Un martien à Montréal
Depuis le début de septembre, j'habite la chambre d'une résidence universitaire montréalaise. Cela faisait six ans que je n'avais pas dormi sur l'île de Montréal, alors qu'en 2001, je goûtais pour la première fois à la vie urbaine. Mais ayant vécu huit ans dans sur la couronne nord de la métropole, mes déplacements "en ville" étaient réguliers et le visage montréalais n'était pas un énorme secret pour moi.
Malgré tout, mon déménagement de septembre ne fut pas sans me causer un certain choc culturel. Si j'avais déjà habité sur l'île, c'était à quelques pas de l'atroce et nauséabont échangeur Anjou. Si depuis quelques années, je venais fréquemment au centre-ville de Montréal, je n'y étais jamais resté pour la nuit. Donc, depuis 30 jours, je me sens un peu comme un martien dont le vaisseau se serait écrasé en plein Ville-Marie.
Comme n'importe quel martien qui échouerait sur terre, j'ai des comportements qui détonnent. J'attends que la petite main blanche clignote avant de traverser la rue. Lorsque les portes du métro s'ouvrent, je me range sur le côté afin de laisser sortir les passagers. Je ne m'immobilise pas au milieu du trottoir pour discuter avec quelqu'un ou parler au téléphone. Dans les couloirs, je marche du côté droit afin de laisser la voie de gauche libre aux personnes qui marchent en sens inverse.
Au-delà des habitudes de civisme différents, il y a des aspects de la vie urbaine que je découvre avec autrement plus de plaisir. Bien que l'argumentaire du boulanger à deux coins de rues ne m'ait jamais charmé, je dois admettre que j'apprécie de pouvoir aller prendre une bouchée dans un resto, aller voir un film par la suite et revenir chez moi en dix minutes, tout ça à pied. Que se fut durant mes années en banlieue ou celles en campagne, je n'ai jamais pu faire ça de ma vie.
Bien qu'il y ait des côtés pratiques à vivre au centre-ville, notamment le fait que ça sente meilleur qu'à Anjou, je suis toujours très content de retourner dans mon petit village de Lanaudière la fin de semaine venue. Les promenades dans les rues animées du Quartier Latin ne peuvent pas se substituer aux marches dans les sentiers par un beau dimanche ensoleillé. Le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles au vent sont d'ailleurs plus mélodieux à mes oreilles que le vacarme des sirènes et des bolides qui freinent à la dernière minute lorsque la lumière tourne au rouge!





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