La scène politique québécoise devrait être assez divertissante cette année. Le gouvernement de Jean Charest s'inspirera peut-être moins du programme adéquiste maintenant qu'il semble que ce soit Pauline Marois qui ait le vent dans les voiles. Comme il semble que l'ADQ soit dorénavant moins pressé d'envoyer les Québécois aux urnes, le PLQ sera moins forcé de faire des concessions. Toutefois, jouer de prudence à court terme serait bénéfique pour le gouvernement à long terme, lorsque les partis d'oppositions seront tous les deux enclins à le renverser.
Sur la scène fédérale, un ennui mortel est à prévoir. De deux choses l'une: soit Stéphane Dion parvient à conquérir le coeur des électeurs, soit les partisans libéraux décident de le remplacer. Dans les deux cas, ce sera long, ce qui permettra au gouvernement conservateur d'être fidèle à sa politique sans craindre un renversement initié par les libéraux. Certes, les électeurs de l'Ouest canadien seront nombreux à se frotter les mains de satisfaction, mais les défenseurs de l'environnement trouveront l'année longue.
Le Bloc Québécois devra travailler à son renouvellement. Son chef est au plus bas de sa carrière et maintenant que son homologue provincial, le Parti Québécois, semble avoir mis au rancart, pour l'instant, la question référendaire, le parti de Gilles Duceppe doit trouver une nouvelle façon de convaincre les Québécois qu'il est le meilleur pour défendre leurs intérêts à Ottawa.
Cependant, la plus grande menace pour le BQ ne vient ni de son chef ni de la question référendaire, mais plutôt du Nouveau parti démocratique. L'élection au Québec d'un député néo-démocrate en a surpris plus d'un en 2007 et l'arrivée en Chambre de Thomas Mulcair a créé beaucoup de remous. Il est propable que ces événements fassent des petits dans la Belle Province et que le NPD deviennent une alternative intéressante pour les électeurs québécois socialistes qui n'avaient jusque-là le Bloc pour qui voter.
Si surprises il doit y avoir à Ottawa en 2008, je regarderais du côté néo-démocrate.
Dans quelques heures, aux États-Unis, nous aurons une idée du visage qu'aura les élections présidentielles de 2008. Une grande partie de l'intérêt vient du succès de deux candidats inhabituels: Hilary Clinton et Barack Obama. Pour la première fois de l'histoire, une femme et un afro-américain sont parmis les favoris, au niveau national du moins. Ceci dit, rien n'est encore décidé et les élections pourraient devenir plus traditionnelles après les caucus d'août et opposer, comme d'habitude, deux candidats masculins et caucasiens.
Après le suspens de savoir qui représentera les deux grands partis, ce sera le suspens de savoir lequel accèdera à la Maison Blanche. Comme en 2004, les démocrates semblent surfer sur la vague d'insatisfaction engendrée par le cuisant échec étatsunien en Irak, mais à l'instar des dernières présidentielles, la tendance pourrait se renverser dans les derniers jours.
Sur la scène internationale, l'année 2008 devrait en être une d'inquiétudes. Le monde aura encore les yeux tournés vers la Chine et sa responsabilité dans la crise au Darfour, la débâcle étatsunienne en Irak, le conflit israélo-palestinien et la déchirure politique au Liban. La situation évoluera probablement dans chacune de ces régions, mais au compte-gouttes.
Cette année, le monde observera également l'état de la démocratie au Pakistan, dont le statu-quo risque malheureusement d'être imposé suite à l'assassinat de Benazi Bhutto. En Colombie, les FARC continueront d'être imprévisibles et de jouer au yo-yo quant à la date d'une éventuelle libération d'otages. En Russie, un nouveau président sera élu, mais la politique du pays demeura la même. Enfin, la communauté internationale tergiversera encore sur le statut à accorder au Kosovo.
Mais tout ne sera pas négatif. Il sera intéressant de voir le nouveau rôle que l'Australie jouera sur la scène internationale maintenant qu'elle est gouvernée par un social-démocrate, le travailliste Kevin Rudd. Le rapprochement des deux Corée devraient se poursuivre, ce qui améliorera certainement la situation précaire de l'état nordique. Le monde devrait également un peu moins s'inquiéter de la menace nucléaire iranienne et de son président, Mahmoud Ahmadinejad.
Bien sûr, il se passe trop de chose dans l'actualité pour avoir un aperçu précis du visage qu'aura l'année 2008. J'espère seulement que ce qui s'annonce négatif ne le sera pas autant qu'on le craigne et que ce qui s'annonce positif le sera doublement.
Bonnée année 2008!