60 ans et toutes ses dents
Cette fin de semaine, plus 35 000 personnes se sont réunies à Roswell, dans le Nouveau-Mexique, pour commémorer le soixantième anniversaire de l'écrasement d'un «ovni», une histoire qui a maintes fois fait le tour du globe et qui suscite encore aujourd'hui autant de passions, mais dans le fond, très peu de controverse.
Cette nouvelle n'est pas sans me rappeler mon professeur d'introduction à l'histoire de l'Antiquité qui, dès qu'il aborda le sujet des pyramides d'Égypte, s'empressa d'exprimer que les extraterrestres n'avaient rien à voir avec leur construction. Cette «précision» m'avait bien fait rire, car j'ai moi-même un membre de ma famille qui croyait dur comme fer en cette théorie.
Cette croyance s'applique également à d'autres événements et objets historiques, tels que les monolithes de Stonehenge, les lignes Nazca du Pérou et autres que je ne saurais identifier.
Dans le cas des pyramides de Gizeh et de Stonehenge, preuve à été faite durant les années 1990 et 2000 que les humains de l'époque étaient capables d'ériger de telles structures sans l'intervention d'extraterrestre. Les premiers Brittons disposaient des moyens pour tailler et déplacer les pierres, tout comme les Égyptiens de l'ère pharaonique possédaient les outils nécessaires à la construction d'édifice aussi complexes et grandioses que les pyramides.
Il est difficile, dans les deux cas, de déterminer avec certitude la façon dont ces civilisations s'y sont prises. On ne peut que se fier à des simulations, basées sur des données tangibles et réalisées avec des êtres faits de chairs, non pas par des moyens informatiques. C'est que les Brittons et les Égyptiens n'ont laissé que très peu, voire pas du tout, d'informations sur leurs réalisations.
Les amateurs d'extraterrestres diront que ces derniers ont évidemment effacé toutes les traces de leur contribution à l'humanité. En fait, il est plus probable que les Brittons n'avaient pas conscience de leur impact sur l'histoire, un concept qui ne devait pas exister pour eux, alors que les Égyptiens, s'ils possédaient cette conscience, triaient sur le volet les informations, très romancées, qu'ils souhaitaient léguer à l'histoire et n'hésitaient par réécrire, souvent complètement effacer, les faits. Le cas d'Hatchepsout, la seule femme pharaon de l'Égypte pré-héllénistique, démontre très bien cette réalité.
Enfin, cette tendance à associer les pans les plus difficilement explicables de l'histoire à des interventions extraterrestres demeurent quand-même une source inépuisable de divertissement. Sans cela, la série Aux frontières du réel (X-Files) n'aurait pas durée neuf ans sur les ondes de FOX. En science, cependant, ces théories alternatives demeurent de la pure fiction, comme l'est la légende arthurienne.





Aucun commentaire:
Publier un commentaire