jeudi 28 février 2008

Je me suis téléporté...

... sur Wordpress. La décision découle surtout d'un désir de changement que d'un réel besoin ou d'une tendance à suivre. Je veux continuer à partager mon opinion sur un blogue, mais je suis un peu tanné de l'interface de Blogger. Je n'ai rien à lui reprocher, mais je me suis dit que de découvrir les fonctionnalités d'une autre plateforme serait peut-être un incitatif pour coucher mes idées sur les pages pixélisées du Web.

Je vous invite donc à ma nouvelle adresse: gradlon.worpress.com. Dans quelques semaines, mon adresse Blogger vous redirigera automatiquement vers mon adresse Wordpress.

mardi 26 février 2008

Jacques Villeneuve à Pourquoi?

Villeneuve à <i>Pourquoi?</i>Le coureur automobile, à la fois chéri et critiqué des amateurs québécois, Jacques Villeneuve était l'invité de Jean-Luc Mongrain ce soir à Pourquoi?.

Villeneuve s'était retiré de la Formule 1 — ou bien on l'a éjecté — après qu'un violent accident lors du Grand Prix d'Allemagne l'ai empêché de participer à la course suivante, mais qui a permis de découvrir le talentueux Robert Kubica. C'était en août 2006. Pour se consoler, le pilote a sorti un album qui n'a d'autre vertu qu'un plaisir qui ne concerne que lui. En 2007, il s'est essayé avec l'équipe Peugeot au 24 heures du Mans, une expérience assez satisfaisante pour lui assurer une seconde participation en 2008.

Mais c'est surtout ses visées en NASCAR qui capte l'attention des amateurs québécois et les analyses des gérants d'estrades. Si Villeneuve a eu le cheminement vers la Formule 1 que son compatriote Patrick Carpentier n'a pas eu, ce dernier l'a devancé dans l'aventure du stock-car et peut donc commencer cette nouvelle carrière en premier. Villeneuve, lui, devra prendre son mal en patience, faire les classes qu'il a cru bon court-circuiter et partir à la chasse aux commanditaires, lesquels ne se jettent pas à ses pieds, n'en déplaise à ses succès en monoplace.

C'est un Jacques Villeneuve mature qui s'est prêté au jeu de Jean-Luc Mongrain mardi soir. Toujours aussi franc et réaliste, il a fait preuve d'un parler diplomate qu'on ne lui connaissait pas. Les obstacles rencontrés au court de son processus d'accession au championnat sportif le plus important des États-Unis semble avoir atténuer la façon dont il aborde sa propre personne, alors qu'en Formule 1, il en était venu à se montrer assez imbu. Ou est-ce les médias qui sont moins sensationnalistes maintenant qu'il n'est plus dans la discipline reine?

Quoiqu'il en soit, j'ai toujours bien aimé Jacques Villeneuve. Après son passage serein à TQS, je l'apprécie encore plus. Sa façon honnête et sans détour de vulgariser et faire découvrir le monde du sport automobile me fascine. C'est une chose que les amateurs n'ont pas nécessairement l'occasion de voir souvent dans le cirque aseptisé et contrôlé de la Formule 1, et depuis qu'il a quitté le navire, nous avons l'opportunité de découvrir une nouvelle facette du pilote québécois. Que ce soit le fruit de leçons professionnelles récentes ou l'émergence d'un aspect jusqu'alors caché, le résultat n'en est pas moins appréciable.

S'il respecte le mandat qu'il s'est donné de prendre son temps pour franchir les étapes qui mènent au championnat Sprint, je prédis une belle seconde carrière pour lui. Ce qui ne veut pas dire que je m'attends à ce qu'il «casse la baraque», car même s'il est performant, les pôles répétitives sont plus rares en NASCAR. Cette discipline en est une d'endurance et de mathématique, le système de pointage étant plus complexe, mais rendant l'ensemble de la course au titre plus attrayante.

Tout de même, s'il parvient à se trouver un bon commanditaire et à assimiler les connaissances apprises en coupe Nationwide (satellite de la coupe Sprint), le spectacle pourrait être très divertissant pour les québécois. Davantage qu'avec un seul québécois en piste. Carpentier a beaucoup de potentiel, lui dont l'expérience sur circuits ovales est plus fraîche et qui connaît bien les circuits routiers nord-américains. Lui ou Villeneuve, ce serait bien. Lui et Villeneuve, ce serait mieux. Lui, Villeneuve et Andrew Ranger, qui a fait des merveilles en Série Canadian Tire l'an dernier, la branche canadienne de NASCAR, ce serait complètement idyllique!

Mais... beaucoup d'eau peut couler sous les ponts durant les prochains mois.

Pour voir l'intégral de l'émission, consulter ce lien.

Source de l'image: TQS.

vendredi 15 février 2008

Très drôle

Richard Hétu vient de pondre un billet concernant le conseil que George W. Bush a donné à Barack Obama lors de leur première rencontre, alors que ce dernier venait d'être élu sénateur de l'Illinois. Outre le fait que cette information ajoute à l'intérêt de ces primaires étatsuniennes, ce sont surtout les commentaires qui ont succédé que j'ai trouvés particulièrement drôles.

Une forme d'anonymat qui aurait de quoi faire sauter les plombs à Patrick Lagacé !

Parlant de blogues (sic) logés sur Cyberpresse, je trouve vraiment dommage de ne pas pouvoir mettre un lien direct vers un commentaire précis, exception faite des 10 derniers commentaires.

vendredi 8 février 2008

Il y en a qui divaguent plus que moi!

Pendant au plus cinq minutes, j'ai regardé l'émission de ce soir de Denis Lévesque sur les ondes de LCN. Le sujet du jour: la fin du monde et le 21 décembre 2012. Cette dernière date correspond à la fin du compte long du calendrier maya. Pour certains ésotériques, il s'agit de la date de la fin du monde, rien de moins. Le genre d'ésotériques qui ont vu le visage du diable dans la boucane s'échappant du World Trade Center le 11 septembre 2001 et qui voient des prophéties dans la version hébraïque de l'ancien testament.

L'un des «intervenants» se perdait dans ses explications tellement celles-ci étaient abracadabrantes. Comme quoi il y en a qui divaguent plus que moi et qui, contrairement à moi, se prennent totalement au sérieux!

Et ce pauvre Denis qui brandit le glaive contre l'infotainment. Quand est-ce qu'il retournera l'arme contre lui... métaphoriquement parlant, bien sûr?

Divagations philosophiques

Trois hivers, trois accidents. En réalité, je devrais dire deux collisions et un accident, car le terme «accident» implique qu'il n'y ait aucun responsable. Or, deux des incidents routiers dans lesquels j'ai été impliqué ces trois dernières années auraient pu être évités sans la présence d'un tiers inconséquent au volant.

L'incident de 2006 s'est produit lors de cette fameuse journée enneigée et brumeuse qui a vu le carambolage sur l'autoroute 40, à la hauteur de St-Sulpice. Dans l'épais manteau d'air blanc, je roulais assez lentement pour voir que le véhicule me précédant était immobilisé et que j'eus le temps d'en faire autant en toute sécurité. Celui qui me précédait n'a pu réaliser l'exploit, faute de disposer d'assez de temps. Je vous laisse deviner pourquoi.

