jeudi 26 avril 2007

Coup de poing fatal

Mourir pour une casquette. Voilà le tragique destin de Jean-Benoît Beaulieu, décédé à l'âge de 14 ans suite à un seul coup de poing au visage. Une bénigne affaire de casquette «volée» aurait été à l'origine d'une brève, mais fatale, bagarre à l'école secondaire Arc-en-ciel de Trois-Pistoles.

Quand j'ai appris cette nouvelle, j'ai automatiquement eu une pensée pour la dizaine de jeunes âgés entre 12 et 14 ans que j'anime chez les Scouts. Ces adolescents vont tous à la même école secondaire, considérée comme l'une des plus dangereuses au nord de Montréal.

Je n'ai pas d'enfant et je ne peux savoir — seulement imaginer — l'angoisse qu'ont vécu des milliers de parents au Québec en allant reconduire leur adolescent à l'école ou en le laissant prendre l'autobus ce matin. Cependant, le bien-être et l'avenir de chacun des adolescents de ma troupe me tiennent chèrement à coeur et ça m'inquiète beaucoup de savoir que derrière chaque bagarre en apparence banale se cache une possibilité de décès.

Mon coeur cesserait certainement de battre si une telle tragédie arrivait à l'un des mes Éclaireurs.

J'ai l'intention d'aborder le sujet avec eux la semaine prochaine, question de les laisser s'exprimer librement, du moins plus librement qu'ils ne pourraient le faire en classe. Je sais qu'avec eux, ce tragique exemple pourra être un incitatif afin qu'ils prennent la violence plus aux sérieux dans une société où elle est de plus en plus banalisée. Je sais que sur eux, l'aspect pédagogique risque de connaître un certain succès.

Mais sur les autres? La situation est plutôt délicate. Comme l'intention des jeunes bagarreurs, généralement, n'est pas de tuer, l'exemple de l'école Arc-en-ciel pourrait être une bonne opportunité (malheureusement) d'en motiver plusieurs à ne pas se battre. D'un autre côté, je ne peux m'empêcher de croire que pour quelques rares élèves vraiment malveillants, ou extrêmement inconscients, l'effet pourrait être l'inverse.

Jusqu'à ce que le point — ce n'est pas un jeu de mot — de non-retour soit atteint, il y en aura toujours quelques-uns pour trouver l'idée cool.

5 commentaires:

Folly a dit...

Très bonne idée avec vos scouts. Lorsqu'il arrive des événements tragiques, c'est malheureusement le bon timing pour en parler. C'est «frais» à la mémoire.

Averlok a dit...

Ce qui est arrivé est vraiment dommange mais je crois aussi que ce triste événement doit servir d'exemple en prévention. Ça me surprendrais que cet exemple donne des idées à d'autres. Comme j'imagine aussi que le but du jeune homme n'était sûrement pas d'enlever la vie à cet autre adolescent.

Mais bon, on est à l'abri de rien...

Gradlon a dit...

Merci pour les commentaires.

J'imagine que de se servir de cet événement à des fins préventifs, même avec un risque minime de donner de «mauvaises idées» (si un tel risque existe vraiment), est mieux que de ne rien faire du tout.

Faire le tour des écoles pour donner des petites conférences seraient peut-être une bonne sentence pour le jeune. Après tout, le mieux placer pour témoigner des conséquences d'une bataille, c'est lui!

Bien sûr, je ne crois pas que la Justice doive traiter ce cas-là aussi durement que d'autres types de «meurtre» avec préméditation.

Le Gentil Astineux a dit...

Je me souviens que dans le temps, les batailles à coups de poings n'étaient pas rares dans les cours d'écoles.
Rares étaient celle qui se terminaient à l'hôpital et encore moins à la morgue.
Mais il y a, semble t-il d'autres facons de régler ses problèmes qu,en bousculant ou en frapppant à coups de poings.
ta méthode avec les scouts est la bonne.

Anonyme a dit...

J'étudie en 5e secondaire à l'école Arc-en-Ciel et je peux vous dire que quand on connait la vrai histoire de ce qui est arrivé en détail(pas celle véhiculée par les médias), c'est encore plus marquant. Quant on sait que tout celà a débuté par un jeu entre jeunes garçons, ce genre de taquinerie qui se produit à chaque jour, dans chaque école...et que maintenant une vie a été fauché et des centaines d'autre marquées à vie.