se bloqueront de nouveau à cause des sacs de croustilles et de la trentaine de Revello qu'elle s'envoie en l'espace des quelques jours après ses emplettes.

Ma grand-mère ne peut plus vivre en résidence pour retraités autonomes. Il s'agit d'une évidence pour moi et mes parents. Alors qu'il y a plusieurs mois, l'infirmière du CLSC nous poussait dans le derrière pour enclencher le processus d’institutionnalisation, c'est maintenant à notre tour de pousser dans le derrière des autorités médicales pour faire avancer les choses.

Quant est-ce que le dossier de ma grand-mère sera assez urgent? Lorsqu'elle appellera le 911 pour signaler un vol n'ayant jamais eu lieu? Lorsqu'elle développera une maladie de peau à cause de son manque d'hygiène? Lorsqu'elle fera un nouvel infarctus parce que toutes ses veines seront aussi bouchées que l'autoroute Décarie en plein heure de pointe? Lorsqu'elle se mettra à nous jeter des objets par la tête en pleine épicerie parce que nous essayons de limiter ses achats de cochonneries? Lorsqu'elle fera une crise d'asthme dévastatrice parce qu'elle aura encore oublié de nettoyer la litière de son chat? Lorsqu'elle se disloquera la hanche en s'enfargeant dans l'une des nombreuses bébelles qui traînent sur son plancher et qu'elle ne veut pas qu'on ramasse pour sa sécurité?

Je sais que nous ne sommes pas la seule famille à attendre qu'un aïeul reçoive les soins appropriés. Ce n'est cependant pas une raison pour rester les bras croisés et attendre patiemment. Au contraire, toutes ces familles devraient également se sentir mieux encadrées et rassurées par un traitement prompt et efficace du dossier de leur être cher.

Pourquoi, quand vient le temps d'obtenir des services de santé efficaces, il faut toujours pousser dans le derrière de quelqu'un (ou quelques-uns), jusqu'à en devenir une nuisance pour le "système"?

jeudi 13 septembre 2007

Les pilotes sont épargnés... pour le moment!

C'est la première fois que j'aborde un sujet concernant la Formule 1 sur mon blogue personnel depuis que je suis chez Blogger. Lorsque j'étais hébergé sur CanalBlog, j'avais mis en ligne un second blogue consacré à ce sport, mais n'ayant pas le temps de travailler dessus, je ne l'ai pas migré vers la plateforme de Google. J'ai enregistré l'adresse web, mais le site n'est pas encore en ligne et ne le sera pas dans à court terme.

C'est donc ici que je me penche sur LA nouvelle de l'année dans le monde de la F1: l'écurie Vodafone McLaren est condamnée à une amende de 100 millions de dollars pour espionnage industriel (RDS). De plus, l'écurie perd tous ces points dans la course au titre des constructeurs et ne pourra espérer en gagner lors des quatre dernières courses de la saison, dont le Grand Prix du Belgique, qui doit avoir lieu cette fin de semaine à Spa-Francorchamps.

Cette décision ne concerne heureusement pas les points des deux pilotes de McLaren, l'espagnol Fernando Alonso et le britannique Lewis Hamilton, respectivement second et meneur au championnat des pilotes. Ceci dit, Alonso et Hamilton ne peuvent être considérés comme étant "épargnés" par la condamnation de McLaren.

En effet, tôt ou tard, la sanction imposée à l'écurie sera dommageable pour les pilotes. Dès cette fin de semaine, Alonso et Hamilton pourraient se retrouver dans une atmosphère lourde et difficile. Même si chaque membre de l'écurie, autant pilotes qu'ingénieurs, est un professionnel, leur avenir en formule un est désormais hypothéqué, ce qui risque fort de les affecter.

Si preuve est faite que les données volées à la Scuderia Ferrari ont été employées afin d'améliorer les performances des voitures, les conséquences pour McLaren pourraient être plus importantes l'an prochain. Impossible donc de savoir si les pilotes seront aux commandes d'une voiture aussi performante que cette année, et même en admettant que oui, est-ce que le travail dans les puits et les garages seront de la même qualité.

Ce serait probablement Fernando Alonso qui en sortirait le plus affaibli, car il semblerait qu'il ait été mis au courant des données recueillies grâce à l'espionnage. Si on ajoute à cela la grande confiance que les écuries accordent aux jeunes tels que Nico Rosberg, Heikki Kovalainein et prochaine, Nelson Piquet Jr., Alonso éprouverait sûrement plus de difficultés à se trouver un volant de qualité que son collègue Lewis Hamilton advenant son départ de chez McLaren.

En ce qui concerne ce dernier, son avenir n'est possiblement pas aussi incertain que celui d'Alonso. Je ne crois pas qu'Hamilton quitte volontairement l'écurie McLaren. Ce sera l'état de l'écurie après avoir absorbé toutes les sanctions qui détermineront si le jeune pilote se cherchera un autre volant. Si c'est le cas, alors je doute que cela se fasse avant 2009, alors qu'Alonso est plus susceptible de quitter dès la saison 2008.