En 2007, bien que roulant prudemment, je perdis le contrôle de mon bolide pour finir dans le fossé, à contresens de la circulation. Aux yeux de mon assureur, j'étais bien sûr responsable. Pour moi, on pouvait vraiment, sans faire de travestisme sémantique, qualifier cet incident d'accident. Alors que j'attendais le véhicule d'urgence cette nuit-là, plusieurs véhicules se sont succédés au même endroit, sur la même chaussée gelée, à des vitesses autrement plus dangereuses que la mienne, sans jamais perdre le contrôle. Pourtant, avec mes 20 km/h et mes pneus cloutés, c'est moi qui a pris le champs.

Cet hiver, c'est un imbécile d'une nullité intellectuelle incroyable qui a causé ma collision. Je roulais tranquillement, parfois trop aux yeux de mes confrères automobilistes, qui me dépassaient et par la gauche et par la droite. Je n'avais vraiment aucune raison de m'en faire, jusqu'à ce qu'un égocentrique de la route décide de changer de voie, s'aventurant dans la mienne sans clignotants ni précautions pour ma présence. Afin d'éviter que son aile arrière ne vienne chaleureusement embrasser mon aile avant, je fit une légère bifurcation.

Grand mal m'en fut! Je perdis le contrôle et me retrouvai, pare-choc avant d'abord, dans le parapet. L'écervelé continua son chemin sans jamais se rendre de compte de sa grande ineptie alors que moi, je tremblais de partout, les mains crispées sur le volant, le nez occupant la moitié de la voie d'extrême gauche, où d'autres déficients n'eurent guère assez d'esprit pour ralentir alors qu'ils me frôlaient. Mais enfin, je parvins à déplacer mon véhicule dans une position de relative sécurité et attendit l'arrivée des services d'urgence. Le remorquage, effectué sur une distance de 5km, me coûta au bas mot la coquette somme de 160$.

La morale superficielle serait de ne plus sortir lorsque le temps est maussade. La véritable morale, c'est qu'un nombre encore plus important que ce que je croyais de conducteurs disposent malheureusement d'une boîte crânienne trop mince pour protéger leur cerveau contre la cryogénisation. Leurs neurotransmetteurs réduits à l'incapacité totale font d'eux de véritable criminels de la route, et comme bien des criminels, ils s'en sortent sans égratignures, physiquement, psychologiquement et judiciairement parlant.

Pour une rare fois sur ce blogue, je serai imbu de ma personne. Un petit plaisir que je m'accorde.

Je ne crois pas au hasard, non plus qu'à la destinée. Du moins, pas cette destinée immuable, sur laquelle nos choix n'auraient aucun levier. Il y a donc une raison à ces incidents, une explication que je dois trouver, un message que quelque chose — je n'y donne aucun nom, encore moins celui de «dieu», car cela impliquerait que je crois en dieu et/ou que je partage la croyance d'autrui autre que la mienne, mais confondue par les termes qu'on lui prête — essaie de me faire comprendre.

Voici le moment venu de manquer totalement de modestie: je suis trop intelligent. Trop intelligent pour être celui qui causera un jour un incident routier tel que ceux que j'ai vécus à deux reprises. À l'image du Yin et du Yang, toute chose étant équilibrée, si je ne suis celui qui cause les incidents, je suis donc celui qui doit les subir. C'est une loi inscrite profondément dans le cosmos!

Plus avant, mes mésaventures se veulent un avertissement; celui qu'un jour, un écervelé du volant provoquera chez moi des dommages plus graves que des pertes matérielles. Des jambes coupées? Une colonne vertébrale fracturée causant la tétraplégie? Un traumatisme crânien me dépossédant à jamais de ma mémoire? Pire encore, une collision tragique m'enlevant femme et enfants que je n'ai pas encore? Ou encore, déroutant mon véhicule en direction d'un enfant innocent que je faucherais à mort?

Manifestement, la seule façon actuellement à ma portée pour éviter de vivre l'un de ces drames est d'éviter de conduire lorsque le temps est «jugé» inopportun. Toutefois, une voix me dit que si le mauvais temps peut effectivement favoriser la conjecture, celle de ma rencontre avec un fou du volant, elle n'y est pas indispensable. Quand même, ce serait un début que de rester sagement chez moi lorsque préférable, car quand les nombreux automobilistes québécois n'oublient pas leur cerveau sur le toit de la voiture, ils l'exposent à un froid nocif pour leur raisonnement.

Il est clair que ce billet est en grande partie que pures divagations. Sachez cependant ceci: il y a presque quatre ans, je circulais sur un chemin de terre de la base scoute Tamaracouta, dans les Laurentides. Le vent était violent et le craquement des branches fracturées me parvenait à l'oreille. J'eus le temps de me rendre à destination, et alors que je mis le pied à l'intérieur, les volants des fenêtres claquèrent d'un applaudissement infernal, les lumières s'éteignirent, le tonnerre hurla et les éclairs déchirèrent les cieux.

Cela ne faisait pas dix secondes que j'étais entré que je sortis la tête pour jeter un oeil à l'extérieur. L'itinéraire que je venais de parcourir était complètement recouverts d'un tapis de troncs d'arbres, un manteau d'une épaisseur d'un mètre. Dix secondes plus tôt et l'une de ces massues naturelles se seraient écrasées contre ma tête, au mieux provoquant ma mort, au pire me causant des dommages cérébraux irréparables et me condamnant à un éternel enfer sur terre.

Dix secondes plus tôt. Depuis ce temps, je permets, à l'occasion, de mettre l'interrupteur de la raison scientifique à «off» pour laisser libre-court aux élucubrations philosophiques sur la vie et sur comment le monde tourne. Malgré l'excentricité de ces réflexions, il n'en demeure pas moins qu'elle renferme un peu de vérité. N'est-il pas vrai que les cons au volant causent plus de dommages aux conducteurs avisés que l'inverse, et qu'à cause de ces premiers, ce sont ces seconds qui doivent se priver de prendre la route par un jour de mauvais temps?

mercredi 23 janvier 2008

Je me suis «avatarisé»

Au départ, j'avais pensé à un ancien globe terrestre, dans le but de manifester à la fois mon intérêt pour l'histoire tout en demeurant neutre au niveau des périodes et thèmes historiques. Puis, je me suis rappelé de cette carte en T (ou carte TO) que mon professeur d'histoire européenne moderne (fin 15e siècle à 1815) nous avait montré cet automne.

La carte en T est une représentation du monde médiéval telle que conçue par Saint-Isidore. Cependant, il serait une grossière erreur de penser que cette carte incarne toutes les connaissances géographiques de l'époque. Sans «dessiner» les cartes en tant que telles, les marchands génois et hanséatiques concevaient des cartes où les ports étaient identifiés et qui devaient ressembler autrement plus à la réalité.


Tout de même, cette carte en T était plutôt brillante. La patte du T représente la mer Méditerranée séparant l'Europe (ce terme n'était probablement pas très répandu à cette époque) au nord et l'Afrique au sud. La grande barre du T représente les fleuves Danube et Nil, qu'on considérait relativement en continuité. À l'ouest de ses fleuves, l'Asie, qu'on savait plus vaste que l'Europe et ce qu'on connaissait de l'Afrique. Généralement, au centre du T, sur la rive asiatique, on situait la ville de Jérusalem, véritable centre du monde médiéval.

Finalement, j'enfreins la loi de neutralité que je m'étais fixée, mais je trouvais que cette carte ferait un bel avatar, simple et coloré. De plus, elle traduisait une certaine volonté de vouloir se représenter le monde, donc de le comprendre, ce que je trouve bien.

mardi 22 janvier 2008

Heath Ledger est décédé

La nouvelle vient de sortir il y a quelques heures seulement. Si je n'étais pas tellement surpris par le décès de Brad Renfro la semaine dernière, et que je m'attends — sans l'espérer... je ne souhaite jamais ce genre de chose — à ce que celui de Britney Spears soit annoncé d'un jour à l'autre, celle d'Heath Ledger me trouble beaucoup.

