mardi 20 février 2007

Mario Dumont et le leadership

Définitivement son cheval de bataille pour la prochaine élection, Mario Dumont parle encore des accommodements dé-raisonnables, comme il est possible de le constater sur Cyberpresse, entre autre. En voici un extrait:
On sait que le chef adéquiste a accusé Jean Charest de manquer de leadership dans le dossier des accommodements raisonnables. Lundi encore, il s'est moqué du chef libéral qui, trois jours après avoir dit que Hérouxville était un cas isolé, créait une commission d'enquête sur la question des accommodements raisonnables, donnant ainsi raison à l'ADQ, qui a immédiatement traité ce dossier sérieusement.
J'admets ne pas aimer particulièrement Jean Charest, mais je ne pense pas qu'il ait manqué de leadership. J'appellerais ça de la retenue. Plutôt que de sauter sur l'opportunité de se faire du capital politique, Charest semble avoir observé la suite des événements. Je crois qu'il était sage d'attendre afin de savoir s'il s'agissait seulement d'un courant d'air effleurant le Québec — les accommodements en cause étaient-ils seulement un cas isolé dans le temps ? — ou si la situation exigeait réellement que des actions soient prises.

Des actions devaient effectivement être prises.

Il fallait ensuite réfléchir à la nature de ces actions. Devions-nous aussitôt poser des gestes législatifs? J'en doute. Je crois sensé la décision de créer une commission pour étudier plus en profondeur, et avec un certain détachement, la situation. Inutile de précipiter les choses, car contrairement à ce qu'en pense André Drouin, la question des accommodements dé-raisonnables ne mérite pas qu'on décrète l'état d'urgence dans la province.

Quand Mario Dumont dit qu'il a traité le «dossier» sérieusement, je ne peux que me poser des questions sur ce qu'il considère être sérieux. Je n'ai rien vu de bien sérieux dans la façon dont il a récupéré ce «dossier». Ça me donne l'impression que l'ADQ a besoin d'un feu de paille pour percer, lui qui ne semble pas arriver à allumer un véritable feu alimenté par des idées réalistes et solides.

Il suffit de lire la page 7 du programme adéquiste pour s'apercevoir que l'ADQ ne propose rien de concret ni de véritablement nouveau. Est-ce là un indice que Mario Dumont veut gagner des votes sans réellement s'engager, sachant qu'à un moment ou l'autre, il aura à changer son fusil d'épaule? Peut-être.

Quoi qu'il en soit, ce sera vraiment lors de la campagne et des débats que nous pourrons avoir une idée plus claire de qui est Mario Dumont — qui il est devenu depuis 2003 — et de quelles sont les solutions qu'il propose.

4 commentaires:

Anh Khoi Do a dit...

Décision sage ou pas, Jean Charest a dû prendre des mesures contre les accommodements religieux. En effet, si Charest avait montré sa prise de position sur les accommodements religieux, bien des organisations ethniques et religieuses auraient sauté sur l'occasion pour le traiter de raciste à cause, paraît-il, de ses propos, furent-elles extrêmement bien nuancés. Dans le fond, le chef du PLQ ne veut pas s'attaquer à un dossier qui touche de trop près leur clientèle favorite, en l'occurence des ethnies minoritaires.

Gradlon a dit...

C'est fort possible et ça n'aurait rien de surprenant. D'un autre côté, si des gestes concrets avaient été posés trop rapidement, qu'ils fussent en faveur ou défaveur des ethnies/religions, je ne pense pas que cela aurait amélioré la situation.

Merci pour ton commentaire.

Anonyme a dit...

Oui,Anh khoi do, Jean de la Charest a du reculer devant le tollé de protestations dans l'affaire du financement des écoles juives. Et sa dernière prise de position n'est que remettre à plus tard et du pelletage par en avant. Dans le temps, le Premier Ministre ne pensait qu'aux beaux dollars retournés dans les coffres de son parti.
Mais l'ADQ n'est pas en reste, lui qui a comme amis le Conseil du Patronat et les millionnaires de l'Institut Économique de Montréal.
JESOPINIONS.blogspot.com

Gradlon a dit...

J'ai l'impression que, peu importe qui de Charest, Boisclair et Dumont se retrouve premier ministre le 26 mars, les actions qui seront posées seront timides, quoi que peuvent en dire présentement les principaux intéressés.