Promis à un bel avenir en formule 1, Hamilton pourrait espérer se trouver un volant chez des écuries de premier ordre. Peut-être Ferrari, peut-être BMW, advenant que Robert Kubica et/ou Nick Heidfeld ne connaissent pas une saison 2008 à la hauteur des attentes de Mario Thiessen. Je ne doute pas que ce dernier puisse tirer un trait sur sa vision toute germanique (quoique Kubica soit polonais) de l'écurie BMW afin de faire de la place pour Hamilton.
Mais bon, pour le moment, tout ce qui ne concerne pas explicite l'amende de 100 millions de dollars et la perte des points au championnat des constructeurs n'est que pure spéculation. Le reste de la saison 2007 (le couronnement d’un pilote McLaren sera-t-il légitime?), l'actualité d'entre-saisons (départ d’un pilote?) et le début de 2008 (une écurie compétitive?) seront fort intéressants, en espérant que ceux qui doivent être punis le soient, mais que ceux qui sont innocents puissent s'en tirer avec le moins de dommages possibles.

samedi 8 septembre 2007

Vestibule et débit de paroles

Ma première semaine d'université est maintenant derrière moi. Sur 4 cours, je n'en ai suivi que deux. J'en ai manqué un à cause de la fatigue; je ne voulais pas non plus être pris dans le trafic, car le témoin "check engine" s'était allumé dans ma voiture. Le deuxième, je l'avais déjà suivi l'an dernier et j'en ai donc profité pour magasiner mon ordinateur à la place.

Si les études universitaires sont l'antichambre de la discipline historique, ce cours en est assurément le vestibule de l'antichambre: Initiation au travail historique. Le cours s'annonce plutôt ennuyant, dans la mesure où ils s'attardent non pas sur les connaissances historiques, ni même sur la recherche, mais bien sur les façons de faire de la recherche. Il sera très pratique d'en apprendre sur la méthodologie, mais ce cours est un peu comme des cours de guitare, où le plus intéressant n'est pas d'apprendre à jouer de la guitare, mais d'être capable d'en jouer par après.

L'autre cours, que je ne nommerai pas pour des raisons de confidentialité, m'a vis face à face avec un véritable débit de paroles. Évidemment, en étudiant à l'université, on s'habitue à écouter des professeurs ayant un débit continuel et sans interruptions, mais ce professeur-là bat des records. Non seulement débite-t-il continuellement et sans pause, il débite doublement. Il me faudra certainement quelques semaines pour adapter ma prise de notes à ce débit haute-vitesse! Heureusement, son cours risque d'être assez intéressant.

Enfin, j'aime la rentrée, mais un facteur vient toujours assombrir le tableau: le bain de foule. Des milliers d'étudiants obstruant presque chaque recoin des pavillons centraux, rendant ardu tout déplacement. Les couloirs sentent la même chose que le vestiaire des Canadiens après une partie disputée chaudement. D'ailleurs, je ne vais jamais chercher mes livres scolaires durant la première semaine, car il fait certainement aussi chaud planté en ligne à l'UQÀM que couché dans un four crématoire.

Pourquoi une université comme l'UQÀM, qui accueille plus de deux dizaines de milliers d'étudiants, ne procède-t-elle pas à des rentrées progressives, quitte à mettre en place des fins de session toutes aussi progressives?

vendredi 7 septembre 2007

Premier billet...

... avec mon nouveau portable. Ce n'est finalement ni un Dell ni un MDG, mais un ordinateur acheté chez Bureau en Gros. Je sais que j'avais écrit que les portables provenant d'un tel magasin offrait bien peu d'options et c'est toujours le cas. Mon ordinateur ne comprend aucun logiciel en extra ni aucun gadget que j'aurais pu ajouter si j'avais commandé un ordinateur chez Dell.

Mais voilà, je n'avais pas de crédit pour un Dell. Je n'ai jamais eu de compte à crédit (Bell, Hydro-Québec, Rogers, etc.) à mon nom. Je n'ai donc pas de mauvais crédit... j'en ai tout simplement aucun. Étant donné que j'étais un bénéficiaire de l'assistance sociale depuis deux ans, je ne suis pas considérer comme ayant un revenu. Mais bon, tout ça, ce n'est que des détails sans grande importance à ce moment-ci de ma vie et n'enrichit pas vraiment le contenu de ce billet!

Bref, après une semaine à magasiner les portables et quelques bons conseils d'un ami s'y connaissant en informatique, j'ai déniché un portable qui pouvait me satisfaire. Ce n'est pas une perle rare ni un super ordinateur, mais il a un processeur Core 2 Duo d'Intel et un disque dur roulant à 5400 tr/minutes. Certes, les 7200 tr/min. ont fait leurs apparitions dans les portables, mais certains fonctionnent encore avec des 4200 tr/min. Je n'ai que 1go de mémoire vive, mais j'ai la possibilité de pousser ça à 4go, quand mes moyens me le permettront.

Je ne vais pas mentionner la marque et le modèle de ma nouvelle acquisition et ce, pour deux raisons: d'abord, j'ai mieux à faire que d'offrir une publicité gratuite et, ensuite, j'en ai eu assez de me casser la tête avant de l'acheter que je n'ai pas envie de regretter ou douter de mon choix en ouvrant la porte à des commentaires pouvant être négatifs à l'égard de ce produit.

Pour l'instant, tout semble fonctionner et l'expérience n'est pas sans être rafraîchissante en comparaison de mon ordinateur de table qui est vieux de 7 ans!

mardi 4 septembre 2007

Acheter un portable, pas si évident

Depuis que je sais que je bénéficie d'un prêt de 2000$ pour l'achat de matériel informatique, je magasine les ordinateurs. Évidemment, je ne pense pas dépenser la totalité du prêt uniquement pour un ordinateur portatif. Comme je m'en servirai au moins pour les 3 prochaines années, je veux un produit de qualité, mais je n'ai pas besoin d'un ordinateur haut de gamme. Le moyen de gamme, selon un budget tournant autour de 1100$, me conviendra parfaitement.

Mais lequel choisir? Au niveau du matériel de base, ils se ressemblent tous. Ils ont tous un processeur deux cœurs d'Intel (entre 1,66 et 2,0GHz), un disque dur à 5400 tr/min (120 ou 160 Go), une mémoire de 2Go, un graveur CD/DVD, un écran de 15", etc. Ce sont sur les options que des différences sont notables.