Lui qui était promis à un bel avenir après sa prestation aux côtés de Billy Bob Thornton dans Monster's Ball avait connu un creux avec The Order et Lords of Dogtown pour remonter en flèche avec son inoubliable performance dans Brokeback Mountain. Un talent qui ne se démenti guère ensuite.

Nous aurons une dernière fois l'occasion de voir à l'oeuvre celui qui était une star montante du septième art, alors que son incarnation du Joker dans The Dark Knight fera passer le Joker de Jack Nicholson pour un enfant de choeur.

Bien que certains amateurs de sarcasmes diront que tous les artistes sont des «sniffeux de coke», j'ignorais qu'Heath Ledger pouvait être consommateur de drogue au point de s'en tuer. Pourtant, je suis d'assez près l'actualité du cinéma.

Tragique.

vendredi 18 janvier 2008

Le choix de Pauline

Jusqu'à présent, je peux affirmer être relativement satisfait du travail effectué par Pauline Marois dans le fauteuil du deuxième chef d'opposition à l'Assemblée nationale. Son projet de loi sur la citoyenneté québécoise était audacieux et controversé, mais il avait ceci de rafraîchissant: il proposait. Il était alors pardonnable de naviguer sur une vague initiée par le populisme d'un parti adverse.

À la suite de la série de reportages publiée par le Journal de Montréal sur l'état du français dans la métropole insulaire, il fallait s'attendre à une sortie en règle de la cheffe du Parti Québécois. Bien entendu, cette sortie allait s'attirer les foudres de diverses personnalités, à commencer par Jean Charest.

J'admets que les dispositions prévues par la loi 195 sur la francisation des entreprises sont difficilement applicables à courts termes. Les petites entreprises de service puisent leurs employés dans un bassin souvent prédéterminé et se limiter au bilinguisme mènerait à deux conséquences défavorables: faillites et pauvretés. Sauf qu'à moyen et long terme, ces dispositions seraient applicables et même essentielles.

Mais comme personne ne veut en discuter, ce qui est une invitation à la réflexion devient une aberration séparatiste radicale.

À court terme, l'action doit être concentrée vers l'amélioration de l'éducation de la langue française dans les établissements scolaires québécois. Ce qui est plus choquant que des commerces unilingues anglophones, ce sont des professeurs de mathématique, de science, d'histoire et autres matières faisant presque autant de fautes linguistiques que les étudiants auxquels ils enseignent. Ce qui est déprimant, ce sont des professeurs de français peinant à trouver une façon de transmettre leur amour de la langue aux écoliers, ce qui faciliterait beaucoup l'assimilation des lourdes règles de la langue.

Je pense que l'idée que Grand Corps Malade, ce «slameur» de l'hexagone, a lancée lors de son passage à Tout le monde en parle était brillante. Il suggérait entre autre de laisser les jeunes créer et jouer avec les mots, les phrases et les règles de la langue française. C'est sans doute la meilleure façon de les intéresser au français. Les cours de français sont généralement d'un ennui mortel, parce qu'avant de s'assurer de l'intérêt des jeunes pour la langue, nous les assommons avec des règles complexes et vide de sens.

Mais comme personne ne veut en discuter... on préfère ramener la dictée qui, sans être foncièrement mauvaise, permet aux étudiants d'identifier leur erreurs, mais est loin de les motiver à ne plus les répéter.

Après une amélioration de l'enseignement du français, autant dans les écoles francophones qu'anglophones et allophones, nous pourrons penser à une francisation plus active des entreprises. Lorsque celles-ci pourront puiser leur main-d'oeuvre dans un vaste bassin efficacement bilingue, nous pourrons exiger d'eux un respect plus strict. Elles se sentiront moins menacées par leurs obligations — du moins, leur sentiment de menace perdra ses fondements —, tandis que les candidats à l'embauche n'auront plus l'impression que le marché du travail leur est interdit.

Mais comme personne ne veut en discuter... chacun reste sur ses positions, condamnant les électeurs à adopter des positions qui ne sont pas complètement la leur, mais qu'ils appuient, faute d'offres plus raisonnables. Jusqu'à ce qu'on veuille bien en discuter, la proposition que j'appuie est celle de Mme Marois.

Il est vrai qu'elle s'adonne présentement au populisme et que je condamne généralement ce type de pratique. Toutefois, il ne s'agit pas d'une nouvelle action populiste, mais le prolongement de celle qu'elle avait déjà entreprise l'automne dernier. Elle ne fait que ramener à l'avant-plan une proposition qu'elle brandissait avant que le Journal de Montréal ne sorte son fameux dossier. Elle ne pourra par contre étirer sempiternellement la sauce ni même s'engager dans d'autres actions populistes sans un jour en payer les conséquences, ce qui arrive présentement à Mario Dumont.

Elle devrait être celle qui inspire les enquêtes journalistiques, et non être celle qui s'en inspire.

lundi 14 janvier 2008

Mémoire humaine en danger

Depuis quelques années, les églises délaissées du Québec sont menacées de disparitions ou de changement de vocations mettant en péril leur intégrité. Au niveau provincial, le nombre effarant d'églises bâties sur un même modèle apaise la délicatesse de la situation, mais au niveau municipal, c'est l'état d'urgence. La plupart des municipalités québécoises n'ont qu'une église, laquelle représente souvent à elle seule l'entièreté de leur héritage historico-culturel, en plus d'être généralement leur seule salle communautaire.

La réalité québécoise actuelle s'applique également au niveau mondial. Les 851 sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO sont à l'humanité ce que les églises de la province sont à leur municipalité: uniques, précieux et informatifs. Parmi ces sites, l'UNESCO en a inscrits officiellement 30 sur sa liste en péril, mais le nombre réel, sans en connaître la valeur exacte, est plus élevé.

L'exemple d'Angkor Vat, tel que présenté mercredi dernier à l'émission Une heure sur terre, est éloquent. Chaque jour, des milliers de touristes insouciants grouillent dans les moindres recoins de la cité sacré, à l'image d'un millier de rats vermillant pour fuir un navire sombrant. Ces visiteurs piétinent, grimpent, bouffent et boivent là où bon leur semble, sans respect pour les vestiges qu'ils ont le privilège de visiter.

Cette activité touristique menace également la cité «par en-dessous». En effet, le développement hôtelier s'accélère à un rythme effréné et chaque nouveau bâtiment draine la nappe phréatique servant de frêles fondations à la cité. Certains de ces hôtels sont situés à moins de 300 mètres du site.

Ce type de tourisme sauvage menace également d'autres sites historiques et culturels importants. Les pyramides de Gizeh ont longtemps inquiété les archéologues et les historiens, et bien que le gouvernement égyptien ait resserré son contrôle sur le tourisme, du travail reste à faire. L'archipel des îles Galápagos, qui a été inscrite sur la liste en péril en 2007, voit son fragile et unique écosystème menacé par une activité touristique accessible à de plus en plus de gens.

Outre le tourisme, des infrastructures humaines se font menaçantes. Ainsi, la citadelle médiévale d'Hasankeyf, en Turquie, est fortement menacée par un projet de barrage, tout comme la ville antique d'Assur, en Syrie. En Égypte, des travaux agricoles en périphérie de l'ancienne cité d'Abou Mena ont fait s'élever dangereusement la nappe phréatique, ce qui menace les ruines. À Dresde, en Allemagne, la construction projetée d'un pont menace le paysage culturel de la Vallée de l'Elbe.

