Merci André !
Tout le Québec est maintenant au courant: André Boisclair a remis sa démission à titre de chef du Parti Québécois. André — je me permettrai cette familiarité — est certes en partie responsable de son état, mais il est également une victime des circonstances.
Comme AntiPollution le dit, André aura été victime d'une bande de «magouilleurs qui au lieu de se taire, de se fermer la gueule, préfèrent montrer leur égo plutôt que de travailler pour l’indépendance du Québec.»
J'aurais aimé qu'André tienne tête aux magouilleurs. Qu'il impose, pour une fois, au PQ de faire cette introspection qu'il se doit impérativement de faire. J'aurais aimé que les magouilleurs deviennent responsables, qu'ils mettent leur expertise au service du parti par le biais d'André plutôt que de pleurnicher comme le fait présentement Paris Hilton. J'aurais aimé que chacun au parti mette de l'eau dans son vin, se relève les manches et donne son 110% pour la reconstruction du parti, de son programme et de son image.
Mais voilà: le gouvernement est en situation minoritaire et le chef de l'opposition faisait planer l'ombre d'une deuxième élection en 2007. La mauvaise foi de Mario Dumont, qui découvre soudainement des vertus à la monarchie maintenant qu'elle sert ses intérêts très personnels, rendait hasardeux pour le PQ de faire une analyse poussée telle qu'elle devrait le faire.
Vu les circonstances, le départ d'André, aujourd'hui, était la meilleure stratégie possible. Par ce seul geste, il détourne les projecteurs vers le Parti Québécois, rejetant sur Mario Dumont un peu de cette ombre de laquelle il était parvenu à se sortir. L'entrée éblouissante, et politiquement lucrative, que l'ADQ prévoyait n'aura finalement pas été si éblouissante, et donc pas si politiquement lucrative. La journée était celle d'André et toutes tentatives de se l'arroger n'auraient qu'attiré les foudres.
En démissionnant, André accorde un miraculeux sursis aux deux formations écorchées par la dernière campagne électorale. Désormais assuré de ne pas être renversé sitôt, le PLQ regagne du poids vis-à-vis l'ADQ. S'il est vrai que cela permet au PLQ de rester cantonné sur ses positions les plus controversées, cela lui permet également de ne pas tout concéder à l'ADQ.
Quant au PQ, il obtient le temps de se relever, ce qu'il n'aurait probablement jamais obtenu si André était demeuré à la chefferie. Le parti doit non seulement se trouver un nouveau chef, mais il doit également profiter du sursis pour revoir son programme tel que l'avait suggéré André. Maintenant que les magouilleurs ont obtenu ce qu'ils désiraient, ils doivent laisser aux autres péquistes le pouvoir d'obtenir ce qu'eux désirent: un parti revigoré, modernisé et revampé.
Le passage d'André Boisclair à la tête du PQ a été de courte durée, mais essentiel. Son expérience a permis de mettre en lumière les déficiences du parti, en partie à cause de ses propres erreurs. De plus, après la défaite du 26 mars, André a su mettre le doigt sur les nombreux bobos du PQ. Les péquistes ont désormais les outils nécessaires pour remettre le parti — et le projet souverainiste — sur les rails.
Merci André de lui avoir fourni ces outils.
Ne reste plus qu'à espérer que la majorité des péquistes ont l'ouverture d'esprit et le sens autocritique assez développés pour saisir la merveilleuse opportunité qui se présentent à eux. En espérant également que les détracteurs d'André auront assez d'esprit pour voir dans son geste la démonstration que son parti, et la souveraineté, sont prioritaires dans son coeur.





2 commentaires:
Gradlon, merci de ta référence.
Si seulement le message que nous tentons d'envoyer soit bien compris par tous, incluant la base.
André Boisclair a combattu à la fois les forces fédéralistes et leurs médias comme ceux du groupe Gesca ( Cyberpresse, LaPresse, LeSoleil, LCN, Québécor etc), un certain club des belles-mères et même ses propres militants.
J'espère aussi que le message soit rapidement compris et que tous n'attendront pas que le PQ ne se retrouve qu'avec 2-3 députés à l'Assemblée pour comprendre.
Je crois qu'à un moment, il était devenu tellement prestigieux de se déclarer souverainiste que plusieurs ont fait passer le prestige avant la réussite du projet.
Quant aux médias, je crois qu'ils ont atteints de nouvelles profondeur en matière de bassesses depuis la nomination d'André à la tête du PQ.
Publier un commentaire