Les ordinateurs disponibles chez Bureau en Gros offrent bien peu d'options, alors que ceux de chez Dell ou MDG en offrent davantage. L'Inspiron de Dell peut être livré avec Microsoft Office 2007 Étudiant alors que le VisionBook L vient avec deux suites de logiciels. Cependant, un grand nombre de logiciels n'est pas nécessairement un avantage et pour le moment, impossible de savoir si lesdits logiciels livrés avec le VisionBook L sont disponibles en français.

Chacun a ses avantages et ses inconvénients. L'Inspiron de Dell est configurable et il est facile d'arriver à un produit plus avantageux que le VisionBook L pour un prix légèrement moindre. Cependant, les produits de Dell sont tous confectionnés en usine et il faut donc compter un délai de livraison. Pour le moment, impossible de connaître la durée du délai. Les produits MDG sont, quant à eux, disponible le jour-même, selon leur site web.

À cet instant, je favorise l'Inspiron de Dell. Peut-être devrai-je attendre un peu avant de pouvoir en profiter, mais d'après la configuration qui me plaît, l'Inspiron me reviendrait à 127.68$ de moins que le VisionBook L de MDG. Pour un étudiant, c'est une grosse différence.

Après mon cours de ce matin et l’investiture de ma chambre à l'UQÀM, j'irai probablement rendre une petite visite aux succursales lavalloises de Dell et de MDG, question de faire un pas de plus vers ma prise de décision.

mercredi 29 août 2007

C'est compliqué

Hier, j'ai reçu mon calcul de prêts et bourses pour l'année 2007-2008, ce qui m'a enlevé un autre énorme poids de sur le dos. Je pourrai me concentrer à temps plein à mes études sans trop me soucier des problèmes d'ordre financier. Dans quelques minutes, j'irai chercher mon certificat de garantie (attestant mon inscription à temps plein) à l'université et cet aspect de mes études sera réglé.

Avant-hier, je trouvais cela compliqué pour moi de boucler la boucle avant d'entreprendre ma session mardi prochain. Mais ce matin, je ne peux que me rendre compte que cela s'est passé plutôt bien pour moi, alors qu'il en va tout autrement pour mon père.

Ce dernier n'a pas de DEP. Il n'a pas terminé son secondaire IV et au début de sa vie d'adulte, cela ne l'avait en rien dérangé. Il a même pu obtenir sa carte de compétence de briqueteur-maçon sans le moindre problème. Aujourd'hui, cette carte n'a plus aucune valeur et sa réorientation professionnelle est un cauchemar.

Il y a deux ans, il était parvenu à se faire payer un cours d'opérateur de machinerie lourde par la CSST. Le hic, c'est que la grande majorité des employeurs exigent que les candidats à l'embauche possèdent également un permis de classe 1. Le deuxième hic, c'est que la majorité des écoles de formation en transport par camion exigent — en réalité, c'est le MELS qui l'exige — un DEP ou des «équivalences», tels que le test de développement général.

Peu importe le nom qu'ils portent, tous les programmes qui permettent d'accéder à cette formation demandent une certaine connaissance en mathématique, en français et en science. Si mon père n'a pas réussi dans ces matières lors de ses études secondaires, en quoi serait-il possible qu'il y parvienne aujourd'hui?

Mon père est très bon aux commandes de machineries lourdes et le serait assurément au volant d'une remorque. Je veux dire par là que je n'ai aucun doute sur ses capacités à passer les tests théoriques et techniques de la SAAQ. Mais lui demandé de passer des tests en mathématique, en français et en science, c'est une magnifique façon de lui mettre des bâtons dans les roues.

Il existe des écoles qui, non reconnue par le MELS, mais certainement aussi bonnes aux regards de la SAAQ, offrent des cours de conduite de camion. Le troisième hic, c'est que le MELS n’accorde aucune aide financière pour ces écoles. Or, mon père est présentement le seul pourvoyeur de la maison et qu'à cet instant, ma mère peine à se trouver un emploi. L'investissement de près de 2000$ ne lui est donc pas possible dans l'immédiat et il n’est plus couvert par la CSST.

Présentement, mon père occupe un emploi qu'il n'aime pas particulièrement. Ce qui le fait triper, c'est d'être sur un chantier de construction. Il en est très loin. Il ne s'en plaint guère, mais je n'ai pas besoin de lamentations pour comprendre qu'il s'ennuie et qu'il est malheureux. Probablement que dans un an, il aura les moyens de suivre un cours dans une école non reconnue par le MELS, mais un an à faire un emploi chiant, c'est très long.

Je sais que toutes les mesures du MELS visent à garder les jeunes sur les bancs d'école au moins jusqu'à 16 ans, mais je trouve que dans plusieurs cas, pas seulement celui de mon père, ce système gêne sérieusement l'accès à l'emploi de plusieurs personnes compétentes. C'est du vrai gaspillage de main-d’œuvre.

jeudi 23 août 2007

Difficile de s'en sortir

La communication efficace se définit par deux concepts: l'émission et la réception. L'émetteur doit s'assurer d'émettre un signal, visuel ou auditif, le plus clair possible. Le récepteur doit prendre soin de recevoir le signal et de l'assimiler de la façon la plus fidèle possible. Normalement, tant l'émetteur que le récepteur doit s'assurer que le signal demeure le même entre l'émission et la réception, ce qui implique de dissiper tout doute.

Dans la vie de tous les jours, les Québécois et les Canadiens éprouvent de la difficulté à communiquer de façon efficace. Le plus souvent, c'est parce que personne ne s'assure de la pureté du signal et chacun laisse sa conception personnelle des choses biaiser sa compréhension du signal. Des couples, des amitiés, des alliances entrepreneuriales et autres se dénouent chaque jour à cause d'un problème de communication.