Enfin, il y a les guerres. En Irak, deux sites ont été ou sont menacés par l'invasion étasunienne: un camp avec héliport fut installé au coeur des ruines de Babylone, alors que la ville de Samarra est devenue le théâtre de nombreux attentats entre chiites et sunnites depuis 2003. De nombreux sites du patrimoine mondial, à vocation environnementale, sont également en danger à cause des conflits intestinaux de divers pays africains.

Je peux comprendre qu'avec des revenus limités, certains états choisissent la survie de la population au détriment de la conservation du patrimoine. Toutefois, ce n'est pas le cas pour la plupart des sites considérés en péril. Pour ceux dont c'est vraiment le cas, je pense que c'est davantage la religion du capitalisme sauvage qui accule les gouvernements au pied du mur, les forçant à sacrifier la mémoire de leur passé.

Le capitalisme sauvage est également en cause lorsque c'est le tourisme qui est pointé du doigt. S'il est vrai que l'activité touristique est essentielle à la préservation du patrimoine, le problème surgit lorsque cette activité sert autre chose que la conservation. Les touristes d'Angkor Vat n'ont pas conscience de la fragilité du site et leur ignorance est maintenue intacte par une industrie touristique plus soucieuse des profits engendrés que de la pérennité du patrimoine. Bonjour le développement durable!

Je serais triste qu'un site historique soit sacrifié au profit des besoins essentiels des humains. J'aime plus l'être humain que l'histoire, donc mon coeur gros et ma gorge nouée feraient place à un sentiment de bien-être humaniste. Mais quand un site historique est menacé par l'idiotie humaine, alors ce gros coeur et cette gorge nouée laissent place à la frustration et au désespoir.
 

samedi 12 janvier 2008

Impressions mitigées

Peut-être avez-vous vu à la télévision récemment cette publicité dans laquelle des individus encagoulés font irruption dans une maison pour y enlever un parent — je ne me rappelle plus si c'était le père ou la mère — durant un souper de famille. Cette publicité de la Fondation des Maladies Mentales fut retirée des ondes après seulement quelques diffusions.

Il en existe toutefois une autre, radiophonique celle-ci, dans laquelle une fillette rentre de l'école et qui cherche désespérément sa mère dans la maison, en vain. À la fin des deux publicités, on informe les auditeurs que les maladies mentales, dont la dépression, enlèvent à leurs proches une personne sur six au Québec.

Mes impressions face à la première publicité furent fort mitigées pour les mêmes raisons qui ont incité la FMM à la retirer. Il est vrai qu'une maladie mentale non diagnostiquée peut briser un foyer de façon subite. Parlez-en à ces nombreux endeuillés qui n'ont jamais vu venir le suicide d'un proche. Toutefois, la violence qui composait la métaphore était trop ambiguë et brusque pour efficacement atteindre son objectif: éveiller les consciences sur l'urgence d'agir.

La FMM est pourtant capable de publicités choc et efficaces. La deuxième que j'ai mentionnée en fait partie. Même si elle demeure implicite, on peut aisément en deviner la fin tragique. Les deux publicités de la FMM concernant spécifiquement la dépression sont également efficaces. Il y eut celle du collègue de bureau venu acheter des fleurs et dont la carte d'accompagnement démontrait toute l'ignorance du personnage. Il y a également celle qu'il est possible de visionner sur le site de la fondation et expliquant qu'il serait beaucoup plus facile pour un dépressif de faire comprendre sa souffrance s'il était couvert d'ecchymoses et de bandages.

Il y a un autre aspect sur lequel mes impressions sont mitigées et c'est la classification de la dépression dans les maladies mentales.

D'abord, il est vrai qu'à travers un scanner, la dépression est causée par une insuffisance dans la production de sérotonine, un neurotransmetteur du cerveau notamment responsable de l'humeur. Cependant, à l'instar d'autres troubles de l'humeur, et contrairement à d'autres maladies mentales, la dépression est d'abord et avant tout causée par l'environnement social et affectif de l'individu. Cela est également vrai même si la personne naît avec une dysfonction au niveau de la production de sérotonine, car ce qui arrive à la mère durant la grossesse contribue fortement au développement de ladite dysfonction.

Il y a aussi la notion d'anomalie qui accompagne l'étiquette de la maladie mentale. S'il semble évident qu'une maladie telle que la schizophrénie est un état anormal, on ne peut pas toujours en dire autant de la dépression. Comme mentionné ci-haut, les facteurs extérieurs sont davantage à blâmer. La dépression agit comme un signal d'alarme qui avertit l'individu qu'il évolue dans un milieu malsain. On pourrait alors considérer cette maladie comme la conséquence normale d'une exposition prolongée à un milieu anormal.

D'ailleurs, les personnes dépressives qui s'en remettre développe la faculté de percevoir autour d'eux d'autres conséquences de ce milieu anormal. Elles décèlent plus facilement les gens qui renient la situation parce qu'elle ne les affectent pas personnellement et/ou immédiatement. Elles détectent aussi l'habitude que plusieurs prennent de refouler au plus profond d'eux-mêmes la souffrance que leur cause notre société démente. Elles remarquent ceux qui savent qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de l'humain et qui chialent à propos des autres sans se rendre compte que leur propre comportement fait partie du problème, sans être le problème.

Bien sûr, si le fait de classer la dépression parmi les maladies mentales favorisaient l'accès des personnes dépressives à des soins de santé et des ressources efficaces, qu'il en résultait une société plus fonctionnelle et saine, que le taux de suicides en soit réduit, tout comme le nombre de crimes reliés, à tort ou à raison, à la dépression, alors j'appuierais sans réserve la classification. Mais il n'en est rien.

Placer la dépression dans la vaste et généraliste catégorie des maladies mentales ne fait que marginaliser ceux qui en souffre en les isolant davantage, en plus de permettre à tous ceux et celles ayant de réels comportements amoraux, perturbés, louches et néfastes de se décharger de toutes responsabilités sociales face à ce fléau contemporain que sont les maux de l'âme.

mardi 8 janvier 2008

Choisir une gamelle

Je suis comme ça: lorsque vient le temps de sortir l'argent de ma poche pour m'acheter quelque chose, j'angoisse. J'ai toujours peur de me faire avoir sur le rapport qualité/prix. Cette fois-ci, c'est le choix d'une gamelle pour la randonnée et le camping en général qui me cause un bien futile tourment.

Je connais les conseils d'achats par choeur.

Il y a trois types de matériaux de base: l'acier inoxydable, l'aluminium et le titane. Ce dernier est sans conteste le maître, car il est à la fois léger et résistant. Cependant, 100$ pour deux chaudrons, c'est un peu au-dela de mon budget.

L'aluminium est un matériel fréquemment utilisé pour sa légèreté. Cependant, sa fragilité nécessite une épaisseur qui l'alourdit un peu. En contrepartie, l'acier inoxydable est plus résistant, ce qui permet aux manufacturiers de réduire l'épaisse des gamelles pour permettre une légèreté qui se rapproche de l'aluminium, sans toutefois l'égaler.

Il semblerait que l'absorption de particules d'aluminium soit responsable de dégénérescences telles que l'Alzheimer. Un revêtement antiadhésif en Téflon permet bien sûr d'éviter que ces particules ne se transfèrent à la nourriture. Malheureusement, ce revêtement peut être très fragile, et bien que l'emploi d'ustensile en plastique (ou en Lexan) soit indispensable, cela ne garantit pas la résistance du revêtement. Quand à lui, l'acier inoxydable ne semble pas toxique, mais il ne peut être recouvert d'un revêtement antiadhésif et risque donc de faire coller la nourriture.

