jeudi 12 juillet 2007

Hyperhidrose: un mal tenu taboo

Par un pur hasard — quoique la notion même de hasard est discutable —, j'écoutais l'émission La vraie vie, diffusée sur les ondes de Rock Détente, lorsque l'animatrice de l'été, Caroline Proulx, annonça qu'elle «sortait du placard» et qu'elle souffrait d'un mal encore très tabou dont souffre environ 1% de la population. Ce mal, c'est l'hyperhidrose, c'est à dire une sudation anormalement excessive.

Cet aveu de Caroline Proulx m'a inspiré à aborder le sujet sur ce blogue, souffrant moi-même d'hyperhidrose. Tout comme Mme Proulx, dont une auditrice de La fosse aux lionnes, qu'elle animait également, lui a fait remarquer récemment, je porte souvent des vêtements foncés, le plus souvent bleus et rouges, afin de masquer au maximum ma transpiration.

Contrairement à beaucoup de personnes souffrant d'HH, je dois prendre en considération que la cause de mes sueurs excessives puisse être les antidépresseurs que je consomme. Il est reconnu que plusieurs antidépresseurs ont la sudation excessive en guise d'effets secondaires indésirables. Or, c'est environ un an après avoir commencé mon traitement aux antidépresseurs que j'ai commencé à transpirer comme un sumo en plein désert.

Ce ne sera que quelques semaines, voire quelques mois, après la fin de mon traitement aux antidépresseurs, soit pas avant au moins un an et demi, que je saurai avec certitude si ces médicaments étaient en cause.

Au Québec, la sommité en matière d'HH est le docteur Antranik Benohanian, dont le site Hyperhidrose.ca est un phare pour la personne atteinte de ce mal méconnu et tenu tabou, souvent par les victimes elles-mêmes. J'ai moi-même consulté le Dr Benohanian, mais, sans entrer dans les détails, je n'ai pas terminé la thérapie qu'il m'avait prescrite. Je compte cependant le consulter de nouveau et entreprendre avec sérieux cette fameuse thérapie.

D'ici à ce que je le rencontre, je vais essayer de nouveau le Drysol®, mais en employant la méthode suggérée par Caroline Proulx, c'est à dire en posant une pellicule de plastique moulant (SaranWrap) sous l'aisselle, après avoir préalablement appliquer le produit. En fait, c'est exactement la méthode que le Dr Benohanian préconise pour l'usage de son propre produit, mais lorsque j'avais essayé Drysol® la première fois, je ne connaissais guère cette méthode.

Évidemment, je n'écris pas ça pour me plaindre, mais comme je dispose d'un média et que je m'en suis déjà servi pour sensibiliser mes lecteurs à la dépression, pourquoi je me tairais lorsque vient le temps de parler de l'hyperhidrose? Je vous invite à consulter le site du Dr Benohanian, ne serait-ce que pour en apprendre davantage sur les mythes entourant l'hyperhidrose.

Quel modèle canadien?

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, entreprendra dimanche un voyage en Amérique latine (y compris les Caraïbes) afin d'y promouvoir le «modèle canadien» et «contrer l'influence d'Hugo Chavez», dixit un haut responsable. Mais de quel «modèle canadien» s'agit-il au juste?

Est-ce le modèle de gouvernement conservateur que Harper veut promouvoir? Celui d'un gouvernement qui se voit refuser l'appui d'une presque majorité de canadiens et compte parmi ses appuis ceux d'électeurs qui ne partagent pas les valeurs conservatrices, mais qui votent PC simplement parce qu'ils n'ont pas encore digéré le scandale des commandites?

Est-ce le modèle d'un pays où l'est et l'ouest vivent dans des réalités diamétralement opposées, dont les plus fortes valeurs communes est une quelconque fierté d'être canadien et d'entretenir un lien symbolique, mais ô combien sacré, avec une reine vivant à plus de 5 000 kilomètres d'Ottawa? Lorsque je vois les canadiens manifester leur fierté d'habiter le «plus meilleur pays du monde», je perçois autant de franchise et de vigueur que le sont les canadiens anglophones de se savoir membres de la Francophonie!

Est-ce le modèle de conciliation économie versus environnement? Stephen Harper a vraiment de quoi être fier d'avoir annuler la participation canadienne au protocole de Kyoto, d'avoir fait du Canada la risée internationale lors de la conférence de Nairobi, de laisser l'Alberta devenir un véritable Mordor en ouvrant le vanne de l'industrie des sables bitumeux afin d'enrichir ses amis et assurer aux États-Unis davantage d'arrogance en les fournissant en carburant.

