jeudi 16 août 2007

Une nouvelle Pauline Marois?

De deux choses l'une: soit les Québécois n'ont jamais vraiment donné la chance à Pauline Marois d'exposer sa vraie personnalité avant 2007, soit les deux ans de «congé» de Pauline lui ont permis de prendre conscience de ce qui lui manquait pour s'attirer la sympathie des gens. J'opterais pour la deuxième option.

D'abord de passage à Bons baisers de France la semaine dernière, Pauline s'est également payée une visite sur le plateau de Sucré Salé cette semaine. Deux émissions généralement consacrées à la variété et assez populaires grâce à leur ambiance décontractée et estivale. Lors des deux occasions, Pauline a su démontré qu'elle n'était plus cette femme aux cheveux raides, à l'air renfrogné et le menton si relevé qu'il formait un angle de 180 degrés avec son cou.

Pauline est désormais capable de démontrer qu'elle est d'abord et avant tout une femme, une citoyenne au même titre que chacun des électeurs du Québec. C'est comme si, en baissant le menton, Pauline pouvait maintenant voir les citoyens qu'elle sert, et permettait à ces mêmes citoyens de lire une partie de son âme. Sur les deux plateaux, elle était rayonnante, le sourire volontiers, les yeux pétillants lorsqu'elle parle de souveraineté, mais consciencieux et compréhensifs lorsqu'elle parle de mettre le débat référendaire au rancart pour le moment.

En 2007, Pauline est capable de faire des blagues, de parler dans un français impeccable sans pour autant sembler venir d'une autre planète. Elle partage, ou bien les médias s'y penchent davantage, sa vie en dehors de l'arène politique, nous faisant connaître une Pauline proche de sa famille, qui adore les voyages, pour qui la cuisine est un pur moment de détente et qui aime bien chantonner du Gilles Vigneault. Elle en a même offert un extrait à Guy Jodoin, sans doute le moment le plus extraordinaire de l'émission.

Cependant, Pauline ne semble pas avoir jeté le bébé avec l'eau du bain. Ce qui en faisait la plus redoutable adversaire d'André Boisclair lors de la course de 2005 en fait aujourd'hui la plus redoutable adversaire de Jean Charest et Mario Dumont. Elle est têtue et l'assume. C'est toujours avec la tête haute, mais moins qu'avant, qu'elle entreprend sa rentrée parlementaire, possiblement après avoir traversée une élection complémentaire.

Son franc parler est probablement une chose qu'elle partage avec Mario Dumont, mais elle démontre beaucoup plus de stoïcisme et de sérénité. D'ailleurs, j'ai trouvé que Pauline réalisait un tour du chapeau en sachant nommer les trois défauts d'André Boisclair à Sucré Salé (jeu Vérité ou conséquence); franche, mais compatissante et point insolente. Si André a écouté l'émission, je suis certain qu'il l'a pris pour ce que c'était: d'amicaux et précieux conseils.

Pauline est également une femme d'expérience en politique, ce qu'elle partage avec Jean Charest. Toutefois, je pense que Pauline, celle de 2007, a beaucoup plus de charisme que M. Charest pour communiquer aux autres son expérience. Je pense qu'elle saura démontrer aux Québécois qu'elle connaît et maîtrise assez bien les rouages de la politique pour défendre leurs intérêts.

À une période où, tant la gauche que la droite québécoise exige d'être entendue, Pauline m'apparaît avoir un avantage. En effet, si Pauline parvient à concilier les deux factions de son parti avec un certain succès, elle sera celle qui parviendra le mieux à offrir au Québécois une alternative centralisatrice.

En 2005, je n'aimais pas du tout Pauline Marois. Elle m'apparaissait hautaine, déconnectée, froide et bornée. En 2007, elle m'apparaît davantage comme une femme fière (avec raison), réaliste, chaleureuse et ouverte d'esprit, tout en demeurant déterminée dans ses convictions les plus profondes, dont la souveraineté.

Ceci ne me fait pas oublier le sort que le Québec a réservé à André Boisclair et qui m'a ouvert les yeux sur l'immobilisme de la province. Cependant, le départ d'André me semble moins amer maintenant que je sais que le Parti Québécois se retrouve sous le leadership de Pauline Marois... ce qui ne m'empêchera pas de demeurer vertement critique envers le parti et sa cheftaine.

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