Dans l'univers de la politique, la situation ne peut être que pire, car s'ajoute le facteur partisan. Il devient ardu de communiquer efficacement lorsque le sujet d'une conversation est la politique, que ladite conversation soit tenue entre politiciens, entre politiciens et électeurs ou entre électeurs.

Voilà pourquoi il est malaisé de formuler une opinion nuancée en politique. Le politicien qui émet une opinion nuancée offre inévitablement des munitions à ses adversaires. Ceux-ci récupèreront à leur avantage la partie de ladite opinion leur permettant de renforcer leur popularité auprès de l'électorat, tout en prenant soin d'ignorer la partie pouvant avoir l'effet contraire.

Dans la même avenue, l'électeur qui émet une opinion nuancée risque fort de donner des munitions autant aux politiciens qu'aux électeurs agissant à titre de détracteurs. Le premier interprétera l'opinion dans sa forme la plus biaisée alors que le second est fortement susceptibles de prendre pour un paradoxe ce qui n'est qu'un concept moins extrême, plus modéré, peut-être même plus réfléchi.

C'est là ma façon d'expliquer les différentes opinions qui circulent concernant la guerre en Afghanistan, une intervention qui nécessite certainement plus de réflexion que simplement être pour ou contre. Le problème, c'est que si l'opinion n'est pas radicale, elle ne sera pas reçue fidèlement par le récepteur.

Ainsi, il est dangereux d'afficher son appui aux soldats canadiens, car combien même l'on nuancerait en ajoutant que l'on est cependant contre l'intervention (totalement ou dans sa forme actuelle), notre présent gouvernement l'interprétera comme un appui général à la mission en Afghanistan. En bons politiciens, les membres du Parti conservateur conserveront ce qui leur conviendra et ignoreront le reste.

L'inverse est tout aussi vrai. Une personne qui affiche son opposition à la mission dans sa forme actuelle, mais qui appuierait une mission remodelée, plus équilibrée entre ses aspects protection et reconstruction, verra son point de vue déformée par de nombreux membres du NPD et du Bloc. Ces derniers y percevront, car cela est de leur intérêt, uniquement la partie «opposition à la mission».

De la même façon, il est difficile d'exprimer la profonde réflexion que l'on peut faire concernant cette guerre. La personne qui n'aime pas l'intervention canadienne, mais qui ne veut pas non plus laisser les Afghans aux mains des talibans, devient pro-guerre pour les pacifistes convaincus et un pacifiste égoïste et pleurnichard pour les pro-interventionnistes persuadés.

Je crois que la perversion des opinions peut expliquer pourquoi nous voyons beaucoup de gens s'afficher totalement en désaccord avec la mission afghane jusqu'à refuser d'appuyer les êtres humains derrières les militaires engagés. Pourquoi nous voyons beaucoup de gens qui appuient à la fois les militaires et la guerre en Afghanistan, presqu'inconditionnellement. Pourquoi nous voyons peu de gens partager haut et fort leur vision nuancée, parfois tiraillée des choses.

Je crois aussi que cela explique un peu pourquoi, tant sur la blogosphère qu'à l'Assemblée ou dans l'isoloir, la gauche et la droite, tant canadienne que québécoise, semblent à la fois irréconciliables et se méconnaissant royalement l'un l'autre. Le plus désespérant là-dedans, c’est que ceux qui se servent de la radicalisation afin de protéger une partie d'une opinion qui serait autrement plus nuancée le font parce que plusieurs autres se complaisent dans cette communication déficiante.

vendredi 17 août 2007

Allégorie sur la gauche et la droite politique

À quatorze ans, j'ai fait mon entrée dans l'univers de la politique, un sac sur le dos. Avant de mettre définitivement les pieds dans ce monde rocambolesque, qui donne parfois la migraine, je devais m'arrêter au poste de triage. Devant le vieil homme à l'air sévère, de petites lunettes carrées sur le bout d'un nez aquilin et des cheveux argentés éparpillés sur un énorme crâne nervuré, je vide le contenu de mon sac: valeurs, aspirations, qualités, défauts, quelques épisodes clés de mon éducation, etc.

Le vieil homme se penche sur les facteurs étalés sur son comptoir. J'ai l'impression qu'en plus de scruter attentivement le moindre détail de ce que je lui présentais, le vieil homme reniflait. Sans doute que son long nez lui permet de sentir des choses que ses yeux ne voyaient pas. Pour toute réaction à son examen, le vieil homme, armé d'une grande plume, prend des notes sur un petit parchemin. Je n'arrive pas à lire, car aussitôt écrits, les mots s'effacent, ou plutôt s'enfoncent dans le matériel.

Après une interminable attente, le vieil homme lève sls yeux vers moi et me dit, d'une voix rauque et usée: «À gauche, mon garçon». Il m'explique vaguement que cette direction est celle qui me conviendra le mieux, selon ses profonds et savants calculs. Il termine en me disant que si je le désirais, mon dossier pourrait être réévalué dans quelques années par le secrétaire à la réorientation.

Il semblerait qu'on ait choisi pour moi où je devais me situer sur l'échelle (horizontale) politique. Du côté gauche, un inconnu m'a dit que si je demandais une réorientation, je devrais être certain que la gauche ne me convenait plus. Il est possible de leurrer le secrétaire, mais pas son for intérieur. Si je m'aventure du côté droit alors que ma place est toujours à gauche, je risque alors d'être condamné à continuellement changer de direction, jusqu'à m'en faire des ennemis des deux bords.

Depuis, je n'ai jamais demandé au secrétaire de me réorienter. Ce n'est pas parce que mes valeurs n'ont pas évolué ou que je n'ai jamais senti que la gauche ne me convenait pas. C'est plutôt que les années qui ont coulées depuis mon arrivée m'ont permises de connaître les fondements et les critères d'admissibilités du côté droit. J'admets que certains aspects sont attirants et me conviendraient, mais il semble que l'accès aux côtés vient en forfaits indissociables et exclusifs.