Notons au passage les nombreuses coupures faites dans les subventions aux organismes environnementaux, l'instauration d'objectifs revus à la baisse et dont l'atteinte est repoussée à une ère où il sera définitivement trop tard.

Est-ce le modèle du respect de droits civils et de l'homme? Il est vrai que l'abolition du programme des contestations judiciaires, qui était l'un des trop rares moyens dont disposent les minorités du Canada (dont les canadiens français hors Québec) pour faire valoir leurs droits envers le gouvernement, fut un grand pas pour le Canada.

Le droit à l'information en a également pris pour son rhume, alors que le gouvernement filtre la moindre information destinée aux médias et envoie à l'abattoir des milliers de soldats sans jamais daigner expliquer aux Canadiens pourquoi se sacrifice est utile. Que dire des prisonniers afghans, dont le gouvernement maintient le silence total sur leur traitement, quand ils ne les refilent pas directement à Washington, reconnu mondialement et légitimement comme bafouant les droits de l'homme dans ses prisons d'outremers?

Enfin, ce doit certainement être le fédéralisme d'ouverture que Stephen Harper voudra promouvoir en Amérique latine. Comment traiter avec les factions dissidentes de son état? En prenant des mesures dont le seul impact se limite à celui de l'encre sur du papier, mais qui n'ont en réalité aucune valeur, surtout pas au niveau judiciaire. Parallèlement, il faut que le gouvernement puisse museler au maximum les dissidents qui n'auront pas gobés ses manigances en les bâillonnant lors de conférences internationales, en refusant sa présence dans les organisations mondiales vraiment décisives et en coupant le robinet aux festivals susceptibles de faire rayonner cette culture déviante dans le reste du monde.

D'après-moi, voilà le modèle que Stephen Harper ira promouvoir en Amérique latine: prosternez-vous devant l'oncle Sam et simuler votre indépendance vis-à-vis des États-Unis en envoyant quelques frégates dans les eaux dégelés de l'Arctique... mais laisser l'armée états-unienne faire des simulations sur la partie canadienne des Grands Lacs.

Pendant ce temps, de nombreux organismes demandent à Stephen Harper de ne pas signer d'accords de libre-échange avec la Colombie, brandissant la doctrine «les droits de la personne d'abord». Bien que j'appuie cette doctrine, la vérité va ainsi: Harper a ravalé son sifflet lors de son passage en Chine l'an dernier et depuis, silence radio, excepté pour quelques timides déclarations ne risquant aucune représailles économiques.

Je suis indépendantiste, mais cela ne m'empêche pas d'aimer le Canada, de la même façon que je pourrais aimer n'importe quel autre pays du globe. Mais je n'aime pas le gouvernement de Stephen Harper et je suis triste de voir ce que ce gouvernement fait au Canada. Nous étions des leaders mondiaux et l'image que le monde avait du Canada était cohérente avec ce que beaucoup de Canadiens ressentaient pour le pays à l'unifolié.

Mais tout à changer depuis et c'est dans cet état que Stephen Harper visitera les pays d'Amérique latine la semaine prochaine.

lundi 9 juillet 2007

60 ans et toutes ses dents

Cette fin de semaine, plus 35 000 personnes se sont réunies à Roswell, dans le Nouveau-Mexique, pour commémorer le soixantième anniversaire de l'écrasement d'un «ovni», une histoire qui a maintes fois fait le tour du globe et qui suscite encore aujourd'hui autant de passions, mais dans le fond, très peu de controverse.

Cette nouvelle n'est pas sans me rappeler mon professeur d'introduction à l'histoire de l'Antiquité qui, dès qu'il aborda le sujet des pyramides d'Égypte, s'empressa d'exprimer que les extraterrestres n'avaient rien à voir avec leur construction. Cette «précision» m'avait bien fait rire, car j'ai moi-même un membre de ma famille qui croyait dur comme fer en cette théorie.

Cette croyance s'applique également à d'autres événements et objets historiques, tels que les monolithes de Stonehenge, les lignes Nazca du Pérou et autres que je ne saurais identifier.

