mardi 14 août 2007

Un cerveau sur le toit

Il m'arrive parfois d'oublier quelque chose sur le toit de ma voiture au moment de partir. C'est généralement d'un cartable dont il s'agit, mais j'avoue y avoir déjà oublié une canette de boisson gazeuse. Cependant, je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà oublié mon cerveau sur le toit de ma voiture.

Toutefois, lorsque je roule, je croise énormément de voiture dont le conducteur a laissé son cerveau sur le toit, l’ayant probablement enlevé temporairement, question d’avoir un accès facilité à l’intérieur. Si c'est assez rigolo à première vue de voir cette matière flasque et gluante demeurer solidement en place même à la vitesse folle de 160 km/h — ce doit être pour cette raison que les pauvres conducteurs écervelés récupèrent généralement leur cerveau une fois arrivés à destination —, cela représente un grand danger sur la route, tant en ville que sur les voies rapides.

Non pas que le cerveau risque de décoller du toit et revoler dans le pare-brise des autres voitures, mais parce que, mystère insondable de l'anatomie humaine, il faut que le cerveau soit ancré sous le crâne pour fonctionner... et encore! Le conducteur écervelé perd donc toute capacité à réfléchir durant le trajet.

Ainsi, lorsqu’un automobiliste fait un coup de cochon sur la route, en regardant bien attentivement, l’on devrait apercevoir son cerveau sur le dessus de la voiture, les neurones au vent.

mercredi 8 août 2007

Une excellente chose de réglée!

Je suis assuré d'avoir un toit à proximité de l'UQÀM pour les sessions d'automne 2007 et d'hiver 2008. C'était l'aspect de ma rentrée qui me tracassait le plus. Comme ma volonté n'est pas à toute épreuve — comme le disait si bien Maxime Martin, «ça se vend pas en capsule, la volonté!» —, j'aurais éprouvé bien de ennuis à faire presque 2h30 de route par jour pour mes études et la vie en colocation n'était pas dans mes solutions envisageables.

Mais bon, je peux respirer. À défaut d'avoir un studio directement collé sur les pavillons principaux de l'UQÀM (situé dans le carré Sanguinet—Renée-Lévesque—Maisonneuve—Berri), j'ai obtenu une chambre dans les résidences près du pavillon Président-Kennedy, à seulement deux stations de Berri-UQÀM.

Une excellente chose de réglée!

dimanche 5 août 2007

Un centenaire un peu amer

J'admets que c'était sans grand enthousiasme que je proposais à mes Éclaireurs, en début d'année, le Jamboree Envolée, organisé par le District d'Ottawa (ASC) à l'occasion du centenaire du scoutisme, en guise de camp d'été 2007. Mon appréhension ne portait pas du tout sur le volet célébration, mais sur le volet rassemblement.

En effet, lors d'un jamboree, la troupe perd de sa personnalité (valeurs, traditions, besoins, préférences, etc.) au profit d'une collectivité. Si les jeunes peuvent toujours choisir les activités auxquelles ils prendront part durant la semaine, ils ne choisissent ni le moment ni la durée. Par ailleurs, les animateurs y perdent presque tout contrôle, pas tant sur la troupe et ses jeunes, qu'ils encadrent toujours, mais sur tout ce qui tourne autour de la vie de troupe durant les 8 jours du camp.

Avant même que le jamboree ne commence, une partie de mes appréhensions était confirmée. À cause d'une subvention promise, mais guère reçue, notre troupe s'est vue coupée du seul forfait qu'elle avait pu prendre. Ainsi, de toute la semaine, la seule activité spéciale que nous ayons faite fut d'aller aux glissades d'eaux, alors que nous avions prévu un forfait comprenant notamment un voyage en train à vapeur et de l’interprétation patrimoniale.

Dès les premières minutes du jam, l'autre partie de mes appréhensions fut confirmée. L'attente pour entrer sur le site fut très longue, les jeunes étant condamnés à demeurer assis dans des autobus scolaires, entassés comme des sardines par un après-midi caniculaire. Les interminables attentes, pour bien peu de satisfaction, furent nombreuses tout au long du jam.

Les trous à combler dans l'horaire ne manquèrent point. Parmi les activités offertes sur le site, nous n'avons pu participer qu'à l'escalade et au parcours d'une ancienne piste d'hébertisme terminée par un trou de boue, assez amusant, mais non sans danger à cause d'un fond imprévisible.

Le mardi soir, nous sommes partis vers la capitale canadienne afin de participer aux célébrations du centenaire sur la colline parlementaire, prévue le lendemain. Il ne faut pas oublier ici que le jamboree fut organisé par le district d’Ottawa et que nous sommes tous membres de l’Association des Scouts du Canada. Cette nuit-là, es jeunes et moins jeunes de ma troupe ont appréciés dormir au Musée de la Guerre, non pas pour le thème du musée lui-même que pour l'expérience de dormir dans un musée.

