Docteur Folamour ou: comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe
Ce weekend, j'ai ajouté un nouveau classique à ma longue liste de films visionnés. Je voulais regarder Dr. Strangelove or: How I Learn to Stop Worrying and Love the Bomb depuis longtemps, mais je ne suis abonné à aucun club vidéo, ce type de film passe que trop rarement à la télévision et regarder un film sur l'ordinateur n'est pas mon fort.
Mais enfin, j'ai pu voir ce chef-d'oeuvre de Stanley Kubrick. Il était télédiffusé à Télé-Québec et sans interruptions publicitaires. Ce ne sont pas TVA et TQS qui s'y risqueraient. Même Radio-Canada, qui diffuse un cinéma plus artistique et intelligent, n'aurait pas diffusé un film sans pauses.
Mon premier constat, dès le début du film, c'est à quel point, 44 ans plus tard, le traitement est encore très et malheureusement actuel. Ce n'est pas un hasard si les caricaturistes et les graphistes adorent placer George W. Bush dans les décors de Docteur Folamour.
Cette pérennité du sujet s'explique. En 1963, le monde était en pleine crise de la Guerre Froide. Autant en Russie qu'aux États-Unis, on était plongé dans une atmosphère de vive paranoïa et une course à l'armement dont le but n'était pas d'empêcher l'autre de progresser, mais de toujours s'assurer d'être devant. Les croisades propagandistes étaient monnaies courantes et avaient imprégnées dans l'esprit des gens (Russes et États-uniens) de profonds mythes à propos du clan adverse, mythes frisant souvent le ridicule.
Qu'est-ce qui a changé depuis 1963? Les Russes ont été remplacés par les musulmans dans le rôle du Diable. La chasse aux communistes a été remplacé par la chasse aux terroristes... et carrément tout ceux dont la chasse aux terroristes n'est pas une priorité. Tout le reste demeure inchangé. La propagande, la paranoïa et la course à l'armement font toujours partis du décors; aux États-Unis, le fanatisme militaire est aussi puissant que le fanatisme religieux, auquel il est étroitement lié.
Docteur Folamour était, en 1963, une délicieuse satire politique remplie de scènes devenues légendaires, comme le soldat cowboy chevauchant une bombe atomique et le général paranoïaque qui veut à tout prix protéger une vulgaire map monde d'un ambassadeur russe... juste parce que c'est un ambassadeur russe. En 2007, la satire tient toujours et nullement besoin de connaissances historiques pour l'apprécier grâce à notre merveilleuse situation géo-politique mondiale.
Ma note: ce film se passe évidemment de note!





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