dimanche 11 novembre 2007

En congé forcé, mais pas contrarié

Lorsqu'il fut annoncé que le plancher de sept associations étudiantes (dix-sept milles membres) favorables, nécessaires au déclenchement par l'ASSÉ de la grève nationale générale illimité, n'avait pas été atteint, je n'étais pas mécontent. En réalité, je ne suis pas contre le dégel des frais de scolarités, parce que depuis que j'étudie à l'UQÀM, j'ai pris conscience des besoins urgents en ressources académiques viables de cette institution.

Je suis pour la gratuité scolaire, en tant qu'objectif à atteindre, que finalité. Or, je ne crois pas, pour le moment, que de précipiter hâtivement les universités dans la gratuité mène à un résultat positif. C'est simplement que je ne crois pas la société québécoise prête à investir les fonds suffisants pour que le projet fonctionne bien. Surtout que, une grande partie des étudiants qui réclament haut et fort la gratuité scolaire aujourd'hui sera celle qui décriera l'imposition trop étouffante demain.

M'enfin, c'est un autre débat.

Quoiqu'il en soit, mon association facultaire, ainsi que plusieurs autres associations uqamiennes, est présentement en grève illimité, laquelle sera vraisemblablement reconduite le 19 novembre prochain. Pourtant, je n'en suis guère contrarié, parce que cette action concerne, non exclusivement, un point que je ne peux accepter: le plan de redressement de l'UQÀM.

Je peux appuyer une hausse des frais de scolarités qui serait éventuellement réinvestie dans l'éducation et une aide financière aux études mieux adaptées. J'admets que le gouvernement Charest n'a pas démontré que cette hausse était dans l'intérêt de la population estudiantine, mais dans ce drôle de débat, le concret se fait très rare, tout camp confondu.

Cependant, je ne peux accepter que des étudiants paient, tant par des hausses de frais que par une baisse de la qualité académique, pour une mésaventure (fiasco) immobilière qui dépassait largement la mission éducative. Sans entrer dans les détails, j'ai l'impression qu'on cherche à éviter d'identifier des responsables qui, une fois pointés, devraient en répondre des conséquences.

De plus, bien qu'on nous mentionne que la récente hausse des frais afférents n'était pas destinée au redressement de l'UQÀM et qu'il n'est pas prévu que les activités académiques soient perturbées, un impact négativement significatif pour les étudiants m'apparaît indissociable d'un plan de redressement qui prévoit augmenter ses sources de revenus (principalement en provenance des étudiants) et réduire ses dépenses (principalement en direction des étudiants). Même si les élèves ne semblent pas directement visés, la rondelle les happera violemment par la bande.

Donc, bien que la perspective de la grève ne me plaise pas énormément, je ne suis pas contrarié par les actions syndicales étudiantes ayant court présentement à l'UQÀM. Pour ce qui est du dégel des frais de scolarité, mon appui est conditionnel et, faisant un bloquiste de moi, si les conditions (voir plus haut dans le billet) ne sont pas remplies rapidement, je me positionnerai contre la proposition du gouvernement.

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