Le lendemain fut une journée plutôt pénible. Debout à 4h30 du matin, nous avons participé à une marche reliant le Musée canadien de la Civilisation et la colline parlementaire. Une longue attente avant le départ pour une marche plutôt plate, à laquelle les jeunes participaient sans grande motivation. Puis enfin, vers 8h00, les célébrations du centenaire sur la colline.

Ces célébrations font partie de l'aspect le plus détestable du jamboree. Tout au long de la semaine, nous avons eu davantage l'impression d'assister à une vaste campagne de marketing, voire de propagande, plutôt qu'à une célébration des valeurs et des réalisations du mouvement pour la jeunesse le plus populaire et célèbre au monde.

Ce qui était une référence naturelle et modérée à Baden-Powell s'est transformé en un culte au fondateur frôlant le fanatisme. Le comble de ce culte: une personnification de BP. Ce qui était un mouvement apolitique s'est transformé en une vrai farce partisane, alors que pour mousser la popularité du scoutisme, les organisateurs ont laissés des politiciens se servir de nous pour se faire du capital politique. Les discours léchés et ennuyeux ne se sont point faire rares, tant sur la colline que lors des spectacles sur le site du jamboree.

Ce qui devait être un renouvellement de promesse solennel, entouré d'une signification toute spéciale et rempli d'émotions, s'est avéré n'être que la récitation superficielle et bâclée d'une formule lue à la hâte et de façon bancale. Cette promesse n'a pas été accompagnée d'un rappel des valeurs et principes scouts, et alors qu'il aurait été naturel que la première lecture soit une pratique — la formule fut modifiée afin d'être la même partout dans le monde — suivie du vrai renouvellement, nous avons tous du nous contenter de la pratique.

J'avais presque envie de verser une larme en voyant le peu de sérieux accordé à ce qui aurait du être le plus mémorable moment dans la vie de tous les Scouts. Comme bien d'autres, je n'ai pas considéré avoir renouveler ma promesse scoute ce jour-là, alors que 100 ans au paravent, jour pour jour, Baden-Powell fondait le scoutisme. Ce renouvellement reste encore à faire.

Heureusement, nous, animateurs, avons pu constater durant cette semaine que nos jeunes étaient de merveilleuses personnes. Dynamiques, patients et compréhensifs, nos Éclaireurs ont, sans l'ombre d'un doute, mis du soleil dans une semaine que nous aurions considéré, autrement, comme une perte de temps. Nous nous sommes aperçu aussi que notre équipe d'animation se complétait bien et nous avons été fier de notre troupe comme jamais nous ne l'avions été auparavant.

Enfin, alors que seul trois baignades étaient prévues durant la semaine, à l'exception des glissades d'eau, nous avons pu nous baigner tous les jours. Également, nous avons terminé la semaine avec la seule activité ayant fait l'unanimité: une randonnée pédestre autour du lac, avec un retour hors sentier. C'est à ce moment que nos jeunes nous ont avoués qu'ils préféraient de loin les camps scouts «ordinaires» aux grands rassemblements tel que le jamboree.

Mon constat général: une semaine décevante, doublée d'un centenaire un peu amer. Beaucoup d'animateurs que j'ai croisés ont, comme nous, eu l'impression que les organisateurs les avaient complètement oubliés, notamment en rendant difficile la gestion des unités et en plaçant le seul spectacle intéressant pour les jeunes le vendredi soir, de 21h30 à minuit, alors que nous devions nous lever tôt le lendemain matin pour démonter le campement et paqueter notre matériel.
Malgré la mauvaise voie qu'ont empruntée les organisateurs pour célébrer le centenaire du scoutisme, il semble que la flamme d'un scoutisme de valeurs brûle encore chez les canadiens francophones d'un océan à l'autre, ce qui est rassurant. Comme c’est souvent le cas, ce n’est pas le scoutisme qui a fait défaut cette semaine, mais l’élément humain chargé de le faire vivre. L’énorme travail fait par les organisateurs est certes très louable, mais justement, c’était peut-être trop énorme pour eux.

Fier d'être scout

Malgré les calomnies sur son fondateur, les fausses rumeurs de valeurs militaires et les préjugés, souvent blessants, sur les véritables motivations des bénévoles adultes du mouvement, je suis très fier d'être scout depuis 14 ans maintenant.

Malgré les différences entre les deux associations canadiennes reconnues par l'OMMS, les crises internes qu'elles vivent chacunes de leur côté et la constante remise en question que font leurs membres, je suis très fier d'être un animateur scout depuis six ans maintenant.

Je continuerai d'en être fier, peu importe le sort que réservera la société au mouvement et sans égards pour l'endroit où ses membres l'amèneront, car au-delà d'une organisation jeunesse à but non lucrative, à vocation éducative et communautaire, le scoutisme est d'abord et avant tout une philosophie, laquelle s'inspire, avec un profond sens critique, des idéaux de son fondateur, mais qui évolue depuis un siècle et qui ne sera jamais prisonnière, par son abstraction, de ce que les gens pourraient en faire.

À venir: mon compte-rendu de ma semaine au Jamboree L'Envolée 2007, qui s'est tenu du 28 juillet au 4 août au camp scout Awacamenj Mino, en Outaouais.