jeudi 21 juin 2007

Pas de quoi en être fier

La session parlementaire vient de se terminer et les trois partis se disent fiers de leur participation.

Jean Charest a vanté ses réalisations, alors qu'une partie a été copiée au programme adéquiste et qu'une autre partie (réductions d'impôts, santé, agglomérations) est loin de faire l'unanimité. Mario Dumont, fidèle à son habitude, s'attribue tout le mérite, alors que son parti a été le plus irresponsable, le plus enfant gâté et celui ayant le moins contribué à maintenir l'Assemblée à flot. Quant au Parti Québécois, il est probablement celui qui ressort le plus fort de cette session mouvement, mais il a joué son avenir et celui de la 38e législature sur un coup de dé. La bisbille interne et le départ d'André Boisclair aurait tout aussi pu être désastreux.

Je ne vois pas en quoi les députés devraient être fiers au terme de cette session. Que la législature ait survécu? D'accord, mais elle n'a pas répondu aux besoins de la population. Le PLQ a davantage cherché à sauver ses meubles, ce qui a donné un incohérent mélange de concessions et d'inflexibilité. L'ADQ était prêt et espérait retourner en élections dès le 27 mars et a bien failli réussir son coup. Le PQ, qui représente 28% des électeurs et une certaine gauche, a préféré laver son linge sale lors des premières semaines de travaux plutôt que d'essayer de remplir son mandat.

Bien sûr, tout n'est pas que négatif. Le retour des bulletins chiffrés et la volte-face concernant la vente du Mont Orford me réjouisse, malgré tout. L'ADQ a peut-être eu un comportement reprochable en chambre, sa présence a forcé le PLQ a adopté ces deux positions adéquistes (celle concernant le Mont Orford est partagée avec le PQ). Même si cela n'est pas suffisant pour prévenir une prochaine tuerie en milieu scolaire, je salue la loi sur les armes à feu. Enfin, même si cela a été dangereux, le PQ a réussi tout un coup en ramenant les projecteurs sur lui et l'arrivée prochaine de Pauline Marois semble lui redonner du souffle.

J'ai bien hâte de voir la suite des choses le 16 octobre prochain. L'arrivée de Pauline Marois amènera-t-elle le PQ à se remettre en selle? Mario Dumont respectera-t-il sa décision de ne pas faire renverser le gouvernement cet automne? Jean Charest sera-t-il capable de mener le gouvernement en étant plus justes dans ses concessions et plus réalistes dans ses positions inflexibles?

C'est à voir!

2 commentaires:

Le Gentil Astineux a dit...

Bonjour Gradlon,
Ton analyse de la dernière et courte session parlementaire est très pointu. Que chacun s'accorde tout le mérite n'est pas nouveau, même qu'à un moment pas si lointain Jean Charest s'auto- félicitait de la hausse des naissances au Québec; plusieurs virent en lui avec beaucoup d'ironie, le fameux taureau Starbuck, ce grand géniteur dont la semence fût vendu partout dans le monde.

Je crois, comme toi, que le PQ a fait le meilleur travail, compte tenu des circonstances et des moyens s'est rapidement adapté à la situation.

Gradlon a dit...

Bonjour AntiPollution,
Tu as raison, que chacun s'accorde tout le mérite n'est pas une pratique née de la dernière pluie. C'est dommage que l'humilité et le franc-jeu aient des répercussions négatives (électoralement parlant) sur un parti, rendant très peu attrayant l'idée pour celui-ci d'en faire usage.