Dans chaque catégorie, deux gamelles m'intéressent. La gamelle High Camp de MEC (identique à la gamelle Inox de La Cordée) en est une en acier inoxydable qui semble offrir un excellent rapport qualité/prix. Elle est l'une des rares gamelles à prix abordable à offrir une poignée amovible. Normalement, il faut grimper au-delà des 40$ pour obtenir ce type de poignée chez une gamelle en acier, pour lesquelles le rapport polyvalence/poids n'est pas toujours intéressant.

La gamelle High Camp de MEC est détaillée au prix de base de 29,99$ pour deux chaudrons de 1.6 et 2.5 litres, deux poêles à frire (mouais!) servant aussi de couvercle et une poignée. C'est 4$ de plus que sa soeur de La Cordée. Le poids est de 970 grammes.

L'autre gamelle est la GSI Hard Anodized Extreme (image du haut). C'est une gamelle d'aluminium renforcée par anodisation dure et dont les surfaces de cuissons sont enduites d'une triple couche de revêtement antiadhésif, ce qui empêche le contact direct entre l'aluminium et la nourriture et augmente la résistance à la chaleur. Une visite en magasin sera nécessaire afin de vérifier la qualité de l'enduit antiadhésif.

L'avantage de la GSI HAE par rapport à d'autres gamelles antiadhésives, comme les MSR BlackLite et DuraLite, est que la poignée amovible s'agrippe à un ancrage, plutôt que directement sur le rebord du chaudron. Ceci a pour effet d'empêcher le contact entre la poignée et le revêtement, ce qui risquerait de l'égratigner.

La GSI HAE se détaille aux alentours de 64$ pour deux chaudrons de 1.4 et 2.4 litres, deux poêles à frire (mieux faites que pour la High Camp) servant de couvercle, deux tapis à découper, un sac et une poignée. Le tout pèse 916 grammes. Chez MEC, la GSI HAE est également livrée en format petit (55$ - 715g - 1 et 1.5l) et grand (73$ - 1200g - 2 et 2.4l).

C'est certain qu'il existe des gamelles plus légères, mais elles viennent avec moins de composantes. Avec la High Camp ou la GSI HAE, si 900 grammes sont trop lourds pour une randonnée, je pourrai laisser des composantes à la maison sans avoir le désagrément d'en manquer lors des séjours en camping fixe!

Je dois admettre que j'ai une préférence pour la GSI HAE à cause de son revêtement antiadhésif.

lundi 7 janvier 2008

Je ne le trouve pas si mal

Je me suis décidé à placer un en-tête personnalisé sur mon blogue. Ce n'est pas du grand art, mais je ne le trouve pas si mal non plus. Le plus long aura été de trouver une photographie de bibliothèque à mon goût. Sans doute je retravaillerai dessus au cours des prochains jours, voire des prochaines semaines, mais en attendant, cet en-têtre restera.

vendredi 4 janvier 2008

Le facteur est passé... ou non?

J'aime bien vivre en campagne. La neige y est propre, les nuits sont silencieuses et l'air est délicieuse à respirer. Pourtant, il existe une source de stress en campagne: le courrier. Où j'habite, nous avons des boîtes sur le bord de la route et le facteur ne passe jamais deux fois à la même heure durant la semaine. Parfois, nous sommes surpris par un petit drapeau levé à 11h00 tandis qu'à d'autres moments, nous pouvons attendre jusqu'à 15h00 avant de recevoir notre courrier.

Comme bien d'autres, aujourd'hui, j'attends mon remboursement de TPS. N'arrivant pas à voir ma boîte depuis ma fenêtre, il faut que je sorte dehors pour vérifier si j'ai du courrier. Ce qui est stressant, c'est que je ne peux pas me fier sur le drapeau des boîtes voisines pour savoir si le facteur est passé ou non. En effet, un drapeau peut être levé si un voisin a déposé une lettre dans sa boîte afin que le facteur la ramasse.

À toutes les trentes minutes, donc, je sors dehors et je marche jusqu'à ma boîte aux lettres, ne sachant jamais si le facteur est en retard ou si, finalement, je n'ai rien reçu du tout.

jeudi 3 janvier 2008

À quoi s'attendre en 2008?

La scène politique québécoise devrait être assez divertissante cette année. Le gouvernement de Jean Charest s'inspirera peut-être moins du programme adéquiste maintenant qu'il semble que ce soit Pauline Marois qui ait le vent dans les voiles. Comme il semble que l'ADQ soit dorénavant moins pressé d'envoyer les Québécois aux urnes, le PLQ sera moins forcé de faire des concessions. Toutefois, jouer de prudence à court terme serait bénéfique pour le gouvernement à long terme, lorsque les partis d'oppositions seront tous les deux enclins à le renverser.

Sur la scène fédérale, un ennui mortel est à prévoir. De deux choses l'une: soit Stéphane Dion parvient à conquérir le coeur des électeurs, soit les partisans libéraux décident de le remplacer. Dans les deux cas, ce sera long, ce qui permettra au gouvernement conservateur d'être fidèle à sa politique sans craindre un renversement initié par les libéraux. Certes, les électeurs de l'Ouest canadien seront nombreux à se frotter les mains de satisfaction, mais les défenseurs de l'environnement trouveront l'année longue.

Le Bloc Québécois devra travailler à son renouvellement. Son chef est au plus bas de sa carrière et maintenant que son homologue provincial, le Parti Québécois, semble avoir mis au rancart, pour l'instant, la question référendaire, le parti de Gilles Duceppe doit trouver une nouvelle façon de convaincre les Québécois qu'il est le meilleur pour défendre leurs intérêts à Ottawa.

Cependant, la plus grande menace pour le BQ ne vient ni de son chef ni de la question référendaire, mais plutôt du Nouveau parti démocratique. L'élection au Québec d'un député néo-démocrate en a surpris plus d'un en 2007 et l'arrivée en Chambre de Thomas Mulcair a créé beaucoup de remous. Il est propable que ces événements fassent des petits dans la Belle Province et que le NPD deviennent une alternative intéressante pour les électeurs québécois socialistes qui n'avaient jusque-là le Bloc pour qui voter.

Si surprises il doit y avoir à Ottawa en 2008, je regarderais du côté néo-démocrate.

Dans quelques heures, aux États-Unis, nous aurons une idée du visage qu'aura les élections présidentielles de 2008. Une grande partie de l'intérêt vient du succès de deux candidats inhabituels: Hilary Clinton et Barack Obama. Pour la première fois de l'histoire, une femme et un afro-américain sont parmis les favoris, au niveau national du moins. Ceci dit, rien n'est encore décidé et les élections pourraient devenir plus traditionnelles après les caucus d'août et opposer, comme d'habitude, deux candidats masculins et caucasiens.

Après le suspens de savoir qui représentera les deux grands partis, ce sera le suspens de savoir lequel accèdera à la Maison Blanche. Comme en 2004, les démocrates semblent surfer sur la vague d'insatisfaction engendrée par le cuisant échec étatsunien en Irak, mais à l'instar des dernières présidentielles, la tendance pourrait se renverser dans les derniers jours.

Sur la scène internationale, l'année 2008 devrait en être une d'inquiétudes. Le monde aura encore les yeux tournés vers la Chine et sa responsabilité dans la crise au Darfour, la débâcle étatsunienne en Irak, le conflit israélo-palestinien et la déchirure politique au Liban. La situation évoluera probablement dans chacune de ces régions, mais au compte-gouttes.