Or, le forfait de droite pervertirait davantage ma véritable nature que le forfait de gauche. Comme plusieurs autres, je reste près de la frontière séparant la gauche de la droite. Je discute avec les gens de l'autre côté qui se tiennent également près de la frontière. Je vois ce qui se passe à droite, je fais miennes quelques-unes des idées qui s'y trouvent, mais tout ça demeure officieux, jamais officiel. Parfois, je recule, me replaçant davantage vers la gauche, mais je ne traverse jamais.

Cette petite histoire raconte comment je me sens à l'intérieur du discours gauche-droite de la politique. À la base, mes valeurs ne sont ni progressistes ni conservatrices; on a déterminé qu'elles étaient majoritairement progressistes, donc de gauche. Au départ, mes valeurs sont tout simplement... mes valeurs. Elles répondent ni à un besoin de progresser ou de conserver quelque chose, mais plutôt à un besoin d'assurer mon bien-être — rien d'égoïste là-dedans, juste un état normal que certains essaient de renier —, qui passe inévitablement par celui de mes proches et de la société dans laquelle j'évolue.

Il est vrai que les partis de gauches répondent mieux à mes aspirations, mais pas à leur totalité. Évidemment, on ne me demande pas d'oublier ou de renoncer à mes valeurs «non-progressistes», mais on ne m'offre pas les moyens de concilier mes valeurs lorsque j'entre dans l'isoloir. La nature de mes valeurs n'étant pas influencée par la performance d'un parti politique de gauche ou de ses politiciens, la gauche, de par sa philosophie, demeure le côté de l'échelle politique qui me convient le mieux et pour lequel je vote.

jeudi 16 août 2007

Une nouvelle Pauline Marois?

De deux choses l'une: soit les Québécois n'ont jamais vraiment donné la chance à Pauline Marois d'exposer sa vraie personnalité avant 2007, soit les deux ans de «congé» de Pauline lui ont permis de prendre conscience de ce qui lui manquait pour s'attirer la sympathie des gens. J'opterais pour la deuxième option.

D'abord de passage à Bons baisers de France la semaine dernière, Pauline s'est également payée une visite sur le plateau de Sucré Salé cette semaine. Deux émissions généralement consacrées à la variété et assez populaires grâce à leur ambiance décontractée et estivale. Lors des deux occasions, Pauline a su démontré qu'elle n'était plus cette femme aux cheveux raides, à l'air renfrogné et le menton si relevé qu'il formait un angle de 180 degrés avec son cou.

Pauline est désormais capable de démontrer qu'elle est d'abord et avant tout une femme, une citoyenne au même titre que chacun des électeurs du Québec. C'est comme si, en baissant le menton, Pauline pouvait maintenant voir les citoyens qu'elle sert, et permettait à ces mêmes citoyens de lire une partie de son âme. Sur les deux plateaux, elle était rayonnante, le sourire volontiers, les yeux pétillants lorsqu'elle parle de souveraineté, mais consciencieux et compréhensifs lorsqu'elle parle de mettre le débat référendaire au rancart pour le moment.

En 2007, Pauline est capable de faire des blagues, de parler dans un français impeccable sans pour autant sembler venir d'une autre planète. Elle partage, ou bien les médias s'y penchent davantage, sa vie en dehors de l'arène politique, nous faisant connaître une Pauline proche de sa famille, qui adore les voyages, pour qui la cuisine est un pur moment de détente et qui aime bien chantonner du Gilles Vigneault. Elle en a même offert un extrait à Guy Jodoin, sans doute le moment le plus extraordinaire de l'émission.

Cependant, Pauline ne semble pas avoir jeté le bébé avec l'eau du bain. Ce qui en faisait la plus redoutable adversaire d'André Boisclair lors de la course de 2005 en fait aujourd'hui la plus redoutable adversaire de Jean Charest et Mario Dumont. Elle est têtue et l'assume. C'est toujours avec la tête haute, mais moins qu'avant, qu'elle entreprend sa rentrée parlementaire, possiblement après avoir traversée une élection complémentaire.

Son franc parler est probablement une chose qu'elle partage avec Mario Dumont, mais elle démontre beaucoup plus de stoïcisme et de sérénité. D'ailleurs, j'ai trouvé que Pauline réalisait un tour du chapeau en sachant nommer les trois défauts d'André Boisclair à Sucré Salé (jeu Vérité ou conséquence); franche, mais compatissante et point insolente. Si André a écouté l'émission, je suis certain qu'il l'a pris pour ce que c'était: d'amicaux et précieux conseils.

Pauline est également une femme d'expérience en politique, ce qu'elle partage avec Jean Charest. Toutefois, je pense que Pauline, celle de 2007, a beaucoup plus de charisme que M. Charest pour communiquer aux autres son expérience. Je pense qu'elle saura démontrer aux Québécois qu'elle connaît et maîtrise assez bien les rouages de la politique pour défendre leurs intérêts.

À une période où, tant la gauche que la droite québécoise exige d'être entendue, Pauline m'apparaît avoir un avantage. En effet, si Pauline parvient à concilier les deux factions de son parti avec un certain succès, elle sera celle qui parviendra le mieux à offrir au Québécois une alternative centralisatrice.

En 2005, je n'aimais pas du tout Pauline Marois. Elle m'apparaissait hautaine, déconnectée, froide et bornée. En 2007, elle m'apparaît davantage comme une femme fière (avec raison), réaliste, chaleureuse et ouverte d'esprit, tout en demeurant déterminée dans ses convictions les plus profondes, dont la souveraineté.

