Et si c'était nécessaire?
Dans une atmosphère politique normale, je dirais qu'André Boisclair doit tenir bon et aller de l'avant avec son plan de révision du programme péquiste. Le PQ est le seul parti à avoir proposé un programme vieux de 2 ans lors de la récente campagne. Ça peut paraître court comme délai, mais en politique, c'est long. En voyant la date du programme, plusieurs électeurs l'ont certainement considéré désuet et malheureusement, Boisclair n'a pas su démontrer le contraire.
Plutôt que de revoir et d'actualiser le programme, de se repositionner le parti sur l'échiquier et de préparer un retour en force, plusieurs députés péquistes pensent juste à remplacer Boisclair à la chefferie. Cette manœuvre consiste à appliquer un diachylon sur la plaie, car il est prouvé qu'une blessure fait moins mal lorsqu'on ne la voit pas. Sauf qu'un diachylon n'a jamais guéri une blessure et plus on attend avant de la soigner, plus ce sera ardu et douloureux.
Trêve de comparaison.
Si j'encourage, dans une première mesure, le projet de Boisclair, le spectre d'une nouvelle élection plane déjà sur l'Assemblée. Mario Dumont fera tout pour renverser au plus vite le gouvernement, question de profiter du succès de l'ADQ. Comme il le dit, il veut «donner un gouvernement adéquiste aux Québécois», ce qui suppose qu'il pense que les 61.41% qui n'ont pas voté pour l'ADQ ont commis une erreur, probablement due à la position de certains candidats adéquistes sur les bulletins de votes. Il faut donc donner une chance à ces brebis égarées de trouver le chemin vers leur bon berger.
La réalité, c'est que Mario Dumont a le beau jeu. Si des élections proches sont déclenchées, se sera forcément parce que le Parti Québécois ne se sera pas appuyer les libéraux. Vu la proximité de ladite élection, une bonne partie de l'électorat mettra son cerveau à off en ne conservant qu'un seul mantra: «le PQ nous a plongé dans une autre maudite campagne !» Cette situation augmentera l'électorat potentiel pour l'ADQ, surtout que ni le PLQ ni le PQ ne serait prêt. Le premier n'aurait pas le temps de démontrer qu'il méritait un second mandat alors que le second n'aurait pas le temps de faire le travail interne qu'il se doit absolument de faire.
Dans une telle perspective, une seule chose pourrait sauver le PQ: un nouveau chef. Pourquoi? Parce que même si le message est percutant et vendeur, l'électorat québécois n'écouterait pas s'il était amené par André Boisclair. La dernière campagne, et la performance de Boisclair, serait encore trop frais aux mémoires. Il faudrait alors stimuler l'attention des gens et je pense que seul un changement de chef, chez qui le charisme et la communication efficace feraient autant parti de son être que ses jambes et ses bras, pourrait y parvenir.
Voilà pourquoi je me pose la question: et si c'était nécessaire? Ce n'est qu'à moyen et long terme que la chefferie de Boisclair serait (très) bénéfique au Parti Québécois. À court terme, elle serait un handicap.