Cette année, le monde observera également l'état de la démocratie au Pakistan, dont le statu-quo risque malheureusement d'être imposé suite à l'assassinat de Benazi Bhutto. En Colombie, les FARC continueront d'être imprévisibles et de jouer au yo-yo quant à la date d'une éventuelle libération d'otages. En Russie, un nouveau président sera élu, mais la politique du pays demeura la même. Enfin, la communauté internationale tergiversera encore sur le statut à accorder au Kosovo.

Mais tout ne sera pas négatif. Il sera intéressant de voir le nouveau rôle que l'Australie jouera sur la scène internationale maintenant qu'elle est gouvernée par un social-démocrate, le travailliste Kevin Rudd. Le rapprochement des deux Corée devraient se poursuivre, ce qui améliorera certainement la situation précaire de l'état nordique. Le monde devrait également un peu moins s'inquiéter de la menace nucléaire iranienne et de son président, Mahmoud Ahmadinejad.

Bien sûr, il se passe trop de chose dans l'actualité pour avoir un aperçu précis du visage qu'aura l'année 2008. J'espère seulement que ce qui s'annonce négatif ne le sera pas autant qu'on le craigne et que ce qui s'annonce positif le sera doublement.

Bonnée année 2008!

mercredi 2 janvier 2008

En-têtes en tête

Pas facile, lorsque tu es carrément nul en graphisme, de créer un en-tête de blogue à la fois représentatif et stylisé. Depuis quelques mois déjà que je m'affaire à chercher des images, à faire des collages et à pondre un en-tête satisfaisant.

J'ai d'abord pensé à du parchemin, car il s'agit là d'un symbole reconnu de la science historique. Sauf que la teinte du parchemin s'agence très peu avec d'autres couleurs, à moins que des effets de fondu permettent d'élégentes transitions de tons. Comme je l'ai dit, je suis assez nul en graphisme, alors j'ai mis le parchemin de côté.

J'ai pensé à une lampe de banquier; vous savez, cette grosse lampe verte qu'on voit dans chaque bureau de détectives privés dans les films d'Hollywood? Cette lampe s'avère être présente dans de nombreuses bibliothèques, second lieu de résidence de tout historien qui se respecte. Employée seule, la lampe de banquier donne de titanesques en-têtes qui semble crier à tous les internautes que le webmestre est un "m'as-tu vu". Mauvaise idée!

Parlant de bibliothèques, j'ai bien pensé à des étagères en bois remplies de vieux bouquins. N'est-ce pas la représentation par excellence de la vie d'un historien ? La bibliothèque du Trinity College de Dublin a d'ailleurs de quoi faire rêver. Trouver l'image idéale d'une vieille bibliothèque est cependant difficile. Les plus belles sont rarement grandes et les plus grandes sont rarement belles, surtout que la plupart des photographies sont prises alors que des usagers consultent des ouvrages au milieu des rayons.

Il existe de nombreuses autres images évoquant l'histoire que j'aurais pu employer. Toutefois, si leur sujet n'est pas sans éveiller une certaine curiosité chez moi, elles évoquent souvent plus que ce que je voudrais. Un château paraît restreindre l'intérêt au Moyen Âge, Stonehenge évoque souvent bien plus l'ésotérisme que l'archéologie, les photographies d'histoire contemporaine comportent trop de détails pour être vraiment personnalisables, etc.

Bien que non essentiel, l'en-tête est généralement le premier contact de l'internaute avec le blogue. S'il est trop agressif ou trop chargé, le visiteur risque de rebrousser chemin prématurément. S'il est joli mais inaproprié, le visiteur se fera une fausse idée et sera doublement déçu après lecture. S'il est laid, cela n'empêchera peut-être pas le visiteur de faire une lecture régulière du blogue, mais chacune de ses visites commencera sur une note amère!

Pour le moment, j'ai bien quelques essais chargés sur ma page Flickr, mais je ne suis pas encore décidé à en utiliser un. Je préfère utiliser l'en-tête prévu par le concepteur du thème que j'emploie. Ce n'est peut-être pas très original, mais c'est sobre et neutre.

De petites perles

Les sites collaboratifs à la Wikipedia donnent parfois naissance à des inepties incroyables, tandis qu'à d'autres moments, ce sont de véritables petites perles humoristiques qu'on y trouve.

Dans la lignée des exécrables Date Movie et Epic Movie, les réalisateurs (sic) Jason Friedberg et Aaron Seltzer récédiveront bientôt avec une autre parodie (re-sic) intitulée Meet the Spartans, laquelle s'attaquera principalement à l'excellent 300.

La bible virtuelle du cinéma, IMDb.com, consacre à chaque film une section F.A.Q. (Frequently Asked Questions) et laisse à ses membres le loisir de la nourrir de questions et de réponses. À cette date, Meet the Spartans ne fait l'objet que d'une question, la seule qui vaille vraiment d'être posée, et s'accompagne d'une réponse délectable.

Si vous maîtrise la langue de Shakespeare, ou plutôt celle de John McLane, je vous conseil de lire directement ladite réponse.

Sinon, voici une traduction approximative de la question et de sa réponse:

"Pourquoi les studios allouent-ils encore à ces films d'être faits? Parce qu'ils sont des salauds de bouffeurs d'argent et que le public américain est encore assez stupide pour payer pour voir cette merde."

dimanche 23 décembre 2007

La religion: une question de bonne foi

N'en avons-nous pas entendu parler et reparler de la religion, et ce, tout au long de la Commission Bouchard-Taylor? Des gens comme le maire de Saguenay, Jean Tremblay, et le cardinal Marc Ouellet sont venus plaider en faveur du catholicisme, tant dans nos classes que les institutions publiques. Des musulmans sont venus déplorer les écarts de compréhension des Québécois vis-à-vis l'Islam. D'autres, comme le maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron, plaident la laïcité totale de l'état, et même plus.

Pour moi, la religion est une question de bonne foi. On peut laïciser officiellement l'appareil étatique et ses organes, mais on ne peut pas laïciser de force ceux qui en sont les acteurs. On peut empêcher un député catholique d'entrer à l'Assemblée nationale avec un crucifix au cou, mais on ne peut pas lui ordonner de laisser ses valeurs au vestiaire. C'est d'ailleurs sur les valeurs qu'il véhicule qu'un député est élu. Or, ces valeurs sont influencées, au moins en partie, par ses croyances religieuses.

Il existe d'autres domaines où cette réalité survient. Je pense entre autre à l'enseignement, alors que la personnalité des professeurs influence la formation de la personnalité de milliers de jeunes. Les valeurs font partie intégrante de la personnalité et, à moins de vouloir dénaturer l'école, on ne peut empêcher les professeurs d'afficher la leur.

Qu'il s'agisse d'un député, d'un enseignant ou de tout autre fonctionnaire, la population sera amenée à juger leurs actions et leurs paroles. Lorsque ces actions et ces paroles rencontreront opposition, ce n'est pas une laïcité officielle et officiellement respectée par tous qui empêchera les gens d'accuser untel d'avoir agi et/ou parlé en fonction de sa religion.


Ce ne serait pas évident de discerner des actes ou des paroles découlant d'une croyance religieuse. Par exemple, les grandes religions de ce monde prônent la pauvreté. Un fonctionnaire véhiculant comme valeur la simplicité volontaire pourrait être taxé d'intégriste religieux, peu importe sa religion!


Encore faudrait-il s'entendre sur la définition de ce qu'est une religion. Selon le Nouveau Petit Robert, la religion est "un ensemble d'actes rituels lié à la conception d'un domaine sacré distinct du profane, et destinées à mettre l'âme humaine en rapport avec Dieu."

