jeudi 24 mai 2007

Scoutisme: prescription thérapeutique?

En commentant le commentaire de Renart L'Éveillé concernant mon billet du 21 mai, «Camp de printemps», j'expliquais que certains thérapeutes pour jeunes recommandaient parfois le scoutisme comme «cure» dans les cas apparemment plus profonds que la moyenne. La réplique de Renart ne s'est pas fait attendre: «J'informerai les parents que je connais de ne pas opter pour les scouts...»

Bien sûr, Renart plaisantait. Son «ha ha!» en fin de commentaire en est le preuve. Ce brève échange m'amène tout de même à approfondir ma pensée.

Je considère normal pour des intervenants en milieu juvénile de penser aux Scouts comme une voie possible vers l'épanouissement des jeunes. Le mouvement scout dispose d'outils pédagogiques qui le favorise, et en général, le mouvement rencontre un bon succès. Il suffit de lire cette liste de Scouts célèbres pour avoir un aperçu du potentiel scout.

Le problème survient au moment où le jeune se fait «prescrire» le scoutisme alors qu'il n'y voit aucun intérêt. D'accord, aucun jeune n'en voit jamais l'intérêt sur le coup, mais quelques-uns le développeront alors que d'autres, non. Ces derniers s'ennuient alors et souvent, le moyen qu'ils trouvent pour se désennuyer est de déranger l'unité.

Quand je dis qu'on ne fait pas de miracles aux Scouts, c'est que tout le positif que le mouvement peut apporter jeune réside déjà en lui. Le jeune qui s'intéresse au scoutisme est prédisposé à évoluer et s'épanouir au sein d'une unité. Pas le jeune qui ne s'y intéresse pas. Certes, les Scouts peuvent lui faire du bien, mais son expérience le gênera plus qu'autre chose.

Qu'arrive-t-il en général lorsqu'un thérapeute recommande une activité pour aider un jeune? Les parents vont pousser dans le dos du-dit jeune, voire même le forcer à «participer» à l'activité. Une unité risque alors de rediriger le jeune vers une autre activité qu'elle juge plus appropriée que le scoutisme. Bien qu'une telle redirection soit dans les meilleurs intérêts du jeune, tout départ non lié à l'âge nuit énormément au groupe scout d'une ville, voire d'une région. C'est la réputation du scoutisme, dans son ouverture et dans ses qualités éducatives, qui en souffre.

Voilà pourquoi j'invite les thérapeutes à s'informer correctement sur le mouvement scout et à discuter avec les potentiels futurs animateurs du jeune avant de recommander le scoutisme. Le scoutisme est un mouvement au service du développement des jeunes, ce qui inclut pour lui de savoir reconnaître ses limites.

P.S.: on invite les parents à "encourager" leurs jeunes à essayer, sur une base de quelques semaines, le scoutisme. Mais après, il faut que les parents, comme les animateurs, sachent laisser les jeunes choisir d'eux-mêmes s'ils veulent rester ou partir. Ils peuvent les aider à faire leur choix, mais pas le faire à leur place.

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