vendredi 2 février 2007

Smokin' Aces

Il y a des ces films que ni la critique ni les cinéphiles n'apprécient à leur juste valeur. C'est le cas de Coup Fumant, version québécoise de Smokin' Aces. RottenTomatoes.com calcule que seulement 26% des critiques professionnels ont apprécié Smokin' Aces, alors que les 72 internautes ayant, à ce jour, coté le film sur le site Cinéma Montréal ne lui accordent que 69%.

Il est vrai que Smokin' Aces ne s'adresse pas à un large public. Son seul véritable défaut, et qui cause probablement sa perte, est son intrigue mal expliquée et, lorsqu'on l'a comprise, assez tirée par les cheveux.

Sa plus grande qualité? Smokin' Aces est une dynamite de talents. Commençons par la surprise: Alicia Keys. Rares sont les chanteuses qui réussissent bien le passage du micro à la caméra. Beyoncé Knowles est l'une des rares à avoir prouvé qu'elle était aussi talentueuse sur un plateau de cinéma que sur une scène. D'autres ont aisément démontré que leurs talents se limitent à la scène, dont Britney Spears, Mariah Carey et Jessica Simpson. Alicia Keys appartient davantage à la catégorie de Beyoncé Knowles qu'à celle de Britney Spears. Sans transcender l'écran, elle offre une bonne performance qui se solidifie dans le dernier tiers du film, alors que son personnage se retrouve au milieu de l'enfer.

Smokin' Aces permet également à Ryan Reynolds de ranger au placard son image du comédien à l'humour juvénile qu'il traîne depuis Van Wilder (2002). Reynolds apparaît principalement en compagnie de deux vétérans à qui il vole aisément la vedette: Andy Garcia et Ray Liotta. Tout comme Alicia Keys, c'est surtout dans le dernier tiers du film que Reynolds parvient à étaler son talent d'acteur, alors que son personnage se retrouve au coeur d'une intrigue complexe qu'il peine à comprendre et, surtout, à accepter.

La plupart des acteurs et actrices rendent justice à leur personnage, sans nécessairement crever l'écran ni avoir réellement l'opportunité de pousser leur jeu au maximum. Outre Garcia et Liotta, je pense à Martin Henderson, Chris Pine, Taraji Henson, Tommy Flanagan et le rappeur Common. En fait, le seul dont la performance est très moyenne, c'est celle de Ben Affleck. Elle se rapproche, sans l'atteindre, heureusement, davantage de son médiocre Larry Gigli (Gigli — 2003) que de son excellent George Reeves dans Hollywoodland (2006).

Maintenant, la cerise sur le sundae: Jeremy Piven. Les cinéphiles ont depuis longtemps pris connaissance des talents comiques de Piven à travers ses rôles de soutien dans des comédies sentimentales (Chasing Liberty — 2004) ou plus humoristiques (Old School — 2003). Cependant, peu connaissaient ses talents dramatiques, probablement parce que ses rôles de soutien dans les quelques drames auxquels il a participés (Runaway Jury, Black Hawk Down, etc.) le limitaient davantage au niveau du jeu que les comédies.

Dans Smokin' Aces, Jeremy Piven a tout le loisir de démontrer son immense talent dramatique en incarnant merveilleusement une vedette qui se croit, qui se drogue et qui est tiraillé par l'univers mensongers qu'il a lui-même créé. Il est littéralement méconnaissable dans la peau de Buddy "Aces" Israel et sa performance atteint son apogée lors d'une courte scène dans la salle de bain, alors que son personnage est au sommet de sa vulnérabilité.

Le film recèle plusieurs autres qualités, comme l'humour. Chaque apparition des frères Tremor (Chris Pine, Kevin Durand et Maury Sterling) donne lieu à de l'humour disjoncté alors que dans le premier tiers du film, le personnage joué par Taraji Henson lâche quelques bonnes répliques. Le film contient une bonne dose d'action, même si plusieurs lui en voudront de presque toute la concentrer dans le dernier tiers, alors que les deux premiers sont essentiellement consacrés à installer les personnages et les pièces de l'intrigue. Enfin, le film n'est pas dénué de drame, alors que plusieurs personnages sont mis à rudes épreuves à partir des deux tiers, à l'exception de Buddy Israel qui, lui, est mise à rudes épreuves presque tout au long du film.

J'ai deux grandes passions dans ma vie: l'histoire et le cinéma. J'ai déjà griffonné des prémices scénaristiques, sans jamais aller plus loin que le premier acte. J'ai toujours quelques idées qui me trottent en têtes et qui ressortent selon le dernier film que je suis allé voir au cinéma. Toutefois, aucun film ne m'a autant donné le goût d'entreprendre pour de bon la rédaction d'un scénario que Smokin' Aces, même si d'excellents, voire d'incroyables films ont pris l'affiche ces dernières années. Je pense entre autre à The Lord of the Ring: The Return of the King, Sin City, Kill Bill et Mystic River.

Faut croire qu'on ne choisit pas ses sources de motivations!

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