Le capitalisme regroupe un grand nombre d'adeptes qui observent religieusement divers rituels, tels l'achat de cadeaux pour les fêtes du calendrier du consommateur, le renouvellement de l'automobile tous les cinq ans, l'usage du crédit même dans les cas de liquidité suffisante, la messe du dimanche matin chez Wal-Mart, etc.

Les riches ne sont-ils pas de nouveaux dieux terrestres? Leur bonne parole n'est-elle pas véhiculée par des prophètes du coaching personnel et transmise à travers des livres sacrés expliquant les 10 commandements à suivre pour atteindre le paradis qu'est la richesse?

Je jette la lumière sur le capitalisme, car il est présentement le cœur de notre société occidentale et « occidentalocentriste ». Les deux derniers paragraphes peuvent cependant s'accorder à diverses pratiques du XXIe siècle, lesquelles ont toutes des adeptes, des rituels à suivre et des dieux, même si ceux-ci ne sont pas incarnés par un être intangible et infaillible.

Un état officiellement laïc va-t-il également légiférer la pratique des ces "nouvelles religions" dans la fonction publique? J'en doute fort.

Évidemment, la laïcisation de l'appareil étatique permettrait d'éviter de nombreux dérapages et d'uniformiser à toute la population les services publics. Ceci suffit pour que je considère essentiel de procéder à ladite laïcisation. Pour le reste, il faudra s'en remettre à la bonne foi des gens pour faire la différence entre des valeurs pouvant être bonne pour l'ensemble de la population et des valeurs qui ne sont bonnes d'abord et avant que pour soi-même.

vendredi 21 décembre 2007

Marois et Charest au fil d'arrivée, Dumont distancé

Le semestre d'automne de l'Assemblée nationale a été assez intéressant et surprenant. Ce ne sont pas les positions des différents partis qui furent surprenantes, mais la façon dont les partis se sont disputés la première place dans ce qui n'est qu'une autre séance de qualifications avant les prochaines élections. Au terme du dernier tour de piste, le Parti québécois et le Parti libéral sont au fil d'arrivée alors que l'Action démocratique se laisse distancé.

Le Parti libéral a démarré le semestre en bien mauvaise posture. Grand dernier dans les intentions de votes de septembre avec seulement 24%, il termine au deuxième rang avec 30% en décembre. Cet exploit est celui de Jean Charest et de lui seul. Il a su se mettre à l'avant-scène dans la crise de l'industrie forestière. Il a su éviter à Julie Boulet un lynchage en règle et sauver l'essentiel de son projet de loi sur la sécurité routière. Enfin, il est parvenu à pousser dans l'ombre un Philippe Couillard trop ambitieux à son goût.

Le projet de loi modifiant la loi sur la sécurité routière, l'intention de ramener à Québec le registre des armes à feu si Ottawa l'abandonne et les critiques à l'égard du gouvernement fédéral, notamment sur la crise forestière et sur l'environnement, sont des facteurs ayant fortement aidé la remonté des libéraux. Cependant, son refus de débattre du projet de loi sur l'identité québécoise, présentée par le PQ, son entêtement à implanter un port méthanier à Lévis et le retour bâclé des bulletins chiffrés ont assombri les réalisations du PLQ.

Alors qu'il était premier en août, le Parti Québécois a commencé le semestre en seconde place avec 30% des intentions de votes. En regardant les intentions de décembre, le PQ ne semble pas être un si grand vainqueur du semestre. En fait, son pourcentage a moins augmenté que celui du PLQ (+6%) et bien que meneur, son avance sur le PLQ est présentement le même que l'avance que l'ADQ avait sur lui en septembre (+4%).

Pourtant, à la tête du parti, Pauline Marois fut la plus performante des chefs. Malgré une bévue en campagne, Mme Marois remporte une élection qui fut à la fois une solide marque de confiance de la population envers elle et une certaine revanche sur l'ADQ. Son entrée à l'Assemblée fut faite d'un pas déterminé, ce qui a laissé transpirer l'assurance et le leadership. D'ailleurs, il semble régner au PQ une unité qui avait quitté le bateau depuis des lustres.

Après sa victoire, Mme Marois avait déclaré qu'elle voulait reprendre à son compte certains enjeux, dont celui des accommodements raisonnables. Sur ce dernier plan, nul besoin de procéder à une analyse en profondeur pour y voir le succès. D'un seul projet de loi, le PQ a réussi quatre choses: faire parler de lui (essentiel pour un tierce parti), entrer dans les bonnes grâces des Québécois, couper l'herbe sous le pied de Mario Dumont et démontrer les intentions immobilistes du gouvernement Charest sur la question.

La seule tache à son dossier: sa maîtrise plus que déficiente de l'anglais. Une tare qu'elle a su transformée à son avantage.

En septembre, l'Action démocratique était en tête des intentions de votes avec 34%. Son seul véritable bon coup fut d'ailleurs concrétisé en septembre, alors que Mario Dumont osa présenter un adversaire contre Mme Marois dans la circonscription de Charlevoix. Plusieurs électeurs ont interprété ce geste comme un réel souci de démocratie de la part de M. Dumont, alors que la tradition de laisser gagner par défaut un chef de parti est considéré comme anti-démocratique pour les électeurs du compté où se présente ledit chef.

M. Dumont a déclaré, dans son bilan, que "l'action du gouvernement a été nettement influencée par le programme de l'ADQ". La grande erreur de l'ADQ fut d'ailleurs de laisser ses adversaires démontrer aux Québécois qu'ils étaient plus aptes à respecter les engagements adéquistes que les adéquistes eux-même. M. Dumont a notamment perdu des plumes lorsque Mme Marois a déposé son projet de loi, car il a alors commis deux incohérences: marcher main dans la main avec le PLQ, ce qu'il a toujours reproché au PQ de faire, et embrasser sa réputation de girouette aux yeux d'une partie de l'électorat.

Car mis à part les partisans adéquistes très impliqués dans le parti, ce revers de la main du projet de loi Marois paru comme étant un désaveu de ce que l'ADQ prônait à pareille date l'an dernier.

Le résultat est que l'Action démocratique termine l'année en troisième place dans les intentions de votes avec 26%. Toutefois, l'ADQ n'est pas descendu aussi bas que le PQ l'était à la sortie des dernières élections (23%) et c'était d'ailleurs avec 26% qu'il avait entrepris celles-ci. Ce parti peut très bien rebondir, en autant qu'il clarifie ses positions (et qu'il s'y tienne) et que M. Dumont laisse plus de place à ses députés, pas seulement Sébastien Proulx (un plus) et Gilles Taillon (un moins).

Les intentions de votes sont à l'image de ce qui résulte de ce semestre. Le Parti québécois coiffe le Parti libéral au fil d'arrivée, malgré un impressionnant sprint de ce dernier. Quant à l'Action démocratique, elle s'est laissée distancer dans le dernier tour. Ceci dit, si une élection devait avoir lieu au printemps, les trois principaux partis partiraient sensiblement sur la même ligne.

Les données statistiques sont celles de CROP, telles que présentées sur le site de QuébecPolitique.com. Combinées aux résultats des sondages Léger-Marketing, on obtient un meilleur aperçu de l'évolution des intentions, les dates s'intercalant. Le résultat final en demeure cependant sensiblement le même.

lundi 3 décembre 2007

C'est la fin qui compte, pas les moyens

Il m'aura fallu du temps pour assimiler cette possibilité, et même encore, il ne s'agit pas d'une certitude dans mon esprit.