Dans le cas des pyramides de Gizeh et de Stonehenge, preuve à été faite durant les années 1990 et 2000 que les humains de l'époque étaient capables d'ériger de telles structures sans l'intervention d'extraterrestre. Les premiers Brittons disposaient des moyens pour tailler et déplacer les pierres, tout comme les Égyptiens de l'ère pharaonique possédaient les outils nécessaires à la construction d'édifice aussi complexes et grandioses que les pyramides.

Il est difficile, dans les deux cas, de déterminer avec certitude la façon dont ces civilisations s'y sont prises. On ne peut que se fier à des simulations, basées sur des données tangibles et réalisées avec des êtres faits de chairs, non pas par des moyens informatiques. C'est que les Brittons et les Égyptiens n'ont laissé que très peu, voire pas du tout, d'informations sur leurs réalisations.

Les amateurs d'extraterrestres diront que ces derniers ont évidemment effacé toutes les traces de leur contribution à l'humanité. En fait, il est plus probable que les Brittons n'avaient pas conscience de leur impact sur l'histoire, un concept qui ne devait pas exister pour eux, alors que les Égyptiens, s'ils possédaient cette conscience, triaient sur le volet les informations, très romancées, qu'ils souhaitaient léguer à l'histoire et n'hésitaient par réécrire, souvent complètement effacer, les faits. Le cas d'Hatchepsout, la seule femme pharaon de l'Égypte pré-héllénistique, démontre très bien cette réalité.

Enfin, cette tendance à associer les pans les plus difficilement explicables de l'histoire à des interventions extraterrestres demeurent quand-même une source inépuisable de divertissement. Sans cela, la série Aux frontières du réel (X-Files) n'aurait pas durée neuf ans sur les ondes de FOX. En science, cependant, ces théories alternatives demeurent de la pure fiction, comme l'est la légende arthurienne.

vendredi 6 juillet 2007

Je suis encore en vie...

... et officiellement inscrit au baccalauréat en histoire à l'UQÀM, qui a mis en ligne un site web pour «mieux comprendre la situation financière». Je ne l'ai pas lu encore. Depuis quelques jours, c'était davantage mon choix de cours qui me préoccupait que la situation financière de mon université. Ceci dit, comme je l'ai mentionné dans un autre billet, le gouffre financier de l'UQÀM est loin de me laisser indifférent.

Une autre chose qui n'est pas sans m'inquiéter un peu, c'est cette menace de grève pour l'automne qui planait lors de la dernière campagne électorale. Étant donné que deux partis en faveur du dégel des frais de scolarité occupent le haut du pavé du pouvoir à Québec, quel sera le choix des membres de mon association étudiante ? Quant à ma position, elle n'a pas changée: je voterai contre le débrayage, mais si cette option était adoptée, j'y participerai comme s'il s'agissait de ma décision.

Programme oblige, tous mes cours seront des cours d'introduction, ce qui est quand-même très logique. Des cours d'introduction que j'ai suivis en tant qu'étudiant libre, celui sur l'histoire des États-Unis est le seul que j'envisage de reprendre. D'ailleurs, je suis soulagé que l'enseignant de cet automne ne soit pas le même que celui de ce printemps; ce n'est pas qu'il était incompétent, au contraire, mais mon orgueil sera ainsi épargné!

À ce cours sur les É.-U. s'ajoutent ceux concernant l'Europe moderne (fin XIVe siècle à 1815), l'Europe contemporaine (1815 à aujourd'hui) et le Canada d'avant la confédération. Enfin, le cours qui est la base de tous les autres, celui d'initiation au travail historique, pour un total de cinq cours et 15 crédits.

Ce sont douze crédits obtenus en tant qu'étudiant libre que je compte faire accréditer dans le cadre de mon baccalauréat. Je ne ferai pas reconnaître celui que j'ai suivi sur les autochtones du Canada (jusqu'au XIXe siècle), car la note que j'ai obtenue est loin de me satisfaire. Peut-être que je le reprendrai, peut-être que non. Quant au cours sur la Rome antique, que j'ai également échoué ce printemps, ce sera avec beaucoup de plaisir que je le suivrai une seconde fois, au cours d'une session ultérieure.

Finalement, compte-tenu de ma situation financière, je ne pourrai pas effectuer de réservations à l'une ou l'autre des deux résidences universitaires avant le premier août. J'espère qu'il restera de la place, car un studio en résidences représente pour moi la meilleure — et presque la seule — option.