Ceci ne me fait pas oublier le sort que le Québec a réservé à André Boisclair et qui m'a ouvert les yeux sur l'immobilisme de la province. Cependant, le départ d'André me semble moins amer maintenant que je sais que le Parti Québécois se retrouve sous le leadership de Pauline Marois... ce qui ne m'empêchera pas de demeurer vertement critique envers le parti et sa cheftaine.

mardi 14 août 2007

Petits changements

J'ai effectué d'infimes changements à mon blogue. Avec Analytics, j'ai pu repérer les sites de référencement ayant mené des internautes sur mon blogue. Ce sont donc les seuls que j'ai gardés dans ma liste «Référencement». Puisque les autres sites ne semblaient pas avoir servi de porte d'entrée vers mon blogue, pourquoi mon blogue servirait-il de porte d'entrée vers ces sites?

Suite à la suggestion d'AntiPollution, j'ai décidé de réorienter le référencement de mon blogue sur les sites Top Blogues et Tout le monde en blogue. Le plus important m'apparaissait être de me sortir de la catégorie des blogues personnels, car bon nombre de blogueurs évitent cette catégorie comme la peste, n'étant pas amateurs des blogues sur lesquels l'auteur ne fait que raconter son quotidien.

Certes, je suis de ceux qui partagent ses expériences personnelles, parfois très personnelles, mais mon blogue est loin d'être purement un journal intime. Il n'est pas impossible que des internautes aient passé outre mon blogue sans savoir qu'il contenait autre chose que mes péripéties personnelles.

J'ai donc migré mon blogue vers la catégorie «Opinion» des deux sites de référencement nommés ci-haut. Je considérais que c'était la meilleure catégorie. Peut-être cela ne m'amènera pas un aussi large lectorat que la catégorie «Politique», mais ce sera toujours mieux que la catégorie engorgée que forment les blogues personnels et cela me permettra de rester plus discrets aux yeux des trolls friands de la blogosphère politique québécoise.

Un cerveau sur le toit

Il m'arrive parfois d'oublier quelque chose sur le toit de ma voiture au moment de partir. C'est généralement d'un cartable dont il s'agit, mais j'avoue y avoir déjà oublié une canette de boisson gazeuse. Cependant, je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà oublié mon cerveau sur le toit de ma voiture.

Toutefois, lorsque je roule, je croise énormément de voiture dont le conducteur a laissé son cerveau sur le toit, l’ayant probablement enlevé temporairement, question d’avoir un accès facilité à l’intérieur. Si c'est assez rigolo à première vue de voir cette matière flasque et gluante demeurer solidement en place même à la vitesse folle de 160 km/h — ce doit être pour cette raison que les pauvres conducteurs écervelés récupèrent généralement leur cerveau une fois arrivés à destination —, cela représente un grand danger sur la route, tant en ville que sur les voies rapides.

Non pas que le cerveau risque de décoller du toit et revoler dans le pare-brise des autres voitures, mais parce que, mystère insondable de l'anatomie humaine, il faut que le cerveau soit ancré sous le crâne pour fonctionner... et encore! Le conducteur écervelé perd donc toute capacité à réfléchir durant le trajet.

Ainsi, lorsqu’un automobiliste fait un coup de cochon sur la route, en regardant bien attentivement, l’on devrait apercevoir son cerveau sur le dessus de la voiture, les neurones au vent.

mercredi 8 août 2007

Une excellente chose de réglée!

Je suis assuré d'avoir un toit à proximité de l'UQÀM pour les sessions d'automne 2007 et d'hiver 2008. C'était l'aspect de ma rentrée qui me tracassait le plus. Comme ma volonté n'est pas à toute épreuve — comme le disait si bien Maxime Martin, «ça se vend pas en capsule, la volonté!» —, j'aurais éprouvé bien de ennuis à faire presque 2h30 de route par jour pour mes études et la vie en colocation n'était pas dans mes solutions envisageables.

Mais bon, je peux respirer. À défaut d'avoir un studio directement collé sur les pavillons principaux de l'UQÀM (situé dans le carré Sanguinet—Renée-Lévesque—Maisonneuve—Berri), j'ai obtenu une chambre dans les résidences près du pavillon Président-Kennedy, à seulement deux stations de Berri-UQÀM.

Une excellente chose de réglée!

dimanche 5 août 2007

Un centenaire un peu amer

J'admets que c'était sans grand enthousiasme que je proposais à mes Éclaireurs, en début d'année, le Jamboree Envolée, organisé par le District d'Ottawa (ASC) à l'occasion du centenaire du scoutisme, en guise de camp d'été 2007. Mon appréhension ne portait pas du tout sur le volet célébration, mais sur le volet rassemblement.

En effet, lors d'un jamboree, la troupe perd de sa personnalité (valeurs, traditions, besoins, préférences, etc.) au profit d'une collectivité. Si les jeunes peuvent toujours choisir les activités auxquelles ils prendront part durant la semaine, ils ne choisissent ni le moment ni la durée. Par ailleurs, les animateurs y perdent presque tout contrôle, pas tant sur la troupe et ses jeunes, qu'ils encadrent toujours, mais sur tout ce qui tourne autour de la vie de troupe durant les 8 jours du camp.

Avant même que le jamboree ne commence, une partie de mes appréhensions était confirmée. À cause d'une subvention promise, mais guère reçue, notre troupe s'est vue coupée du seul forfait qu'elle avait pu prendre. Ainsi, de toute la semaine, la seule activité spéciale que nous ayons faite fut d'aller aux glissades d'eaux, alors que nous avions prévu un forfait comprenant notamment un voyage en train à vapeur et de l’interprétation patrimoniale.