Suite à cette première session à temps plein comme universitaire, je suis devant la nécessité de mettre mes études sur la glace jusqu'en mai, peut-être même jusqu'en septembre prochain. L'addition de divers problèmes d'ordre familial a transformé ce qui devait être l'une des plus stimulantes expériences de ma vie en véritable calvaire.

D'un point vue purement superficiel, c'est notre situation financière précaire qui a gâché ma session. Mon père, dont j'ai exposé la situation dans un billet du mois d'août, est le seul pourvoyeur de la famille et doit se contenter d'un salaire actuel inférieur à ce qu'il faisait avant.

En 2001, lorsque je fut diagnostiqué dépressif majeur et que ma grand-mère se remettait péniblement d'un double pontage ayant sévèrement accélérer son vieillissement, ma mère quitta son emploi pour devenir notre aidant naturel. Six ans plus tard, elle n'arrive pas à réinsérer le marché du travail dans son domaine et est trop épuisée pour entreprendre un changement de carrière.

Quant à moi, la dépression majeure a laissé des séquelles qui, aujourd'hui, rendent impossible pour moi de conjuguer emploi et études. Connaissant ma situation, ce ne serait pas l'un ou l'autre qui serait hypothéqué, mais les deux. Probablement que j'aurais à vivre à la fois un échec scolaire et un congédiement.

Cependant, j'aurais sans doute pu réussir cette session malgré notre situation financière précoce. Si, lorsque j'étais entre les murs de l'université, j'étais parvenu à faire abstraction de nos problèmes, j'aurais très bien pu réaliser les différents travaux exigés par mes professeurs et étudier avec assez d'application pour obtenir des résultats satisfaisants.

Mais je n'arrive pas à chasser de mon esprit notre situation familiale. Mes parents se sont inquiétés et ont pris soins de moi au plus pire de ma dépression. Ma mère en a fait autant pour ma grand-mère, et mon père pour ma mère. Aujourd'hui, c'est moi qui est inquiet pour eux. Ils paient le lourd tribu pour s'être occupé de moi, pour avoir retiré le maillon qui était le leur de la chaîne de montage capitaliste qui est celui de notre inconscient collectif, et donc de nos dirigeants politiques et économiques.

Bien que je me sente nullement responsable de la situation de mes parents, je ne peux rester les bras croisés. Si mes parents n'ont obtenu aucune aide alors qu'ils me soutenaient dans un passage difficile de ma vie, ils n'en recevront pas davantage maintenant qu'ils traversent eux-mêmes une période creuse.

La seule façon qui semble se présenter à moi pour les aider est de me rendre le plus possible indépendant d'eux. Leur donner congé d'une de leurs nombreuses préoccupations. Étant donné que je ne peux procurer à mon père l'emploi qu'il mérite d'occuper, que je ne peux épargner ma mère le fardeau que représente l'Alzheimer de ma grand-mère, que je ne peux forcer nos gouvernements à les soutenir le temps que mes parents se remettent en selle, il ne me reste qu'une solution: travailler durant les quatre, peut-être les huit, prochains mois.

Mon objectif est double. D'abord, permettre à mes parents d'investir un peu de leur argent dans leur propre avenir. Mon père doit suivre un cours de conduite de véhicules lourds alors que ma mère doit suivre des cours liés à l'industrie agro-alimentaire. Ensuite, je veux me créer un coussin de sécurité financière pour mon retour aux études et ne plus être entièrement dépendant de l'aide gouvernementale. Parce que, soyons honnêtes, elle fait dure, cette aide!

Ça me fait très mal de mettre mes études sur la glace. C'est comme si je un étau me serrait le coeur. Toutefois, rien ne s'améliorera si je persiste dans la présente voie. Je souhaite toujours ardemment être diplômé en histoire et je vais continuer à oeuvrer dans ce sens, mais il me faut prendre des dispositions différentes.

Si j'étais paranoïaque, je dirais: "Ils ne m'auront pas, les salauds! Je vais l'avoir pareil, mon bacc." Je serai juste gradué plus tard que prévu initialement.

mardi 20 novembre 2007

Responsabilité limitée, mais responsabilité quand-même

Lorsque nous sommes animateurs chez les Scouts, notre niveau de responsabilité face à la sécurité des jeunes change en fonction du groupe d'âge. Ainsi, le niveau de responsabilité imputable à des animateurs chez les Castors (7-8 ans) est plus élevé que celui imputable à des animateurs chez les Pionniers (15-17 ans). Plus les jeunes sont âgés, plus la responsabilité des adultes est limitée.

Dans certains districts, le port du couteau en permanence est strictement interdit chez les Louveteaux (9-11 ans) alors que son usage est soumis à une étroite surveillance. En cas d'incident, l'équipe d'animation sera plus susceptible d’être pointée du doigt que les jeunes impliqués. En revanche, chez les Éclaireurs, le port du couteau en permanence est autorisé et son usage, tout comme l'emploi d'autres outils tranchants, n'est pas soumis à une surveillance aussi rigoureuse. Les jeunes Éclaireurs ont plus d'autonomie, ce qui leurs impute également une plus grande responsabilité envers leur sécurité.

Ceci dit, les animateurs éclaireurs ne sont pas dégagés de toutes responsabilités. Parmi celles-ci se trouve l'obligation de fournir aux jeunes une formation adéquate sur l'utilisation sécuritaire des outils tranchants, y compris le banal couteau de poche. De plus, les animateurs doivent observer le comportement des jeunes avant de les laisser partir seuls avec des outils tranchants. Du moment que les animateurs ont rempli leurs responsabilités, c'est autour des jeunes d'en faire autant.

Les animateurs éclaireurs ont donc une responsabilité limitée, parce que partagée avec les jeunes, mais ont une responsabilité quand-même. Il en va tout autant de la ministre des Transports, Julie Boulet, dans cette affaire d'infractions au code de la sécurité routière.

Il est vrai que c'est son garde du corps qui tenait le volant et qui appuyait sur l'accélérateur. Sa responsabilité est indéniable, car même si les conducteurs se font imposer un agenda, la décision de contrevenir aux lois leur revient. Je crois que si un chauffeur respecte les lois, il obtient un argument de poids pour en appeler d'un possible congédiement pour avoir refusé d'accommoder son député de patron.

Compte tenu de sa position et du projet de loi qu'elle présente, Julie Boulet avait la responsabilité d'exiger de son conducteur le respect des lois actuelles et projetées. Sachant que les chauffeurs de députés se font régulièrement imposer des agendas qui, face au risque de perdre leur emploi, gravent en eux des habitudes difficiles à perdre, elle se devait de surveiller avec vigilance la conduite de son garde du corps, ne serait-ce que pour lui rappeler ses nouvelles obligations et éventuellement le congédier si après un période de temps raisonnable, ce dernier ne répondait pas de façon satisfaisante aux nouvelles consignes.

Elle n'a visiblement, si on le fie au discours qu'elle tient, rempli aucune de ces responsabilités. S'il est vrai que son garde du corps n'est pas à l’abri des blâmes dans cette histoire, la ministre ne l'est pas davantage. Encore plus que son conducteur, elle mérite de subir les conséquences pour avoir failli dans ses responsabilités.

Étant donné que le ministre des Transports doit continuer de tenir un certain discours moralisateur et que l'actuel ministre n'a plus la crédibilité de le faire, elle doit quitter ses fonctions. Le comportement "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais" est tout aussi inacceptable en politique qu'en éducation parentale. Surtout qu'en politique, ce sont des adultes que nous devons convaincre.