lundi 5 février 2007

Démocrates versus Républicains (2)

Pour la deuxième partie de mon billet, je vais répondre à une autre question que m'a posée Radiocrochet:

Par contre , ce qui m'étonne c'est que les Démocrates étant plus près du "peuple " les Américains ont voté par deux fois républicain . Est-ce parce que comme vous le dites que les pauvres votent pour eux?
Et pourtant , on attribue plus volontiers l'adjectif "riches" aux Américains et non "pauvres"!
Donc , d'où vient cette majoriré qui vote républicain ?
Le beau rêve américain cache une toute autre réalité. 13% des États-uniens vivent avec moins de 1$ US par jour. Personnellement, je considère déjà que vivre avec seulement 10$ par jour, c'est vivre sous le seuil de la pauvreté. Ce n'est pas avec 300$ par mois qu'un États-unien peut vivre dignement. S'il y a près de 40 millions d'États-uniens qui vivent avec moins de 1$ par jour, il n'est pas difficile, même sans données précises, d'imaginer le nombre d'États-uniens vivant avec moins de 10$ par jour. Ce chiffre doit être énorme.

Mais mon qualificatif de «pauvre» servait surtout à différencier deux types d'électeurs: les cadres de grandes corporations (très riches) et les autres (moyennement et peu riches). Les premiers s'accoquinent plus aisément les Républicains alors que les autres (chefs de PME, salariés, etc.) se sentent plus interpellés par les Démocrates.

Lors de l'élection de 2000, ce sont les Démocrates d'Al Gore qui ont obtenus la majorité populaire, avec 48.4% des suffrages, contre 47.9% pour les Républicains. Ce sont les grands électeurs qui ont fait basculer le vote. Si Al Gore avait accepté l'aide de Bill Clinton pour sa campagne électorale, il est probable qu'il aurait également remporté les grands électeurs.

En 2004, les Républicains ont récolté 50.7% des suffrages contre 48.3% pour les Démocrates. Deux principales raisons expliquent ce changement entre 2000 et 2004: les attentats du 11 septembre 2001 et la faible performance du candidat démocrate, John Kerry, lors de la campagne électorale de 2004.

Il faut aussi tenir compte du lobbying religieux dans les états du sud. Les autorités chrétiennes des états du sud ont tout fait ces sept dernières années pour s'assurer que le vote de leurs nombreux fidèles aille aux Républicains. S'il est vrai que les Démocrates sont plus près du «peuple» (des moins riches), dans les états du sud, se sont les autorités religieuses qui soutiennent le «peuple» et qui gèrent leur existence jusque dans leur chambre à coucher.

Finalement, c'est surtout dans les états de l'ouest qu'on peut observer cette véritable différence entre les Démocrates et les Républicains. Les états du nord (couronne des Grands Lacs) est clairement plus démocrate et les états du sud (du Mississippi à l'Atlantique et du Tennessee au Golfe du Mexique) sont clairement républicains. Les états à l'ouest du Mississippi, à l'exception du Texas, sont moins catégoriques; plusieurs états ayant voté Démocrates en 1992 ont voté Républicains en 2000.

2 commentaires:

Anonyme a dit...

...Merci
Merci pour ces commentaitre tellement nets et explicites!
Mais je voudrais en savoir un peu plus (comme toujours). Jespère qu'après cela , je serai satisfaite:
Pour quelle raison en 2000 , Al Gore a-t-il refusé l'aide de Bill Clinton ( ceci est un élèment très important que je ne connaissais pas!)
Que proposait Bill Clinton qui ne convenait pas à Al Gore!
Je pense que Bill Clinton est un homme qui a un grand charisme et qui a toujours été apprécié en Europe!!!

Pourrait-on imputer la fable perfotmance de John Kerry à la personnalité du candidar qui n'était pas assez forte?

Merci de" m'écouter " et de me répondre avec tant de patience!!!

Je comprends mieux après avoir lu les commentaires sur les autorités religieuses.
Là-dessus j'avais une petite idée!!!
A+
radiocrochet

Gradlon a dit...

Je ne connais pas en détail les raisons ayant poussé Gore a écarter Clinton de sa campagne, mais il semblerait que l'affaire Lewinski y soit pour quelque chose.

Pour info

Pour Kerry, je pense qu'il s'agit simplement d'un populiste doublé d'un mauvais communicateur. Par exemple, les contradictions dans ses discours mènent à croire qu'il a changé d'opinion sur l'Irak simplement pour s'assurer le soutien populaire.

D'ailleurs, John Kerry a annoncé qu'il ne briguerait pas la présidence en 2008 et plusieurs analystes considèrent que Kerry savait désormais que ses chances étaient anéanties suite à une blangue ratée au cours de laquelle il traçait un parallèle entre les GI's en Irak et l'échec scolaire. Autre preuve qu'il la communication efficace ne fait pas parti de ses qualités "politiques".

Pour info

Amitiés