Dès les premières minutes du jam, l'autre partie de mes appréhensions fut confirmée. L'attente pour entrer sur le site fut très longue, les jeunes étant condamnés à demeurer assis dans des autobus scolaires, entassés comme des sardines par un après-midi caniculaire. Les interminables attentes, pour bien peu de satisfaction, furent nombreuses tout au long du jam.

Les trous à combler dans l'horaire ne manquèrent point. Parmi les activités offertes sur le site, nous n'avons pu participer qu'à l'escalade et au parcours d'une ancienne piste d'hébertisme terminée par un trou de boue, assez amusant, mais non sans danger à cause d'un fond imprévisible.

Le mardi soir, nous sommes partis vers la capitale canadienne afin de participer aux célébrations du centenaire sur la colline parlementaire, prévue le lendemain. Il ne faut pas oublier ici que le jamboree fut organisé par le district d’Ottawa et que nous sommes tous membres de l’Association des Scouts du Canada. Cette nuit-là, es jeunes et moins jeunes de ma troupe ont appréciés dormir au Musée de la Guerre, non pas pour le thème du musée lui-même que pour l'expérience de dormir dans un musée.

Le lendemain fut une journée plutôt pénible. Debout à 4h30 du matin, nous avons participé à une marche reliant le Musée canadien de la Civilisation et la colline parlementaire. Une longue attente avant le départ pour une marche plutôt plate, à laquelle les jeunes participaient sans grande motivation. Puis enfin, vers 8h00, les célébrations du centenaire sur la colline.

Ces célébrations font partie de l'aspect le plus détestable du jamboree. Tout au long de la semaine, nous avons eu davantage l'impression d'assister à une vaste campagne de marketing, voire de propagande, plutôt qu'à une célébration des valeurs et des réalisations du mouvement pour la jeunesse le plus populaire et célèbre au monde.

Ce qui était une référence naturelle et modérée à Baden-Powell s'est transformé en un culte au fondateur frôlant le fanatisme. Le comble de ce culte: une personnification de BP. Ce qui était un mouvement apolitique s'est transformé en une vrai farce partisane, alors que pour mousser la popularité du scoutisme, les organisateurs ont laissés des politiciens se servir de nous pour se faire du capital politique. Les discours léchés et ennuyeux ne se sont point faire rares, tant sur la colline que lors des spectacles sur le site du jamboree.

Ce qui devait être un renouvellement de promesse solennel, entouré d'une signification toute spéciale et rempli d'émotions, s'est avéré n'être que la récitation superficielle et bâclée d'une formule lue à la hâte et de façon bancale. Cette promesse n'a pas été accompagnée d'un rappel des valeurs et principes scouts, et alors qu'il aurait été naturel que la première lecture soit une pratique — la formule fut modifiée afin d'être la même partout dans le monde — suivie du vrai renouvellement, nous avons tous du nous contenter de la pratique.

J'avais presque envie de verser une larme en voyant le peu de sérieux accordé à ce qui aurait du être le plus mémorable moment dans la vie de tous les Scouts. Comme bien d'autres, je n'ai pas considéré avoir renouveler ma promesse scoute ce jour-là, alors que 100 ans au paravent, jour pour jour, Baden-Powell fondait le scoutisme. Ce renouvellement reste encore à faire.

Heureusement, nous, animateurs, avons pu constater durant cette semaine que nos jeunes étaient de merveilleuses personnes. Dynamiques, patients et compréhensifs, nos Éclaireurs ont, sans l'ombre d'un doute, mis du soleil dans une semaine que nous aurions considéré, autrement, comme une perte de temps. Nous nous sommes aperçu aussi que notre équipe d'animation se complétait bien et nous avons été fier de notre troupe comme jamais nous ne l'avions été auparavant.

Enfin, alors que seul trois baignades étaient prévues durant la semaine, à l'exception des glissades d'eau, nous avons pu nous baigner tous les jours. Également, nous avons terminé la semaine avec la seule activité ayant fait l'unanimité: une randonnée pédestre autour du lac, avec un retour hors sentier. C'est à ce moment que nos jeunes nous ont avoués qu'ils préféraient de loin les camps scouts «ordinaires» aux grands rassemblements tel que le jamboree.

Mon constat général: une semaine décevante, doublée d'un centenaire un peu amer. Beaucoup d'animateurs que j'ai croisés ont, comme nous, eu l'impression que les organisateurs les avaient complètement oubliés, notamment en rendant difficile la gestion des unités et en plaçant le seul spectacle intéressant pour les jeunes le vendredi soir, de 21h30 à minuit, alors que nous devions nous lever tôt le lendemain matin pour démonter le campement et paqueter notre matériel.
Malgré la mauvaise voie qu'ont empruntée les organisateurs pour célébrer le centenaire du scoutisme, il semble que la flamme d'un scoutisme de valeurs brûle encore chez les canadiens francophones d'un océan à l'autre, ce qui est rassurant. Comme c’est souvent le cas, ce n’est pas le scoutisme qui a fait défaut cette semaine, mais l’élément humain chargé de le faire vivre. L’énorme travail fait par les organisateurs est certes très louable, mais justement, c’était peut-être trop énorme pour eux.

Fier d'être scout

Malgré les calomnies sur son fondateur, les fausses rumeurs de valeurs militaires et les préjugés, souvent blessants, sur les véritables motivations des bénévoles adultes du mouvement, je suis très fier d'être scout depuis 14 ans maintenant.

Malgré les différences entre les deux associations canadiennes reconnues par l'OMMS, les crises internes qu'elles vivent chacunes de leur côté et la constante remise en question que font leurs membres, je suis très fier d'être un animateur scout depuis six ans maintenant.

Je continuerai d'en être fier, peu importe le sort que réservera la société au mouvement et sans égards pour l'endroit où ses membres l'amèneront, car au-delà d'une organisation jeunesse à but non lucrative, à vocation éducative et communautaire, le scoutisme est d'abord et avant tout une philosophie, laquelle s'inspire, avec un profond sens critique, des idéaux de son fondateur, mais qui évolue depuis un siècle et qui ne sera jamais prisonnière, par son abstraction, de ce que les gens pourraient en faire.

À venir: mon compte-rendu de ma semaine au Jamboree L'Envolée 2007, qui s'est tenu du 28 juillet au 4 août au camp scout Awacamenj Mino, en Outaouais.

mardi 24 juillet 2007

L'esprit critique: un défi historique

Il y a déjà plusieurs mois que germe dans ma tête l'idée de rédiger un billet sur la discipline historique. À l'instar de toute science, et même de toute forme de discipline, l'histoire répond à un abécédaire remplit de règles, lesquelles sont généralement respectées par les historiens. Ceci n'exclut pas que des historiens fassent abstraction d'une ou de plusieurs règles, parvenant normalement à prouver que leurs écarts servent la discipline plutôt que lui nuire.

L'une des règles les plus importantes, sinon la plus importante, est la capacité de conserver un esprit critique et ce, en tout temps. En première lecture, cette règle paraît toute naturelle et allant de soi, mais elle peut représenter un véritable défi pour plusieurs personnes. En effet, les valeurs personnelles, lesquelles influences inévitablement nos croyances, peuvent rendre difficile l'application d'un esprit critique.

En guise d'exemple, je me rappelle de mon cours d'introduction à l'histoire de l'Antiquité. Ma professeure avait alors servi un avertissement aux femmes de la classe, leur expliquant qu'elles devaient éviter le piège d'analyser l'histoire à travers la perception moderne de la condition féminine. Autrement dit, l'erreur à éviter était de porter un jugement sur les civilisations antérieures selon des valeurs résolument actuelles, comme de qualifier la civilisation Gréco-romaine de sexiste (ou d'archaïque) parce que la femme y est toujours sous la tutelle d'un homme, de sa naissance jusqu'à sa mort.

Cette anecdote n'est qu'un exemple, car l'esprit critique doit s'appliquer à tous les thèmes, les époques et les sphères de la discipline historique. Les pacifistes doivent éviter d'analyser les acteurs de la guerre de Cent Ans en fonction de leur haine de la guerre; les athées et/ou les personnes en faveur de la laïcisation doivent faire attention lorsqu'ils posent leur regard sur la croisade contre les Cathares; les détracteurs de l'Oncle Sam doivent surpasser les reproches qu'ils formulent à l'égard des États-Unis lorsqu'ils se lancent dans l'histoire de ce pays (mon professeur d'histoire états-unienne avait servi cet avertissement au début du cours). Je pourrais continuer la liste, mais je pense que ces quelques exemples sont suffisants.

Dans la même avenue, il est important d'être capable de critiquer les sources. Qu'il s'agisse de nos valeurs personnelles, d'un désir de protéger le résultat de ses recherches ou simplement parce que nous sommes attachés à nos croyances (il n'est pas nécessairement question de religion), il faut savoir critiquer nos sources, qu'elles renforcent nos hypothèses ou qu'elles les affaiblissent.

La source infaillible n'existe pas. Si on peut affirmer que deux avions ont percuté le World Trace Center le 11 septembre 2001, il est beaucoup plus difficile d'en affirmer avec certitude les causes, les acteurs et la chronologie précise (et étendue dans le temps) des événements. L'historien, ou l'enquêteur, puisqu'il s'agit d'un événement encore récent, pourrait développer une théorie en s'appuyant sur des sources qu'aussitôt un collègue développera une théorie contraire s'appuyant également sur des sources.

L'histoire récente regorge de sources. Dans un sens, ceci permet à un historien d'étoffer son hypothèse en recueillant un maximum de sources la corroborant. La technologie permet aussi de conférer aux sources une certaine crédibilité. Cependant, cela offre également aux détracteurs les sources nécessaires pour remettre en cause l'hypothèse du premier. Ainsi, l'historien doit toujours garder en tête qu'à l'ensemble des sources qui lui permettent de construire une hypothèse, il existe un ensemble de sources capable de l'affaiblir, voire carrément l'anéantir.

L'histoire ancienne offre beaucoup moins de sources. Il est ainsi plus difficile d'établir avec certitude les faits et cela explique pourquoi l'histoire de l'Antiquité et du Moyen Âge sont en constante mutation, malgré des points de repères stables. À l'instar de l'histoire récente, il arrive que deux sources contradictoires s'affrontent. Or, contrairement à l'histoire récente, dont les sources ont souvent les mêmes forces, car elles sont plus facilement vérifiables, les sources de l'histoire ancienne ont les mêmes faiblesses, car elles sont plus difficilement vérifiables.

Les historiens dont le travail est le moins respecté ne sont pas nécessairement ceux qui ne présentent pas un nombre suffisant de sources et/ou des sources indiscutables, mais ceux qui omettent volontaires les sources affaiblissant leurs théories, ou qui ne retiennent des sources que les déductions, parfois tirées par les cheveux, qui leur conviennent. Par extension, une œuvre historique (livre, documentaire, article, etc.) qui n'amène pas le lecteur à réfléchir sur les sources ou les hypothèses présentées est une œuvre de qualité douteuse.

P.S.: Je sais que l'exemple des attentats du 11 septembre n'est pas le plus approprié. Je crois qu'il existe une différence entre l'émission d'hypothèses historiques et la réaction face à un sujet d'actualité. Cependant, cet événement donne lieu à tellement d'hypothèses et d'opinions divergeantes qu'il m'apparaissait plus aisé de le citer pour expliquer la difficulté qu'apporte une abondance de sources.